Protection de l'enfance - La baisse de moyens du GIP Enfance en danger passe mal

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© Stéphane Audras / Rea |

La Convention nationale des associations de protection de l'enfant (Cnape), qui fédère depuis 1948 les associations se consacrant à la protection de l'enfant, de l'adolescent et du jeune adulte - réagit à l'annonce de "coupes drastiques" dans le budget du groupement d'intérêt public Enfance en danger (Giped). Et interpelle la ministre des Solidarités et de la Santé, appelant à "une mobilisation massive pour sauver cette institution qui contribue à la prévention et à la protection des enfants en danger".
La baisse, de l'ordre de 7%, touche un GIP financé à la fois par l'État et par les départements (sur la base de leurs missions en matière de protection de l'enfance). Cet organisme officiel - qui possède une adresse internet en .gouv - est d'ailleurs présidé par Michèle Berthy, vice-présidente du conseil départemental du Val-d’Oise.

Giped, ONPE et Snatem

Le Giped coiffe deux organismes qui jouent un rôle clé dans la protection de l'enfance. D'une part, l'Observatoire national de la protection de l'enfance (ONPE), créé en 2004 et qui a pour mission de mieux connaître le champ de l'enfance en danger pour mieux prévenir et mieux traiter, en particulier par la diffusion de bonnes pratiques de prévention et d'intervention. D'autre part, le Service national d'accueil téléphonique de l'enfance en danger (Snated), créé en 1989 et plus connu sous son nom d'"Allô enfance en danger" ou sous celui de son numéro d'appel, le 119, qui assure une écoute 24h/24 avec 45 professionnels et répercute les signalements sur les services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) des départements.
Dans un communiqué du 21 septembre, la Cnape explique que la baisse de 200.000 euros décidée par l'État pour sa participation au budget du Giped se double automatiquement de la baisse de la participation des départements pour le même montant au nom de la parité des participations, soit une diminution totale de 400.000 euros, à rapprocher d'un budget 2018 de l'ordre 4,4 millions d'euros.

"Il est certain que les départements suivront"

En réalité, la baisse de 400.000 euros a eu lieu sur le budget 2018. Selon Martine Brousse, présidente de l'association "La voix de l'enfant" et vice-présidente du Giped, les représentants de l'État au conseil d'administration "ont manifesté leur intention de maintenir le budget 2019 du Giped à son niveau de 2018". Mais, en 2018, le Giped disposait d'un fonds de roulement qui lui a permis d'absorber l'impact de la baisse de sa dotation. Selon la Cnape, "pour l'année prochaine, il n'en sera pas de même, car il n'existe plus aucune réserve de trésorerie. Cela aura pour conséquence directe la réduction des effectifs parmi les écoutants, et donc une remise en question de la qualité et de la permanence du 119".
Selon l'intersyndicale de l'organisme, ce gel après la coupe budgétaire de 2018 pourrait se traduire par un déficit d'exploitation de 450.000 euros, entraînant la suppression de quatre ou cinq postes au Snatem. Le risque serait alors de n'avoir plus qu'un poste d'écoutant la nuit - ils sont deux aujourd'hui -, alors qu'ils peuvent être confrontés à des situations extrêmement difficiles.
De son côté, la Cnape estime qu'"il est également à redouter que l'ONPE soit affecté par cette baisse alors que des missions nouvelles lui ont été dévolues par la loi de 2016 relative à la protection de l'enfant" (voir notre article ci-dessous du 22 mars 2016). Elle "en appelle à la ministre des Solidarités et de la Santé qui prochainement dévoilera sa stratégie pour la protection de l'enfance. Celle-ci ne pourra être bien traduite sans un GIP Enfance en danger conforté, fiable et porteur de progrès". La Cnape se dit persuadée que si le gouvernement revenait sur sa décision de réduire sa participation, "il est certain que les départements suivront et même s'en réjouiront".


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