Transports - Haropa-Ports de Paris valide sa stratégie 2015-2020


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Voilà un établissement public que les élus normands et franciliens auraient tort de ne pas mieux connaître ! Le 3 juin, le conseil d'administration d'Haropa, regroupement des grands ports de la vallée de Seine, a adopté son plan stratégique sur cinq ans. Outre des investissements et la croissance du trafic, il veut renforcer sa stratégie environnementale, sa visibilité, la concertation avec les élus et habitants. Et sa force de frappe touristique.

Le nouveau plan stratégique d'Haropa, validé le 3 juin, représente environ 175 millions d'euros d'investissements d'ici à 2020. L'ensemble portuaire, constitué des ports du Havre, de Rouen et de Paris entend consolider cette formule du groupement (via un GIE) qui lui assure, depuis 2012, une progressive montée en puissance. Les complémentarités tirées lui permettent de travailler à l'échelle d'un territoire unifié par l'axe Seine - l'ambition étant d'en faire un système logistique majeur. Face aux co-financeurs publics, se fédérer facilite aussi les choses : l'établissement a ainsi obtenu des garanties pour faire avancer certains chantiers dans le cadre du contrat de plan interrégional de la Vallée de la Seine (CPIER), qui couvre les deux régions normandes et l'Île-de-France. Exemple : des crédits de l'État et de la région Île-de-France devraient l'aider à faire aboutir son projet de création d'un port de 100 hectares (port Seine-métropole Ouest, dit PSMO), dédié au secteur du BTP, et à cheval sur trois communes des Yvelines (Achères, Conflans-Sainte-Honorine et Andrésy).

Interfaces ville-port

Sur cette infrastructure livrée à l'horizon 2020, l'intégration au paysage et l'ouverture sur la ville devraient donc être bien pensées. Un débat public avec les habitants et usagers a déjà eu lieu et une phase de concertation se poursuit, avec l'appui d'un garant que la Commission nationale du débat public (CNDP) doit désigner. Berges de Seine, parc boisé en son centre…, ce ne sera pas un port totalement fermé sur lui-même, des espaces au contraire y seront ouverts au public. Ce qui n'est pas forcément le cas des 70 sites portuaires, très divers en âge et en taille, que l'établissement gère au total. "Des sites existants que nous allons densifier, dans une logique de 'développement du port sur le port'. Nous optimiserons aussi le réseau d'une trentaine d'escales publiques dédiées au tourisme, tout en en créant de nouvelles car le transport fluvial de passagers croît. Et nous reconfigurerons des sites dont l'usage fluvial ou ferroviaire passé pourrait réémerger, par exemple sur une ancienne estacade (jetée) d'EDF à Saint-Ouen", explique Alexis Rouque, directeur général d'Haropa-Ports de Paris.
Son plan stratégique met ainsi en avant l'importance croissante de la concertation, le recours à de nouvelles méthodes en la matière. "Nous menons déjà à plusieurs niveaux une trentaine de concertations locales par an mais souhaitons valoriser notre savoir-faire dans ce domaine", motive Etienne Dereu, directeur de l'aménagement chez Haropa. Pour "resserrer" ce dialogue avec les territoires, des outils - tels que les commissions locales d'informations portuaires (Clip, réunissant des élus et des habitants), les consultations publiques pour débattre des orientations prises par l'établissement public, les chartes d'engagement volontaire (Sable en Seine avec les entreprises du BTP, son extension signée le 4 juin avec les entreprises du recyclage) ou la création à Paris d'un "Port center" -, vont être explorés ou consolidés. "Il y aura donc encore plus d'ouverture à la ville et encore plus de responsabilité environnementale", résume Catherine Rivoallon, nouvelle présidente d'Haropa, qui vient de l'univers des clients et chargeurs (elle exerce chez Monoprix).

Un aménageur de poids

Foncières et experts en logistique le savent, les élus pas toujours, mais sur l'axe Seine, avec ses 15.000 hectares et 2,7 millions de m² de locaux (entrepôts, bureaux) gérés, Haropa est un aménageur de poids, forcément au cœur des enjeux locaux. Sa politique d'acquisitions immobilières restera en ce sens "volontariste", et celle de gestion des actifs (1.000 hectares de foncier) que lui a remis l'État "efficace", avec "un retour de la valeur créée" vers des besoins collectifs, des filières économiques en émergence (filière des croisières avec hébergement) ou en difficulté, toujours dans l'esprit de générer des retombées sur les territoires, en termes d'emploi mais aussi de rayonnement et d'attractivité.
Parmi les filières à fort potentiel, Haropa recense celle liée aux flux du recyclage de déchets, notamment pour le traitement ciblé des terres excavées ou polluées, qui a suscité l'installation de plusieurs sites à Gennevilliers et Bruyères-sur-Oise, presque dans une logique de cluster. "Avec la concrétisation prochaine des chantiers du réseau de transports du Grand Paris, mais aussi et déjà l'accélération très visible de la construction de logements dans des villes comme Vitry-sur-Seine ou Saint-Ouen, laquelle génère des déblais, les ports vont jouer un rôle décisif dans les solutions proposées en termes d'approvisionnement ou d'évacuation des matériaux", éclaire Etienne Dereu. Enfin, loin d'être intéressé par ses seuls trafics fluviaux, Haropa s'intéresse de près aux opportunités de développement du fret ferroviaire. Il est en effet depuis trois ans propriétaire et gestionnaire de certaines voies et s'est rapproché de SNCF Réseau (ex-Réseau Ferré de France) pour élaborer un "plan Fret ferroviaire axe Seine". "Haropa se conçoit désormais comme un promoteur de la mobilité durable, et non plus seulement du transport fluvial", lit-on dans son plan stratégique, qui cite des ports comme Bonneuil-sur-Marne, "où le trafic ferroviaire a dépassé le trafic fluvial". L'Ile-de-France n'ayant pas d'opérateur ferroviaire de proximité (OFP), Haropa fait partie des acteurs publics qui veillent au grain en vue d'en créer un.
Enfin, il veut s'impliquer dans des solutions de logistique urbaine : aménagement des anciens Magasins Généraux d'Austerlitz en hôtel logistique, partenariats sur des projets de matériels innovants (bateaux dédiés à la logistique urbaine), participation dans des structures éventuellement mises en place pour mutualiser des navettes ferroviaires (OFP) et fluviales (navette conteneurs sur la Seine aval)…

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