Open data - Quand les réutilisateurs jugent les données des collectivités

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À l'occasion de l'entrée en vigueur des obligations de la loi Lemaire, l’observatoire d'Open Data France a donné la parole aux réutilisateurs. Rendre visibles les usages des données publiques est en effet une des pistes privilégiées par l'association pour convaincre les 4.157 collectivités qui n'ont pas encore franchi le pas.

Depuis le 7 octobre, l'ensemble des administrations et collectivités de plus de 3.500 habitants sont soumises au "principe d'open data par défaut" prévu par la loi Lemaire. "Un vrai choc culturel quand on sait que la Cada, qui vient de fêter ses 40 ans, a dû batailler pour permettre l’accès à des documents papier" a souligné la présidente d’Open Data France, Laurence Comparat. Malgré les efforts des pouvoirs publics pour porter la bonne parole - programme Datalocale, tour de France de l’open data,  multiplication des portails mutualisés... - force est de constater que la percée de l’open data reste timide. Les chiffres de l’observatoire de l’open data, présentés le 10 octobre à Paris, sont à la fois décevants et trompeurs. "Sur les 4.510 collectivités concernées par l’obligation, 343 (7,6%) seulement ont publié des données avant l’échéance fixée par la loi. Mais sur ces dernières plus d'un tiers proposent moins de trois jeux de donnés en ligne" a regretté Jean-Marie Bourgogne, le délégué général d’Open Data France. Autrement dit, une partie des collectivités a cherché à cocher la case "obligation" sans définir de stratégie, sans se projeter dans des usages.

Des usages peu visibles mais bien réels

Face à un bilan pour le moins décevant, Open Data France a opté pour le verre à moitié plein, en valorisant les réutilisateurs de données publiques. Car si les usages sont difficiles à repérer, souvent ignorés des collectivités productrices, les réutilisations sont bien là. Dans la région de Toulouse, le Sicoval propose par exemple un agenda partagé par l’intercommunalité, les communes et les associations locales. "Chacun contribue à une base de données qui est utilisée par la presse quotidienne régionale comme par les communes qui peuvent filtrer les événements selon les critères de leur choix" explique Anne-Claire Dubreuil, en charge de communication au syndicat. À Nantes, une collaboration originale entre l’association Mieux trier à Nantes, la ville et la métropole a permis d’enrichir l’information sur le tri fournie par les collectivités d’une cartographie des structures et dispositifs promouvant la récupération, le compostage et les pratiques "zéro déchet". "La mise en place de la collaboration a pris du temps, mais désormais nos données sont sur le portail de la métropole et reprises par des applications très utilisées, comme Nantes dans ma poche" s’est félicité Christian Renoulin qui représentait l’association. Autre exemple valorisé par Open Data France, l’eurorégion Aquitaine-Euskad qui a réussi à créer un calculateur d’itinéraire multimodal transfrontalier grâce aux données des collectivités françaises et espagnoles. Transfermuga permet par exemple à l’office de tourisme de Bayonne de mettre à disposition de ses visiteurs toutes les liaisons disponibles (bateau, bus, car, TGV...) vers l’Espagne. Des exemples qu’Open Data France a promis d’enrichir pour que les collectivités puissent y trouver inspiration et motivation sur un sujet parfois abstrait. L’association travaille par ailleurs avec la Fondation internet nouvelle génération (Fing) sur le projet "open data impact" qui entend mesurer les retombées de l’open data et favoriser l’émergence d’une offre standard. 

Simplifier l’accès, harmoniser les données

Si la montée en puissance des usages est réelle, les réutilisateurs sont les premiers à pointer les marges de progression. Chez Street-co, une jeune start-up qui propose un GPS piéton ciblant les personnes à mobilité réduite, Arthur Alba avoue "renoncer le plus souvent à utiliser l’open data des collectivités sur l’accessibilité tant les données sont insuffisamment mises à jour et incomplètes". Bertrand Billoud, dont la société Kisio digital a conçu le calculateur Navitia, estime "qu’il serait nettement plus simple de traiter des flux (et non des fichiers) et des données normalisées, beaucoup de temps étant consacré au nettoyage des données". Autre sujet mis en avant : la multiplication des portails locaux et nationaux. "On ne peut imaginer qu’il y ait à terme autant d'administrations productrices que de plateformes. Non seulement ce sont des coûts inutiles mais aussi une source de complication pour les réutilisateurs" estime Jean-Marie Bourgogne.

Si la simplification technique est souhaitable, une évolution du discours paraît aussi nécessaire. Les réutilisateurs ont été ainsi été unanimes pour souligner que le terme "open data" ne les avaient pas aidés dans leur projet. Partir d’une expression de besoin, d’un problème à résoudre, intégrer l’open data aux chantiers de dématérialisation en cours (marchés, finances)… l’urgence est d’ancrer l’open data dans les politiques publiques. Et si les villes moyennes sont parmi les moins nombreuses à avoir ouvert leurs données, les projets "Cœur de ville" pourraient changer la donne. Car, comme l’a souligné Cédric Verpeaux, responsable des programmes d’investissement innovants et territoriaux à la Banque des Territoires, la data constitue un levier incontournable pour réfléchir sur la revitalisation du commerce, le désenclavement et l’attractivité des centres-villes.

 

Suivre l’évolution de l’open data et les réutilisations
L’observatoire de l’open data, qui bénéficie du soutien de la Banque des Territoires, a publié l’ensemble de ses résultats sur un site rénové. Une carte interactive permet de visualiser l’ensemble des collectivités ayant ouvert leurs données et les portails qu’elles utilisent pour publier leurs données. Parallèlement, Open Data France recense les réutilisations de données locales, propose des dossiers thématiques (agenda, foncier, déchets…) illustrés de témoignages de réutilisateurs, qu’il s’agisse de collectivités territoriales, d’associations ou d’entreprises.