Pauvreté - 1,4 million de seniors n'ont ni emploi, ni retraite

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Qui sont les seniors pauvres ? Selon une étude de la Drees, un tiers des seniors "ni en emploi ni en retraite" (NER) vivent en dessous du seuil de pauvreté. Trop jeunes pour toucher une retraite, souvent des femmes, souvent en mauvaise santé... Les transferts sociaux et fiscaux jouent un rôle déterminant dans la réduction de ces "poches de pauvreté".

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie une étude sur un sujet relativement peu abordé. Si la question des travailleurs pauvres commence à être bien documentée, il n'en est pas de même en effet pour les seniors pauvres, autrement dit les personnes de 53 à 69 ans qui se trouvent en situation de précarité.

11% des seniors de la tranche d'âge sont concernés

L'étude de la Drees met ainsi en évidence, dans cette tranche d'âge, l'existence en métropole de 1,4 million de ces seniors, qui ne sont ni en emploi, ni en retraite (NER). Ils représentent 11% des effectifs de la tranche d'âge, 50% percevant à l'inverse une retraite (accompagnée ou non de revenus d'activité) et 39% uniquement des revenus d'activité. Près du tiers (32%) de ces seniors NER vivent en dessous du seuil de pauvreté, contre 7,4% des seniors en emploi et 6% de ceux en retraite.
Les seniors NER sont plus jeunes que la moyenne de la tranche d'âge (58 ans contre 61 ans). De façon logique, ils sont plus jeunes que les retraités (64 ans de moyenne d'âge) et plus âgés que les seniors en activité (57 ans).
Plusieurs facteurs expliquent la situation des NER. C'est le cas de l'absence d'emploi : seuls 69% des 55-59 ans sont en emploi, contre 80% des 50-54 ans (et le même taux pour les 25-49 ans). La conséquence est qu'"en fin de carrière, de nombreuses personnes transitent par des situations où elles ne sont ni en emploi ni à la retraite [...]. Ces situations hors de l'emploi et hors de la retraite autour de 60 ans constituent potentiellement des poches de pauvreté, dans lesquelles se trouvent des seniors qui, tout en ne pouvant ou ne souhaitant pas encore bénéficier d'une pension de retraite, ne peuvent plus travailler ou ne parviennent plus à retrouver un emploi. Ils ne perçoivent alors que des minima sociaux, des allocations chômage ou des pensions d'invalidité".
De ce point vue, les réformes des retraites successives, qui ont progressivement décalé l'âge légal de départ jusqu'à 62 ans, ont joué de façon défavorable et ont eu pour effet de modifier le nombre de seniors NER, ainsi que leur répartition.

En majorité des femmes, peu diplômées et avec des problèmes de santé

D'autres déterminants expliquent également la situation des seniors NER. Ainsi, les femmes sont surreprésentées dans cette catégorie (deux NER sur trois). En revanche la situation familiale des seniors NER est identique à celle du reste de la tranche d'âge.
Autre caractéristique : bien qu'un peu plus jeunes, les seniors NER sont en moins bonne santé que la moyenne de la tranche d'âge : 29% se déclarent en mauvais ou très mauvais état de santé et 30% ont une reconnaissance administrative de handicap, contre 11% dans les deux cas pour l'ensemble des seniors. Ils sont également moins diplômés que la moyenne, ce qui n'est pas sans lien avec leur situation en matière d'emploi : la moitié n'ont pas de diplôme ou ont obtenu le brevet des collèges ou un certificat d'études primaires (CEP) comme diplôme le plus élevé, contre respectivement 27% des seniors qui travaillent et 40% des retraités. Ils sont également surreprésentés parmi les ouvriers et les employés.
Certains éléments influent en revanche favorablement sur la situation des seniors NER : ceux dont le conjoint travaille ou est à la retraite présentent un taux de pauvreté plus faible que ceux vivant seuls ou dont le conjoint est également NER.

Le rôle décisif des transferts sociaux

Mais ce sont essentiellement les transferts sociaux et fiscaux qui améliorent leur situation de départ. Ainsi, chez les ménages de seniors NER, la proportion du revenu disponible issue des revenus de remplacement hors pensions de retraite (pensions d'invalidité, allocations chômage et préretraites) est onze fois supérieure à celle de l'ensemble des ménages de seniors (44% contre 4%).
De même, 65% des ménages de seniors NER bénéficient des allocations logement (attribuées sous condition de ressources), ce qui représente 14% de leur revenu disponible, contre 1% pour l'ensemble des ménages de seniors. Il en va de même pour le RSA socle, dont la part est négligeable pour l'ensemble des ménages de seniors, mais qui représente 9% du revenu disponible pour les ménages de seniors NER.
Au final, si le niveau de vie médian des seniors NER (1.270 euros par mois en 2015) est inférieur à celui des seniors en emploi (2.090 euros) ou des retraités (1.860 euros), il est en revanche supérieur à celui des personnes sans emploi âgées de 25 à 52 ans (1.050 euros).
Conclusion de la Drees : "La redistribution réalisée par le système sociofiscal réduit le nombre de seniors NER pauvres de 30%, comme pour les autres seniors. En l'absence de ces transferts sociaux et fiscaux, presque un senior sans emploi ni retraite sur deux serait pauvre".


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