Infrastructures - Le Havre a réussi sa réforme portuaire au prix fort, estime la Cour des comptes

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Dans un climat social tendu et un contexte économique défavorable, la réforme du port du Havre a été menée à bien mais au prix de nouvelles dépenses de personnel, estime la Cour des comptes dans un rapport publié le 30 mars qui porte sur la période 2008-2013. Deuxième port français, et premier pour le trafic de marchandises par conteneurs, Le Havre a connu de fortes tensions sociales pour l'application de la réforme : 38 jours de grève en 2008, 5 en 2009, 51 en 2010 qui ont entraîné "des pertes de trafics importantes", note la Cour des Comptes.
"Le bilan de la réforme, établi par le grand port maritime du Havre (GPMH), fait apparaître qu'entre 2011 et 2016, la réduction des pertes d'exploitation due à la réforme ne suffit pas à compenser le coût de l'accompagnement social et de celui du personnel transféré ; le solde redevient positif à partir de 2017", selon le rapport. Les opérateurs de terminaux ont noté une amélioration de la productivité de 20% depuis 2012.
Les nouvelles instances de gouvernance ont été installées rapidement en 2009 et leur mise en place a été conforme à la réglementation, "sous réserve de l'élection tardive des représentants du personnel au conseil de surveillance, de l'installation parfois sans désignation formelle des représentants des collectivités et des déclarations d'intérêt non normalisées et peu analysées", relève la Cour.
Au sujet du groupement d'intérêt économique Haropa, formé par les ports du Havre, de Rouen et de Paris pour conduire en commun un certain nombre d'actions, le rapport souligne que c'est un "succès de communication" mais ajoute qu'"il est trop tôt pour dresser un bilan de son action, et notamment de vérifier qu'il constitue la réponse adaptée au besoin de forte coordination des ports de l'axe Seine".
S'agissant du projet stratégique 2009-2013, la Cour juge qu'il "a été trop ambitieux en matière d'investissement et trop optimiste en ce qui concerne les trafics". "Il convient que le projet stratégique 2014-2019 du GPMH évite ces écueils", estiment les sages de la rue Cambon. Au cours de la période examinée, le GPMH a réalisé 443 millions d'euros d'investissement, dont 68% pour Port 2000, l'extension du port réalisée il y a 10 ans. Il a bénéficié de 88,9 millions de subventions (soit un taux de 20%), essentiellement de la part de l'Etat (77,5 millions d'euros), les contributions des collectivités locales (7,9 millions d'euros dont 6,9 millions venant de la région Haute-Normandie) n'ayant représenté que 1,8% du montant des investissements sur la période et les financements européens (2,36 millions d'euros) seulement 0,5%. Mais les objectifs du projet stratégique, du contrat de projets Etat-région et du plan de relance portuaire n'ont pas atteints, "de nombreux projets y ayant été inscrits alors qu'ils étaient loin d'être mûrs", constate le rapport.
Soulignant que le trafic est "en décroissance continue jusqu'en 2012", la Cour estime que "l'appui de l'Etat demeure fondamental" et lui demande de faire appliquer "le principe de priorité au fret ferroviaire", déjà décidé par le ministère de l'Ecologie.
Enfin, la Cour juge la gestion des ressources humaines "perfectible". Si les effectifs ont diminué de 23% en raison de la réforme portuaire, le rapport souligne un haut niveau de dépenses de personnels nécessitant un meilleur contrôle (heures supplémentaires, indemnités kilométriques).
 


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