Interview - Pour Olivier Klein, président de l'Anru, l'école peut être "un élément phare du projet de renouvellement urbain des quartiers"

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Olivier Klein, président de l'Anru
© Valérie Liquet | Olivier Klein, président de l'Anru

Olivier Klein, ancien prof, maire de Clichy-sous-Bois depuis 2011, est président de l'Anru depuis un an. Sa mission : accélérer le déploiement du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU, dit "Anru 2") dans les 480 quartiers concernés (216 quartiers d’intérêt national, 264 quartiers d’intérêt régional). Il disposait pour cela de la promesse d'une enveloppe de 10 milliards d'euros et le feu vert du gouvernement pour rénover le cadre d'intervention de l'Agence créée en 2003 par Jean-Louis Borloo.
Les 10 milliards d'euros ont bel et bien été confirmés et de nouvelles "règles du jeu" ont effectivement été fixées pour accélérer les mises en chantier. D'abord par le conseil d'administration de l'Anru du 19 mai 2018 qui a adopté une quinzaine de mesures, d'ordre financier et contractuel (voir notre article ci-dessous du 30 mai 2018). Puis par celui du 18 septembre 2018 qui a notamment permis aux préfets - qui sont les délégués territoriaux de l’Anru – de négocier directement avec les élus les projets Anru 2 peu complexes.

 

Localtis - Cinq mois après les premières modifications du règlement de l'Anru, combien de projets ont-ils été validés ?

Olivier Klein - Depuis fin mai, le comité d'engagement de l'Anru a validé les projets de 132 quartiers, enclenchant plus de 2,5 milliards d’euros d’engagement de l’Agence pour lancer les chantiers dans les quartiers, ce qui équivaut à environ 9 milliards d'euros d'investissement au total. 47 sont d'intérêt national et 85 d'intérêt régional. L’objectif est de passer avant l’été 2019 une grande partie des projets d'intérêt national et la totalité des 450 quartiers avant fin 2019.
Nous avons déconcentré aux préfets la quasi-totalité des instructions des projets d’intérêt régional.

Un bon projet Anru est-il toujours un projet avec beaucoup de démolitions ?

Il n’y a pas de dogme. Au lancement du programme national de rénovation urbaine par Jean-Louis Borloo (Ndlr : "Anru 1"), pour démontrer qu’un projet Anru était ambitieux, il valait mieux prévoir des démolitions. C’était justifié à ce moment-là, il fallait renverser la table.
Aujourd’hui, nous sommes pragmatiques. Dans le nouveau programme, il y aura les deux : des démolitions et des grands plans de rénovation. Lorsqu’un projet comporte beaucoup de démolitions, on interroge. La ville Nantes, par exemple, a dû nous convaincre.

La règle du "1 pour 1" est-elle toujours d’actualité ?

Oui. Si on démolit, il faut reconstruire autant… il y a naturellement des dérogations pour les territoires détendus.
La grande nouveauté, c'est que le champ de la reconstruction est étendu. Dans Anru 1, la quasi-totalité des reconstructions se faisait dans le quartier. Aujourd’hui, la reconstruction de l’offre doit se faire au niveau intercommunal, en fonction de la disponibilité foncière.

Vous avez été enseignant, vous êtes l’auteur d’un rapport remis en 2017 à la ministre de l'Education nationale de l'époque appelant à "Favoriser la rénovation du patrimoine scolaire des quartiers populaires". Que dit aujourd’hui le président de l’Anru ?

Le renouvellement urbain comprend toutes les questions de la ville et des habitants : le logement, le transport, le commerce, le développement économique, l’emploi, la tranquillité et les équipements publics de proximité : écoles, mais aussi médiathèque, crèches, gymnases… Pour donner envie de vivre dans un quartier, tout est important. Mais c’est vrai que les parents sont particulièrement attentifs à l’école où ils vont scolariser leurs enfants. Si on veut faire revenir les salariés dans les quartiers, l'Anru doit être présent sur ces équipements. La démolition-reconstruction d’une école en périphérie du quartier peut permettre de modifier la carte scolaire et participer au retour de la mixité sociale.
Je plaide pour que l’école soit exemplaire, qu’elle soit un élément phare du projet de renouvellement urbain des quartiers. Il est souvent plus rapide de s'attaquer à un équipement public qu'à du bâti résidentiel. La transformation de l'école du quartier donne à voir aux habitants la transformation future de tout le quartier.

Elle serait comment, cette école "Anru" idéale ?

J'encourage les pôles éducatifs, comme aux Mureaux, très ouverts sur la ville. La fonction principale demeure l’école, mais il y a aussi des espaces partagés : crèches, haltes jeu…
À Clichy, j’ai construit un city stade à proximité d’une école de quartier, avec les mêmes jeux que ceux de la cour de récréation, parce que les gardiens cadenassent l’école le week-end. Ce n'est pas satisfaisant ! Il faut au contraire en faire un lieu où on reçoit, car l’école peut faire un peu peur. Avoir un beau lieu pour que les parents et les enseignants se rencontrent et discutent sur des chaises de même hauteur, à taille adulte, qui ne place pas les parents dans une position infantilisante vis à vis de l’enseignant. Ce lieu parents-enseignants pourrait être ouvert sur le quartier pour que les personnes âgées, le samedi après-midi, puissent s’y réunir et boire le thé… Il y a plein de choses à inventer.

Le gouvernement s'apprête à lancer un appel à manifestations d'intérêt visant à identifier et à labelliser des "cités éducatives" dans les quartiers prioritaires. Vos écoles "ouvertes sur la ville" et sur les quartiers en renouvellement urbain, s'inscrivent-elles dans le même esprit ?

Oui tout à fait ! L’idée est bien de mettre l’école au cœur de la vie du quartier. Je suis convaincu que pour réussir à améliorer la situation des habitants, il faut répondre aux questions qu’ils se posent. L’une des premières et des plus sensibles est celle de tous les parents : l’école environnante donne-t-elle toutes les chances de réussite à mon enfant ? Les cités éducatives, c’est ainsi mobiliser autour de l’école toutes les énergies positives qui existent en mettant le projet éducatif au service de la réussite des enfants. Cela passe par exemple par une meilleure continuité éducative, notamment entre le CM2 et la 6e ou une meilleure ouverture sur le reste de la ville et les différents temps de l’enfant. L’Anru prend toute sa part dans ce projet en mettant à disposition des collectivités une vraie réflexion sur ce que doit être la place de l’école dans un projet de renouvellement urbain.

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