Culture - Patrimoine et rénovation urbaine : Françoise Nyssen classe une partie la carrière antique de la Corderie à Marseille

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Site des anciennes carrières grecques sur le boulevard de La Corderie, Marseille
© I. Hanning / Rea | Site des anciennes carrières grecques sur le boulevard de La Corderie, Marseille

A la veille des Journées européennes du patrimoine -, Françoise Nyssen a annoncé sa décision de "classer les vestiges de la Corderie à Marseille au titre des monuments historiques". Ce classement concerne un ensemble de 635 m2, portant témoignage de l'existence, à cet emplacement, d'une ancienne carrière de calcaire, dont l'exploitation remonte au Ve siècle avant notre ère, à la suite de la fondation de Phocée par les Grecs.

L'aboutissement d'une décision prise il y a un an

L'existence de cette carrière - située à proximité immédiate du Vieux-Port et sur les contreforts de Notre-Dame-de-la-Garde - avait été révélée par une fouille d'archéologie préventive, menée par l'Inrap à l'été 2017, sur un site qui devait accueillir la construction, par le groupe Vinci Immobilier, d'une résidence haut de gamme de huit étages, 109 logements et trois niveaux de parkings.
Dans son communiqué, la ministre de la Culture rappelle que "cette découverte importante a fortement mobilisé les habitants épris de la protection de leur patrimoine" (voir notre article ci-dessous du 7 septembre 2017). Elle avait également donné lieu à une vive polémique et à des manifestations, justifiant des interventions du préfet de région et une visite sur place de Françoise Nyssen en octobre dernier, tandis que le maire de Marseille observait une prudente réserve.
Dès septembre 2017, la ministre de la Culture avait exprimé son intention de classer ce terrain de 635 m2. Mais il a fallu un an pour que cet engagement se matérialise. Les vestiges archéologiques mis à jour par l'Inrap ont été placés sous le régime de l'instance de classement par une décision du 2 novembre 2017. Puis, le dossier a été examiné par la commission régionale du patrimoine et de l'architecture (CRPA), le 29 novembre 2017, avant que ces vestiges soient inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté préfectoral du 24 janvier 2018. Enfin, le 6 septembre 2018, la commission nationale des monuments historiques (CNMH) s'est prononcée, à l'unanimité, en faveur du classement des vestiges. Un avis aussitôt suivi par la ministre de la Culture.

Des tensions et des contradictions récurrentes

Dans son communiqué du 13 septembre, Françoise Nyssen indique que, comme elle l'avait demandé, "la conservation du site devra s'accompagner de sa mise en valeur grâce à des aménagements spécifiques permettant sa visibilité et un travail de médiation mené localement en direction de tous les publics".
L'affaire de la Corderie est surtout un exemple emblématique des tensions et des contradictions récurrentes entre la préservation du patrimoine révélé par les fouilles d'archéologie préventive et les impératifs de la rénovation urbaine.
La décision de classement prise par Françoise Nyssen intervient aussi alors que monte une polémique autour des mesures de la loi Elan (évolution du logement, de l'aménagement et du numérique) qui nuiraient à la protection du patrimoine bâti et autour des récents propos de Stéphane Bern sur les parlementaires qui "veulent la peau des architectes des bâtiments de France" (voir notre article ci-dessous du 3 septembre 2018).

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