Pauvreté : plus d'un cinquième des Français ont du mal à se nourrir quotidiennement

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© Secours populaire |

La pauvreté s’intensifie en France en 2018. Plus d’un tiers des Français y ont été confrontés et un peu plus d'un cinquième des Français ont du mal à se nourrir quotidiennement, d’après les chiffres du nouveau baromètre Ipsos-SPF, publié le 11 septembre par le Secours populaire. Se nourrir, et notamment payer la cantine, se chauffer, se loger et se soigner sont source de difficultés pour les plus pauvres. Certains départements connaissent une augmentation des demandes d’aides allant jusqu’à 50%. 

Un peu plus d'un cinquième des Français peinent à se nourrir quotidiennement selon le Secours populaire qui publie le 11 septembre son douzième baromètre annuel Ipsos, deux jours avant la présentation par le chef de l’Etat du plan Pauvreté, prévue ce jeudi 13 septembre.
Les bénévoles du Secours populaire soulignent une détérioration notoire des conditions de vie des plus pauvres et un accroissement du nombre des personnes accueillies. Dans certains départements, on observe une augmentation des demandes d’aide allant jusqu’à 50%. En 2017, le Secours populaire a accompagné près de trois millions de personnes dont deux millions exclusivement pour l'aide alimentaire.

Alerte pour les mères seules et les seniors

7% des sondés déclarent s’en sortir de plus en plus difficilement. Il s’agit un peu plus souvent de femmes (8% d’entre elles sont dans cette situation) et de personnes âgées. A l’occasion notamment de la parution des baromètres Ipsos-SPF 2013 et 2017, le Secours populaire alertait déjà sur des situations dramatiques rencontrées par les mères seules, qui déclaraient que le 15 du mois, elles n’avaient plus rien à donner à manger à leurs enfants. L’association faisait également état en 2017 de la précarité de beaucoup de seniors, de plus en plus nombreux à devoir travailler après 60 ans afin de pouvoir survivre.

Énergie, logement et santé

Les dépenses de logement et d’énergie sont un problème  57% parviennent difficilement à payer leurs dépenses d’énergie et 45% leur loyer, leur emprunt immobilier ou les charges de leur logement. Des restrictions, aussi, dans le domaine de la santé : 38% des sondés déclarent avoir des problèmes à payer certains actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale. Si les difficultés sont là encore en léger recul pour l’ensemble des Français, elles progressent chez les plus pauvres : elles concernent 56% de ceux dont le revenu mensuel net du ménage est inférieur à 1.200 euros, soit une hausse de 6% par rapport au dernier baromètre. Disposer d’une mutuelle santé reste également compliqué pour une proportion importante de foyers modestes. Alors, face à ces dépenses contraintes, "l’alimentation est loin d’être un poste de dépense préservé", peut-on lire dans le nouveau baromètre.

Difficultés pour payer la cantine

21% des Français ont ainsi du mal à se procurer une alimentation saine pour assurer trois repas par jour. Ces difficultés sont encore plus importantes pour les plus précaires : près d’une personne sur deux (48%) dont le revenu mensuel net du foyer est inférieur à 1.200 euros éprouve des difficultés financières pour ces trois repas par jour. Et 19% des parents d’enfants de moins de 18 ans rencontrent des difficultés financières pour payer la cantine. C’est le cas d’une majorité de parents issus de foyers très modestes.
Or, mettre à disposition des services pour les enfants les plus pauvres est un moyen de réduire les inégalités et de favoriser ainsi une meilleure mobilité sociale, comme le montre par exemple l'étude Healthy School Meals and Educational Outcomes (Repas scolaires sains et résultats éducatifs) dirigée par les universitaires Michèle Belot et Jonathan James, qui atteste que les élèves - notamment les plus défavorisés - bénéficiant d’un déjeuner équilibré sont dans de meilleures conditions pour apprendre. Ce qui contribue ainsi à une égalité des chances un peu plus effective.

Défendre le FEAD qui arrive à échéance en 2020

Julien Laupêtre, président du Secours populaire, a par ailleurs appelé à défendre le fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD), qui arrive à échéance en 2020 et dont le renouvellement n'est pas assuré. "Il ne faut pas baisser la tête et refuser les discours qui consistent à dire que les pauvres sont pauvres parce qu'ils l'ont voulu", a-t-il ajouté.
Face à ce qu’ils constatent des situations de pauvreté en Europe, les Français jugent d'ailleurs durement l’action de l’Union européenne : trois Français sur quatre considèrent que celle-ci ne s’investit pas beaucoup dans la lutte contre la précarité et la pauvreté. Parmi eux, 39% estiment même que ce n’est "pas du tout" le cas, soit 21 points de plus qu’il y a 9 ans (précédent sondage Ipsos - SPF).
En France, neuf millions de personnes, dont trois millions d'enfants, vivent sous le seuil de pauvreté qui s'établit aux alentours de 1.000 euros par mois, selon l'Insee.

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