Numérique - Dans la course à l'innovation, la France pourrait bien jouer la carte européenne

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© fotollia |

Pour ne pas se laisser distancer par les Etats-Unis, la Chine ou encore les Gafa, la France pourrait décider de collaborer étroitement avec ses voisins européens - Allemagne en tête - en matière d'innovation et de numérique. Les sénateurs interrogeaient récemment Delphine Gény-Stephann, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Economie et des Finances, sur la politique industrielle européenne esquissée par le gouvernement. Ils se sont montrés soucieux des limites de la souveraineté nationale en matière de numérique, mais favorables à l'ambition d'une Europe numérique.

A l’heure où s’engage la réflexion sur le numérique dans les zones rurales pour deux députés missionnés par le Premier ministre (voir notre article), tandis que se tenait ce 16 mai la journée nationale de l’inclusion numérique... le gouvernement n’a de cesse de présenter l’outil numérique comme vecteur de cohésion territoriale, voire d’émancipation individuelle. N’est-ce pas cependant fonder beaucoup d’espoirs sur un univers technologique encore mal maîtrisé, sur lequel la concurrence internationale pourrait rebattre les cartes ?  Tel est le fond des débats qui ont animé la semaine dernière les échanges entre les sénateurs et la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Delphine Gény-Stephann, au cours d’une séance parlementaire traduisant de nombreuses inquiétudes quant à la compétitivité de l’Union européenne face aux défis de l’innovation et du numérique.
La France, prise de vitesse par les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), les Etats-Unis ou encore la Chine, pourrait-elle se tourner vers l’Europe pour défendre ses valeurs et sa compétitivité dans la course à l’innovation ?

Inquiétude sur l’intelligence artificielle version française

"Huit, quinze, trente milliards d'euros : ce sont les chiffres de l'investissement européen, chinois et américain en matière d'intelligence artificielle", a par exemple insisté Sylvie Robert, sénatrice d’Ille-et-Vilaine. Face à ces investissements massifs, la secrétaire d’Etat a fait valoir l’adoption imminente du RGPD, "un cadre précurseur sur la protection des données personnelles", un gisement de données structurées et la constitution d’un marché unique numérique. "Du bricolage", selon les sénateurs ayant jugé bien faibles ces arguments. Dans le secteur stratégique de l’innovation, les crédits alloués leur paraissent relever du "saupoudrage", et s’ils accueillent favorablement l’intention du président de la République de faire de la France une start-up nation, les moyens ne suivent pas, estiment-ils. Faut-il dès lors se tourner vers l’Europe, avec par exemple la constitution d’un centre de recherche franco-allemand sur l’IA, comme le souhaite le chef de l'Etat ?

Pour une stratégie industrielle européenne en matière d’innovation

C’est bien la voie choisie par le gouvernement, exprimée par la secrétaire d’Etat : "Face à la Chine ou les États-Unis, une stratégie nationale n'a plus de sens. C'est à l'échelle européenne que nous pouvons créer des écosystèmes de pointe et des champions internationaux." De fait, le continent a de nombreux atouts à faire valoir : une recherche de qualité, un tissu d'entreprises dynamiques, des têtes de filières qui créent de l'activité. Au sommet de Tallinn, en septembre 2017, était décrétée l’intention de faire de l'Europe un chef de file mondial en matière de numérique.
"Nous sommes loin d'une stratégie industrielle européenne", constate pour sa part Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes du Sénat. Certains chantiers pourraient constituer le socle de cette stratégie industrielle européenne : la taxation des géants du numérique (aujourd’hui estimée à 9% de leur chiffre d’affaires contre 23% pour les entreprises traditionnelles), ou bien la cybersécurité, de plus en plus abordée comme une question de souveraineté européenne plutôt que nationale. La Commission européenne a proposé de renforcer la stratégie européenne en matière de cybersécurité en créant un centre de compétences et de recherches européen, tout en étendant le mandat de l'Enisa, l'agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information.
La politique numérique européenne pourrait par ailleurs s’adosser sur un nouveau grand projet dans la lignée d’Airbus ou Ariane : l’achat d’un supercalculateur, d’un coût d’environ 1 milliard d’euros, pour lequel la Commission a proposé un règlement visant à créer une entreprise commune. En ce sens, "le couple franco-allemand est indispensable", estime Jean Bizet, "nous ne pouvons avancer à 27, il nous faut montrer la voie".

Le gouvernement plaide pour un fonds européen d'innovation

Afin que l’Europe se donne les moyens de son ambition en matière d’innovation et de numérique, le gouvernement français espère montrer la voie avec son fonds pour l’innovation de rupture, doté de dix milliards d’euros, et annoncé en début d’année. Il s’agirait de constituer, sur le modèle américain de la puissante Darpa (Defense advanced research projects agency), une agence européenne pour l’innovation de rupture, dotée d’un budget de plusieurs milliards d’euros. Celle-ci pourrait voir le jour dès l’an prochain dans une version de préfiguration, à en croire la secrétaire d’Etat (voir aussi notre article du 27 février). Ce guichet, destiné à financer des projets technologiques de nature à reconfigurer le marché (comme les véhicules autonomes), viendrait compléter des programmes européens comme Horizon Europe (proposé début mai), doté de près de 100 milliards d’euros pour 2021-2027, ou encore le fonds InvestEU, fort de 650 milliards d'euros.

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