Salon européen de la mobilité : la LOM ne sera pas connue avant la rentrée

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Louis Nègre, Michel Neugnot et Thierry Mallet lors de l'inauguration des Assises nationales de la mobilité, le 12 juin
© @GART_officiel | Louis Nègre, Michel Neugnot et Thierry Mallet lors de l'inauguration des Assises nationales de la mobilité, le 12 juin

Au Salon européen de la mobilité, qui s'est ouvert le 12 juin, le projet de loi d'orientation des mobilités (LOM) est sur toutes les lèvres. Quasi stabilisé mais loin d'être présenté, le texte doit donner aux collectivités la capacité de pallier la carence de transports dans certains territoires, de libérer l'innovation tout en la régulant et de mieux s'approprier les données pour construire des solutions adaptées aux enjeux locaux.

La première conférence plénière du Salon européen de la mobilité portait le 12 juin sur la future loi d'orientation des mobilités (LOM) qui cristallise toutes les attentes. Ce texte va retoucher d'autres lois (Loti, loi SRU) et redonner du lest aux collectivités : "La LOM n'est pas là pour obliger mais pour permettre", résume François Poupard, de la direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGITM) du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Une LOM encore à l'ombre cet été

Le texte accumule les retards calendaires et doit, selon François Poupard, être soumis début juillet au Conseil d'État. Des arbitrages ministériels sont encore attendus dans les prochains jours. Ce qui reporte à septembre le passage en conseil des ministres. D'ici là les attentes s'expriment, notamment du côté des autorités organisatrices : "Les outils et solutions à leur disposition existent, ils sont sur la table mais souvent de façon très éparse. Apporter de la souplesse aux dispositifs, renforcer le rôle de coordination des régions tout en évitant de trop centraliser, miser sur les solutions efficaces des start-up et réenchanter les gares : la loi doit fixer des règles et donner une boussole là où un grand nombre d'initiatives relèvent pour l'heure du volontariat", espère pour sa part Michel Neugnot, vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté et de la commission Transports de Régions de France.
Côté interco, la gouvernance des mobilités en zone peu dense reviendra naturellement aux communautés de communes tandis que les agglomérations verraient leurs compétences étendues et la région confortée dans son rôle de lieu naturel d'organisation des mobilités, mais aussi des intermodalités en coordination avec les AOM urbaines. Des dispositions viseront à améliorer ce dialogue au sein du couple AOM urbaines-AOM régionales, via de nouvelles instances, lieux d'échanges ou comités opérationnels.

Ne plus subir le changement

Dans les débats qui s'annoncent copieux au vu de la centaine d'articles touchant dans cette loi à de nombreux secteurs, Michel Neugnot invite à ne pas perdre de vue la priorité qui consiste à "repartir des besoins des territoires et à toujours mettre l'usager au centre". La mise à disposition des données sera un autre axe fort de la LOM. "Et c'est fondamental : il faut qu'elles soient disponibles pour que les AO se les approprient et construisent à partir d'elles des solutions adaptées aux enjeux locaux. La bonne réponse face aux géants du numérique se joue dans ces solutions apportées au niveau local, par des plateformes disposant d'une plus fine connaissance des territoires", défend Thierry Mallet, PDG de Transdev et président de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP).
Libérer l'innovation tout en la régulant et en intégrant mieux les nouvelles mobilités : "Le défi est de taille mais j'y crois car nous vivons une époque formidable, les choses évoluent vite et pour une fois les autorités organisatrices ont l'écoute du gouvernement", motive Louis Nègre à la tête du Groupement des autorités responsables de transport (Gart).

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