Architecture de la transformation - Cinq lauréats expérimenteront des projets d'habitat social intégrés à leur écosystème local

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Des serres sur les toits de bâtiments existants dans le parc HLM de Nantes Métropole Habitat
© CLAAS architectes | Des serres sur les toits de bâtiments existants dans le parc HLM de Nantes Métropole Habitat

Quand "habitat social" rime avec "écosystème local". La Caisse des Dépôts et l'Union social pour l'habitat (USH) ont dévoilé, le 16 mai, les cinq bailleurs sociaux lauréats de la seconde édition de l'appel à projets "Architecture de la transformation". Au menu : production locale d’énergie, coconception, coconstruction, autoréhabiliation, utilisation des filières locales de construction et de matériaux, impression 3D, agriculture urbaine...

L'office public de l'habitat (OPH) de Firminy dans la périphérie de Saint-Etienne, le comité ouvrier du logement (COL) dans un bourg de Gironde, Nantes Métropole Habitat, Plurial Novilia à Reims et SIA Habitat dans une cité minière des Hauts-de-France sont les cinq bailleurs sociaux lauréats de l'édition 2018 de l'appel à projets "Architecture de la transformation" de l'Union sociale pour l'habitat (USH) et du Lab cdc, l’incubateur de projets innovants du groupe Caisse des Dépôts.
Les deux partenaires avaient lancé cette seconde édition fin septembre, lors du Congrès HLM de Strasbourg (voir notre article ci-dessous du 2 octobre 2018). Ils donnent aujourd'hui rendez-vous au congrès HLM de Marseille, qui se déroulera les 9, 10 et 11 octobre prochain, pour la présentation à mi-parcours des projets des lauréats.

Neuf mois en incubation

Les équipes lauréates s'apprêtent en effet à entrer en incubation pour neuf mois. Emmenées par un bailleur social, les cinq équipes de maîtrise d'œuvre sont pluridisciplinaires (architectes, urbanistes, bureaux d'études, entreprises, start-up, école d’enseignement supérieur d’architecture…) et toutes challengées par le Lab cdc. Elles bénéficient également d'un soutien financier de la Caisse des Dépôts, de l’USH et de partenaires contributeurs (1), ainsi que de partenaires "institutionnels et experts" (2).
Cette seconde édition avait pour ambition de détecter des projets visant à "renforcer l'ancrage territorial du logement social et son impact sur l'écosystème local". Avec toujours le même principe : expérimenter grandeur nature des réponses "architecturales, techniques et organisationnelles", qui soient "innovantes, concrètes et reproductibles", au service du logement social et intermédiaire.
Pour encourager leur diffusion à large échelle et une appropriation par tous les bailleurs sociaux, le Lab cdc et l’USH mettront à disposition en open source les solutions développées par les lauréats, comme il l'avaient fait pour la première édition.

Un éco-hameau participatif, dans un bourg de Gironde

Le premier bailleur social lauréat de la liste est singulier. Il s'agit du comité ouvrier du logement (COL), une Scic HLM (société coopérative d’intérêt collectif) créée en 1951 pour développer des projets d'autoconstruction coopérative dans l'esprit du mouvement des "Castors". Aujourd'hui il propose, pour revitaliser le centre-bourg rural de Haux (Gironde), l’aménagement et la construction d’un "éco-hameau participatif" composé de logements et d’équipements collectifs. La principale innovation tient dans la méthodologie du projet fondée sur la coconstruction avec les habitants, les riverains, les élus, les acteurs économiques, associatifs, les futurs habitants et "utilisateurs de cet espace". Du point de vue architecturale, le projet réfléchit au concept de "quartier campagnard".

Des serres sur les toits

Le projet "Symbiose" de Nantes Métropole Habitat s'inscrit dans la stratégie "100% toitures utiles de la métropole nantaise à l'horizon 2030". Il vise d'une part à diminuer les charges locatives des habitants du parc HLM, et d'autre part à substituer l'énergie solaire à de l'énergie carbonée. Il consiste en l'installation d'un système innovant de pré-chauffage de l'eau chaude sanitaire dans une serre construite sur les toits de bâtiments existants (notre illustration), datant pour la plupart des années 70. La serre, construite en surélévation, deviendra un repère visuel dans le quartier, une "sorte de phare symbolisant la symbiose entre la nature et le bâtiment". Un "Hack’usages" est programmé fin septembre avec les locataires pour la "définition participative" des usages de ce nouvel espace.

Régénération d'espaces aujourd'hui vacants, via l'autoréhabilitation

Le projet "Régénération Firminy" vise à réduire la vacance dans le parc social d'un quartier de 330 logements habité par une population "socialement fragile". Une partie des logements sera "requalifiée" en espaces "complémentaires mutualisés" dont les usages sont définis avec les habitants dans le cadre d'ateliers participatifs. Les travaux seront réalisés en "autoréhabilitation accompagnée", par des habitants volontaires, dont des demandeurs d'emplois. Ces personnes seront assurées par l'OPH. Elles seront aussi accompagnées et encadrées par des entreprises. Le projet prévoit le recours à de matériaux biosourcés et aux filières locales, et de réemployer des éléments existants récupérables.

Impression 3D de maisons : vers la construction d'un modèle économique

Le projet "Viliaprint" de l'ESH Plurial Novilia (groupe Action Logement) s'intéresse à la technologie de l'impression 3D béton. L'enjeu est de tester sa faisabilité à un stade pleinement opérationnel et reproductible, avec la construction de cinq maisons dans l'écoquartier Rema'Vert situé à Reims. D'un point de vue économique, le projet vise à certifier cette technique de construction prometteuse, à travers un "modèle économique pérenne". Le bailleur a souhaité marquer sa différence avec les "autres approches d’impression de maisons 3D" dans la mesure où, lui, propose "un modèle économique viable, basé sur le transfert de la technologie". "L’ensemble des innovations testées constituera non pas une innovation incrémentale mais une innovation de rupture au sens propre du terme", insiste-t-il.

Une cité minière classée au patrimoine de l'Unesco

La démarche Co&SIA engagé par l'ESH SIA accompagne un grand programme de réhabilitation des cités ouvrières du bassin minier en plaçant l'"habitant au coeur de tout". L'enjeu : "Comment transformer une ancienne cité minière classée au patrimoine de l’Unesco (Ndlr : la cité Pinson, 193 logements) en un lieu attractif, moderne et porteur d’avenir pour ses habitants ?" Trois expérimentations sont prévues durant la phase d'incubation. Le bailleur engagera une réhabilitation thermique différenciée selon les usages des familles (des typologies seront définies à partir d'un panel d'une vingtaine de foyers "représentatifs"). Les jardins ouvriers, dont une grande partie est aujourd'hui laissée à l'abandon, seront transformés en espaces "mutualisés" et "dédiés à de nouvelles pratiques agricoles". Des habitants volontaires se verront proposer une parcelle de jardin. Ils seront accompagnés par un cabinet qui leur enseignera les bonnes pratiques de la permaculture et ils pourront s’organiser pour créer une activité économique .
Enfin, dans les logements, des pièces vacantes pourraient être reconverties en "tiers-lieux thématiques". Un maison entière pourrait également être dédiée à des activités à but lucratif, selon des modalités de gestion définies entre le bailleur et les habitants.
Par ailleurs, un prix spécial a été décerné à la SHLMR (société anonyme d'HLM de la Réunion, groupe Action Logement), qui bénéficiera d’un suivi dédié, en dehors du dispositif d’incubation. Le projet vise à réduire les charges des habitants par la coconception de démarches participatives autour des thèmes de la maîtrise de l’énergie et du développement durable, en utilisant les dynamiques locales.

(1) La Fédération des offices publics de l’habitat, la Fédération des entreprises sociales pour l’habitat, la Fédération des coop’HLM, la fondation Excellence SMA et la Fédération des entreprises publiques locales.
(2) Le ministère de la Transition écologique et solidaire, le ministère de la Cohésion des territoires, le ministère de la Culture, le Puca, l’Ademe, le CSTB et l’AFD.


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