Pour son dernier discours sur l'état de l'Union, Jean-Claude Juncker défend la "souveraineté européenne"

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Jean-Claude Juncker le 12 septembre devant les eurodéputés
© @JunckerEU | Jean-Claude Juncker le 12 septembre devant les eurodéputés

Il est ironique de prononcer un "discours sur l'état de l'Union", expression apparue il y a quatre ans pour singer les Etats-Unis, pour défendre la souveraineté européenne. C'est pourtant la prouesse réalisée par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 12 septembre, avec son quatrième et dernier discours du genre - puisqu'il ne compte pas se représenter - avant les élections européennes du 26 mai 2019. "L'heure de la souveraineté européenne a définitivement sonné (…) L'heure pour l'Europe de développer ce que j'ai appelé sa 'Welpolitiffähigkeit', cette capacité à jouer un rôle (…) sur le cours des affaires mondiales."
Cet appel au souverainisme européen est une réponse au souverainisme tout court ou au "démocraties illibérales" à l'approche de ces élections. "Je voudrais avant tout que nous disions non au nationalisme malsain et que nous disions oui au patriotisme éclairé", a-t-il lancé. Sans le citer expressément, le président de la Commission avait dans son viseur le dirigeant hongrois Viktor Orban (appartenant pourtant à la même famille politique), saluant la décision du Parlement européen d'actionner l'article 7 contre son pays. Mécanisme qui, au terme, d'une longue procédure, peut priver un Etat membre de son droit de vote au sein du Conseil. "L'article 7 doit s'appliquer là où l'Etat de droit est en danger", a-t-il martelé. Dans sa proposition de budget pluriannuel pour 2021-2027, la Commission entend aller plus loin en permettant de suspendre les fonds structurels à un Etat qui ne respecterait pas l'état de droit.

"Besoin de migrants qualifiés"

Vue de Budapest, cette décision est considérée comme un "chantage" contre sa politique anti-immigration. De fait, l'immigration a occupé une large place dans le discours de Jean-Claude Juncker. Il a lancé une "invitation pressante" à "ouvrir des voies d'accès légales vers l'Union européenne". "Nous avons besoin de migrants qualifiés", a-t-il dit. Il s'est ensuite livré à un plaidoyer pour le développement de l'Afrique, "ce grand et noble continent", qui "comptera 2,5 milliards d'habitants en 2050. Soit un quart de la population mondiale. Le président de la Commission a proposé une "nouvelle alliance entre l'Afrique et l'Europe, une alliance pour des investissements et des emplois durables", ainsi qu'un "accord de libre-échange de continent à continent, un partenariat économique entre partenaires égaux". Il souhaite ainsi attirer "davantage d'investissements privés vers l'Afrique". Un discours qui relève surtout de l'incantation car, en 2017, l'Afrique n'a attiré que 42 milliards d'euros sur les 1.430 milliards d'investissements étrangers directs mondiaux. Et la tendance est même à la baisse (- 21% en 2017, après - 3% en 2016), selon le dernier rapport du Cnuced sur l'investissement dans le monde. "A vrai dire, nous ne partons pas de zéro : notre fonds d'investissement extérieur, lancé il y a deux ans, mobilisera plus de 44 milliards d'euros d'investissements dans les secteurs public et privé en Afrique. Les projets déjà prévus et engagés mobiliseront 24 milliards d'euros", s'est pourtant félicité Jean-Claude Juncker.
Le président de la Commission souhaite aussi renforcer la voix de l'UE sur la scène internationale, en donnant vie à la "clause passerelle", "beauté oubliée du traité de Lisbonne", qui permet au Conseil de prendre des décisions à la majorité qualifiée et non à l'unanimité. "Il n'est pas normal que l'Europe soit prise en otage lorsqu'il s'agit de renouveler notre embargo sur les armes frappant la Biélorussie ou lorsqu'il s'agit de prendre des sanctions à l'égard du Venezuela, faute d'unanimité."

Union de la sécurité

Il souhaite aussi renforcer "le rôle international de l'euro", qui "doit devenir l'instrument actif de la nouvelle souveraineté européenne". "Il est aberrant que l'Europe règle 80% de sa facture d'importation d'énergie – qui s'élève à 300 milliards d'euros par an – en dollars américains alors que 2% seulement de nos importations d'énergie nous proviennent des Etats-Unis", a-t-il clamé, regrettant aussi que les compagnies aériennes européennes achètent des avions européens en dollars !
Jean-Claude Juncker a enfin défendu une "union de la sécurité" et proposé de nouvelles règles pour que "tout contenu terroriste soit supprimé dans un délai d'une heure". Il souhaite aussi élargir le mandat du nouveau parquet européen aux actes terroristes.
Jean-Claude Juncker a mis quelques réussites à son actif - sortie de crise, reprise de l'emploi, retour en grâce de la Grèce qu'il a "toujours défendue", plan Juncker et ses 335 milliards d'euros déjà investis... -, éludant les sujets qui fâchent comme le Ceta ou le glyphosate… Il a donc surtout posé des jalons, donnant rendez-vous au conseil de Sibiu, le 9 mai 2019, en Roumanie, deux semaines avant les élections et six semaines après le Brexit. Sommet dont la Commission espère qu'un accord de principe sera trouvé autour du budget pluriannuel de l'Union européenne après 2020. Au milieu de tous ces enjeux figure la fin du changement d'heure, la Commission ayant décidé de laisser aux Etats le soin de décider par eux-mêmes entre l'heure d'été ou l'heure d'hiver. Ce qui a valu cette pique des eurodéputés socialistes. "Nous n'aurions ainsi plus la même heure de l'Espagne à l'Allemagne… belle démonstration d'unité. [...] Ce n'est pas d'un changement d'heure dont les Européens ont besoin, mais d'un changement de cap !"

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