Elus en charge du sport - Marc Sanchez : "On ne peut pas nous ignorer dans un comité de pilotage sur la gouvernance du sport"

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Marc Sanchez, président de l'Andes
© Andes | Marc Sanchez, président de l'Andes

En pleine séquence de réflexion sur la réforme de la gouvernance du sport, l'Association nationale des élus en charge du sport (Andes) organise, ces 24 et 25 mai à La Rochelle, son congrès annuel. Pour Localtis, son président, Marc Sanchez, revient sur les principaux dossiers d'actualité.

Localtis : Quel bilan tirez-vous de l'action de l'Andes depuis votre dernier congrès, il y a un an ?

Marc Sanchez : Nous sommes satisfaits du travail accompli. C'est une masse énorme de dossiers sur lesquels notre équipe travaille aujourd'hui, que ce soit au niveau national, sur la gouvernance du sport, ou des problématiques locales, comme en outre-mer où nous sommes allés plusieurs fois depuis 2016. Nous avons également lancé de nombreuses études sur le sport au féminin, le sport handicap, etc. C'est une année très riche avec des inquiétudes liées aux subventions du CNDS [Centre national pour le développement du sport], aux contrats aidés dans les associations.

Vous venez d'évoquer la gouvernance du sport. Alors qu'une réforme est en cours (lire notre article du 18 mai 2018), quelle est la position de l'Andes ?

La réforme de la gouvernance du sport, nous ne voudrions pas que ce soit une nouvelle grand-messe et que la montagne accouche d'une souris avec des décisions bouclées à l'avance. Nous avons soumis de nombreuses idées pour pouvoir travailler au niveau des collectivités locales, de façon à avancer tous ensemble et non pas en ordre dispersé. Nous souhaitons travailler avec l'Etat et le mouvement sportif, mais il faut vraiment qu'on soit associé à l'ensemble des débats, or l'Andes n'est pas encore prise comme un partenaire important. On nous dit que l'AMF porte notre voix. Oui, nous sommes en convention de travail avec l'AMF, mais aujourd'hui dans le sport, c'est l'Andes qui fait office d'expert. Nous travaillons sur tous les dossiers mais nous ne sommes pas reconnus.

Pendant longtemps, les collectivités locales n'avaient pas de voix délibérative dans les commissions territoriales du CNDS. Le travail de l'Andes avait permis de la leur donner. Craignez-vous que la fin annoncée du CNDS soit un pas en arrière ?

Oui, le combat redémarre… Quand on a besoin de nous, on nous appelle en permanence pour notre expérience et notre diagnostic, mais malheureusement, on ne nous met pas au même niveau que les autres. Et si nous sommes présents dans les commissions [de travail sur la réforme de la gouvernance du sport], nous regrettons de ne pas figurer au comité de pilotage. Or le travail que nous faisons est considérable. Notre structure compte huit permanents qui travaillent au quotidien sur l'ensemble des thématiques et problématiques du sport, avec des résultats intéressants, y compris en termes de solutions.

Plus largement, que pensez-vous d'une nouvelle structure qui remplacerait le CNDS ?

Là encore, on risque de perdre de nombreux acquis. Nous sommes inquiets et pas forcément d'accord avec tout ce qui peut être décidé. On va changer un système, certes à améliorer, mais qui fonctionnait, à un moment-clé où l'objectif est de faire faire du sport à tout le monde et d'aller vers les Jeux olympiques. Il y a des ambiguïtés difficiles à comprendre… Qui va faire quoi ? La loi Notr a fait en sorte de partager la compétence sport et nous essayons de l'organiser à travers notre travail avec France urbaine ou Régions de France. Aujourd'hui, l'Andes, ce ne sont pas que des adjoints au sport, comme cela a pu être dit. Je regrette, mais aujourd'hui l'Andes ce sont aussi des maires, la preuve, j'en suis un [élu de Lavelanet, Ariège, NDLR], des conseillers départementaux, des conseillers régionaux. Nous représentons toutes les strates de collectivités et toutes les villes, de la plus petite à la plus grande, puisque nous avons Paris parmi nos membres. On ne peut pas nous demander d'être au service du sport sans nous inviter à toutes les négociations. Nous sommes également au plus près des associations et des bénévoles. On ne peut donc pas nous ignorer dans un comité de pilotage sur la gouvernance du sport.

Justement, la déclaration du dernier comité de pilotage ne prévoit pas d'établir de relations directes entre collectivités et fédérations sportives ou ligues professionnelles. Or, en matière de normes des équipements, les collectivités sont bien concernées au premier chef…

Les normes sont un sujet qui nous intéresse particulièrement et nous ne sommes parfois pas d'accord avec les décisions prises par les ligues ou fédérations qui imposent aux collectivités leur changement de stratégie sans aucune concertation. Il ne faut pas oublier que ce sont les collectivités qui les financent. Nous voulons donc travailler avec tout le monde, que ce soit ligues, fédérations, mouvement sportif, avant de prendre des décisions. Les communes ne sont pas des vaches à lait. Encore une fois, dialoguons avant de décider quoi que ce soit, on trouvera toujours des solutions dans l'intérêt du milieu sportif, amateur comme professionnel.

Performance de haut niveau et développement du sport pour tous sont les deux objectifs de l'action de l'Etat en matière de sport depuis de longues années. Sont-ils opposés ou complémentaires ?

L'objectif, ce sont les Jeux olympiques mais d'où viennent les médailles ? Elles viennent des territoires. Nous avons la chance à Lavelanet d'avoir une jeune femme qui a été championne olympique [Perrine Laffont, championne olympique 2018 en ski de bosses], issue d'une petite station de sports d'hiver des Pyrénées qui n'aurait pas été à ce niveau-là sans notre environnement. C'est le sport amateur qui fournira les champions de demain. Mais aujourd'hui on ne sent pas de volonté et, si on arrête l'aide au sport amateur en laissant la charge aux seules collectivités, il est à craindre que l'objectif de trois millions de sportifs supplémentaires soit difficilement tenable. C'est bien joli de se fixer des objectifs, mais il faut s'en donner les moyens.

Un mot sur votre congrès 2018. De quoi allez-vous parler ?

Nous allons essayer d'apporter aux élus des informations sur la gestion des équipements au travers du numérique. La Caisse des Dépôts, qui lance une opération sur ce thème, sera présente car nos équipements doivent évoluer dans ce sens. Nous débattrons également du sport-santé, dont tout le monde parle actuellement. Nous aborderons aussi la problématique de la ruralité et du littoral, à travers l'exemple du surf notamment.

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