Référendum en Nouvelle-Calédonie : le "non" à l'indépendance l'emporte à 56%

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Édouard Philippe le 5 novembre 2018, au lendemain du référendum en Nouvelle-Calédonie
© Théo Rouby / AFP | Édouard Philippe le 5 novembre 2018, au lendemain du référendum en Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie a fait le choix, dimanche 4 novembre, de rester dans le giron français au terme d'un référendum d'autodétermination historique, consacrant selon Emmanuel Macron une "marque de confiance dans la République".
Selon les résultats définitifs dans les 284 bureaux de cette collectivité française ex colonie pénitentiaire, le "non" à l'indépendance l'a emporté avec 56,40% des voix contre 43,60% pour le "oui". Selon le Haut-Commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, le non l'a emporté à 73,71% dans la province Sud, la province la plus peuplée (112.711 inscrits). Il n'a en revanche remporté que 24,17% des suffrages dans la province Nord (40.048 inscrits) et 17,82% dans la province des Îles (22.240 inscrits). La participation a été massive, avec plus de 80% de votants, avec là encore des différences territoriales : 83,01% en province Sud ; 86,01% en province Nord ; 58,88% en province des Iles.

Une réunion en décembre à Paris pour "tirer les conclusions" du référendum

Édouard Philippe a annoncé le lendemain, depuis Nouméa, qu'il réunira en décembre à Paris les forces politiques de Nouvelle-Calédonie pour "tirer collectivement les premières conclusions" du référendum. D'ores et déjà, le Premier ministre a salué un "véritable succès démocratique et populaire" et noté avec "beaucoup de satisfaction que tous s'accordent sur le caractère incontestable du résultat de ce référendum".
"Ce processus d'émancipation, pour reprendre les termes mêmes de l'accord de Nouméa, a porté ses fruits, permettant que le peuple calédonien se retrouve dans un débat naturellement clivant, sans pour autant se déchirer", a-t-il souligné.
Au-delà des questions institutionnelles, le Premier ministre a souhaité remettre au premier plan "les enjeux économiques et sociaux" qui ont "parfois été placés au second plan", alors qu'ils "constituent un des ressorts essentiels des accords de Matignon et de Nouméa" datant de 1988 et 1998.
"Il faudra donc que nous trouvions aussi le temps et la méthode pour échanger, État et forces politiques, sur ces enjeux de société", a-t-il insisté en précisant qu'avec la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, "ils feront des propositions en ce sens à l'occasion du prochain comité des signataires" en décembre à Paris.

La question du deuxième référendum

Le Premier ministre n'a pas voulu se prononcer sur la tenue d'un deuxième référendum. "Nous sommes tenus par ces accords et nous ne voulons pas en sortir, a expliqué Édouard Philippe. Mais cela ne veut pas dire qu'il ne faudrait pas tenir compte des résultats électoraux et notamment du référendum qui a eu lieu hier." "Il faut donc que nous parlions avec les forces politiques pour savoir comment elles envisagent la suite", a-t-il ajouté.
Les élections provinciales (pour renouveler le congrès de Nouvelle-Calédonie) se tiendront en mai 2019. À l'issue de ces élections, si un tiers des membres du congrès le demande, un deuxième référendum sera organisé dans les dix-huit mois. En cas de nouveau vote du "non", il pourra être suivi d'un troisième.
Les indépendantistes souhaitent l'organisation des deux autres référendum. Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie Ensemble, principal parti non indépendantiste, "continue de penser que c'est mieux si on peut se passer d'un deuxième et d'un troisième référendum" mais qu'il ne s'opposerait pas à l'accord de Nouméa, qui est "constitutionnalisé". "Est-ce que la Nouvelle-Calédonie a vraiment quatre ans à perdre ?", s'interroge de son côté Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains au congrès de la Nouvelle-Calédonie. Elle plaide quant à elle pour "trouver une solution et remplacer ce deuxième et troisième référendum" afin de "stabiliser enfin la Nouvelle-Calédonie".

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