Véhicules autonomes : les tests sans conducteur autorisés dès 2019

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© JM Pettina / Caisse des Dépôts 2017 |

A l'occasion de la remise du rapport d'Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire a annoncé ce 14 mai que des expérimentations de ces véhicules sur routes ouvertes et en l'absence de tout conducteur seront possibles sur tout le territoire à partir de l'an prochain.

La France va autoriser les tests de véhicules autonomes sans conducteur sur l'ensemble de son territoire dès 2019, a annoncé Bruno Le Maire ce 14 mai. "La loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, NDLR) prévoira que les expérimentations sur routes ouvertes seront possibles sur tout le territoire français jusqu'au niveau 5 d'autonomie, c'est à dire en l'absence de tout conducteur", a déclaré le ministre de l'Economie, dans un discours à Paris présentant la stratégie du gouvernement sur les véhicules autonomes. Il a souhaité l'adoption de cette loi "avant la fin de l'année 2018 pour que toutes les dispositions soient opérationnelles dès 2019".
De nombreuses expérimentations de véhicules autonomes sont déjà menées sur les routes françaises, mais elles nécessitent des autorisations, sont limitées à certains tronçons, et la législation impose pour l'instant la présence d'un opérateur à bord. Rendant compte de travaux menés par Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, Bruno Le Maire a affirmé vouloir faire de la France "le pays le plus attractif en Europe pour développer ces transformations technologiques" et a promis un "soutien à l'effort de recherche et développement".

Révolution attendue pour les services de mobilité

L'arrivée des voitures autonomes sur les routes constitue une révolution pour les services de mobilité. Elle promet des transports plus sûrs, plus accessibles aux personnes âgées ou handicapées, moins consommateurs d'espace, plus propres et même moins coûteux. Mais elle nécessite des modifications complexes des réglementations existantes, notamment pour redéfinir les responsabilités en cas d'accident ou pour assurer la sécurité des données privées des utilisateurs. Le rapport remis par Anne-Marie Idrac ce 14 mai met aussi en avant le rôle des collectivités. Celles-ci seront associées à la mission d’étude et de concertation sur les enjeux fonctionnels, techniques et économiques de l’interopérabilité et de coordination de la supervision flottes de véhicules automatisés pilotée par le ministère chargé des transports. Le rapport propose également de mettre en place d'ici la fin 2018 une "plateforme de partage d’expériences et de doctrine pour l’exercice
de la maîtrise d’ouvrage, de la délégation de service et de l’achat public de services de transports publics automatisés, entre autorités organisatrices de la mobilité".

Un défi pour la filière automobile

Les véhicules autonomes sont aussi un défi pour les entreprises de la filière automobile qui se retrouvent confrontées à des investissements colossaux tout en devant faire face à de nouveaux concurrents venus des services des transports ou des hautes technologies. La course à l'innovation est mondiale et la complexité des chantiers poussera à des coopérations européennes face à la Chine et aux Etats-Unis. Pour les experts, ces deux pays sont en effet les mieux placés, grâce à leur immense marché et leurs nombreuses sociétés innovantes : Google, Apple, Tesla ou Uber côté américain, face à Baidu (intelligence artificielle), Huawei (télécoms), Didi (services de VTC), Tencent (internet) ou encore Lynk & Co (constructeur automobile) côté chinois.
"Les véhicules autonomes sont "une opportunité (...) qui doit être saisie. C'est aussi une menace pour nos constructeurs si leurs produits accusent un retard technologique", a d'ailleurs souligné lundi la ministre des Transports, Elisabeth Borne. "Nous constituons une 'équipe de France de la mobilité autonome' pour faire de la France un territoire pionnier" dans ce domaine. "Nous sommes prêts aujourd'hui à déployer un programme d'expérimentation à grande échelle", a estimé Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, qui représente la filière. Du côté des constructeurs français, PSA (marques Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) a commencé ses tests en juillet 2015. Il prévoit de commercialiser autour de 2021-2023 ses premiers modèles permettant au conducteur de quitter la route des yeux.
La voiture totalement autonome en toutes conditions n'est certes pas pour demain, mais les constructeurs commencent à mettre sur le marché des aides à la conduite déjà suffisamment évoluées pour que l'ordinateur de bord prenne en partie les commandes dans certaines circonstances, par exemple pour garder ses distances ou doubler sur une autoroute.
Les progrès technologiques permettront d'ici deux à trois ans des systèmes semi-autonomes encore plus avancés, autorisant le conducteur à ne plus regarder la route, toujours dans des situations bien définies. Parallèlement aux voitures individuelles, des navettes électriques entièrement autonomes, exploitées par des entreprises sur des zones bien délimitées, feront leur apparition. Renault prévoit la commercialisation de 15 voitures semi-autonomes d'ici 2022. Il a également présenté au salon de Genève son concept EZ-GO de navette électrique, autonome et partagée, dont il promet une version commerciale pour cette même date. D'autres acteurs français, des start-up comme Navya, ou des équipementiers comme Valeo ou Faurecia, sont également fortement impliqués dans ces innovations.


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