Culture - Le 1% artistique fête ses soixante ans

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Créé par un arrêté du 18 mai 1951, à l'initiative du sculpteur René Iché, le 1% artistique fête cette année ses soixante ans. D'abord cantonné au seul domaine de l'Education nationale, il a ensuite été étendu à la Défense, puis à la Culture dans les années 70, avant d'être généralisé à tous les secteurs au début des années 80. Comme son nom l'indique, le mécanisme consiste à affecter un pourcentage des sommes investies dans la construction d'un bâtiment public la réalisation ou l'acquisition d'une oeuvre à caractère artistique. Le taux de 1% est d'ailleurs plus symbolique qu'effectif. Le décret 2002-677 du 29 avril 2002 relatif à l'obligation de décoration des constructions publiques et précisant les conditions de passation des marchés ayant pour objet de satisfaire à cette obligation - dernier texte applicable en la matière - se contente en effet d'indiquer que "les opérations immobilières ayant pour objet la construction et l'extension de bâtiments publics ou la réalisation de travaux de réhabilitation dans le cas d'un changement d'affectation, d'usage ou de destination de ces bâtiments donnent lieu à l'achat ou à la commande d'une ou de plusieurs réalisations artistiques destinées à être intégrées dans l'ouvrage ou ses abords". Cette obligation s'impose aussi aux collectivités territoriales, dans la limite des compétences qui leur ont été transférées par la décentralisation (rien n'empêchant, bien sûr, une collectivité de reprendre à son compte cette obligation sur la totalité de ses compétences). Si les règles ont changé, l'esprit du 1% artistique est en revanche demeuré et semble aujourd'hui bien ancré dans les pratiques. Environ 12.500 oeuvres ont en effet été réalisées à ce titre depuis 1951.

Un colloque à Rennes

Pour fêter cet anniversaire, le ministère de la Culture a lancé plusieurs initiatives. Si le site dédié au 1% artistique remonte maintenant à trois ans (voir notre article ci-contre du 29 septembre 2008), cette année a été l'occasion de doter le dispositif d'un logo, qui distinguera désormais toutes les réalisations financées à ce titre. De même, le ministère a décidé de lancer une étude sur l'inventaire historique des œuvres réalisées depuis 1951 et de mettre en place une base de données interactive - qui entrera en service en 2012 -, partagée entre les directions régionales des affaires culturelles et la direction générale de la création artistique. Elle réunira l'ensemble des projets lancés, ainsi que des éléments iconographiques. Un ouvrage d'art, publié par les Editions du Patrimoine et intitulé "Cent 1%", doit également paraître à l'occasion du Mai du livre d'art 2012. Comme son titre le laisse entendre, il présentera une sélection d'une centaine d'œuvres témoignant de la diversité et de la qualité des productions, et mettant en valeur les grands noms de l'art qui ont participé au dispositif, "de Matisse à Picasso, de Boltanski à Kader Attia".
Mais le clou de ces manifestations reste le colloque organisé à Rennes les 9 et 10 novembre. Durant ces deux jours, plusieurs ateliers et séances plénières sont en effet consacrés aux différents aspects et à l'actualité du 1% artistique : production et réception des œuvres, conservation et restauration des œuvres, art obligatoire et art académique (avec un point d'interrogation qui change tout), construction d'un patrimoine public... La manifestation doit être clôturée, le 10 novembre, par le ministre de la Culture. 


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