Convention nationale de l'ADCF - Les Français jugent l'intercommunalité utile, mais ne la connaissent pas toujours bien

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© @vidalthomasgard |

Selon un sondage publié à l'occasion de la 29e convention nationale de l'ADCF, 86% des Français estiment que le principe de la coopération intercommunale est "une bonne chose". Mais, à l'image de leurs présidents, les communautés et métropoles ne sont pas toujours bien connues du grand public.
 

Ce sont des résultats plutôt rassurants pour les présidents d'intercommunalités, qui se réunissent, jeudi et vendredi à Deauville, pour la 29e convention nationale de l'Assemblée des communautés de France (ADCF). Selon un sondage commandé à l'Ifop, qui sera présenté lors de la séance plénière d'ouverture, 86% des Français estiment que le principe de l'intercommunalité est "une bonne chose" et 83% d'entre eux déclarent qu'il l'est en particulier pour leur commune de résidence. Cette dernière affirmation est en progression de 9 points par rapport à une précédent enquête Ifop/ ADCF réalisée en 2013 auprès de 1.001 personnes. Quelles que soient la géographie (urbain, rural, ville centre ou commune de périphérie), ou l'ancienneté de la communauté, ou les caractéristiques et la proximité politique des répondants, l'adhésion à l'intercommunalité dépasse le seuil de 70%.
D'après ce sondage réalisé en ligne entre le 6 et le 11 septembre derniers auprès d'un échantillon de 2.005 personnes représentatif de la population d'au moins 18 ans (voir ci-dessous les résultats complets), les raisons du succès de l'intercommunalité dans l'opinion tiennent au sentiment de son utilité. 84% des Français affirment qu'elle "permet de mettre en commun les moyens des communes autour d'un projet de développement cohérent." Par ailleurs, 80% reconnaissent qu'elle "permet de proposer de nouveaux services et équipements collectifs aux habitants."

Actions intercommunales : la satisfaction atteint 75%

Résultat tout aussi positif pour les intercommunalités : trois quarts des Français sont satisfaits du travail accompli par celle où ils vivent. Cela les conduit, au passage, à plébisciter le renforcement des compétences intercommunales (87% y sont favorables).
Autre indication : les fusions qui ont conduit à diviser par deux le nombre des communautés entre 2012 et 2017 ne laissent pas un trop mauvais souvenir, puisqu'elles recueillent plus des deux tiers d'opinions favorables.
Séduits par la jeune institution, les Français n'en gardent pas moins leur esprit critique à son égard. 65% lui reprochent de tendre à faire grimper les impôts et 62% à "complexifier la gestion locale." Ces taux de réponse sont élevés, mais ils sont en régression par rapport à 2013 où ils étaient supérieurs respectivement de 8 et 7 points. Par ailleurs, aux yeux de 56% des Français, l'intercommunalité contribue à éloigner les élus des citoyens. On notera tout de même que ce résultat est en diminution de 3 points par rapport à 2013, alors que de nombreux agrandissements de périmètres ont eu lieu au 1er janvier 2017.
Récentes, voire tout juste nées, les communautés souffrent globalement d'un déficit de connaissance dans l'opinion. Certes, plus de quatre Français sur cinq identifient plutôt bien leurs grands domaines de compétences et leurs modes de financement. Mais, près d'un sur cinq ne sait pas si la commune où il vit appartient à une structure intercommunale. En outre, plus de 20% de ceux qui pensent que leur commune appartient à une intercommunalité,n'en connaissent pas le nom actuel. Ceux-ci ont encore plus de peine à citer spontanément le nom du président ou de la présidente de l'institution : seulement 41% y parviennent.

Information : les Français en demandent plus

L'ADCF entend tirer les enseignements de ce sondage, en travaillant à plus de "lisibilité" pour l'intercommunalité. Comment "mieux [la] faire comprendre" et "lui donner un visage" ? Cette question sera au cœur, ce jeudi, de la table-ronde d'ouverture de la convention, qui se déroulera en présence du secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics, Olivier Dussopt, et de la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, Jacqueline Gourault. En sachant que la réflexion se poursuivra, vendredi matin, au cours d'un atelier dédié à la communication, qui sera l'occasion de présenter des expériences locales. Ce travail sera tout sauf inutile : une majorité de Français se disent insuffisamment informés sur leur intercommunalité et souhaitent en savoir davantage.
Dans un communiqué, le président de l'ADCF, Jean-Luc Rigaut, prend acte du "soutien très clair de nos concitoyens à la coopération intercommunale et aux évolutions récentes". En même temps, il appelle à "rester attentifs aux points d'alerte sur la fiscalité ou le risque d'éloignement". Ces deux sujets feront eux aussi l'objet de travaux spécifiques lors de la convention.

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