Communication - Au nom de la langue française, Le Grau-du-Roi condamné à abandonner sa marque "Let's Grau"

Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

Ecole de voile dans le port de Port Camargue
© Sylvain Thomas / Rea | Ecole de voile dans le port de Port Camargue

Le tribunal administratif de Nîmes vient de donner un avertissement - à défaut d'un coup d'arrêt - à l'anglomanie qui sévit dans la publicité, y compris celle des collectivités territoriales. En l'occurrence, dans un jugement du 16 mars, la justice administrative a contraint la cité balnéaire du Grau-du-Roi (Gard, 8.500 habitants) à retirer sa marque ombrelle "Let's Grau", lancée pour la prochaine saison touristique.

Un manquement à la loi Toubon

La commune et son prolongement Port-Camargue utilisent en effet la marque "Let's Grau" non seulement pour sa communication (affichage, plaquettes, dépliants...), mais la décline aussi sur un ensemble d'objets : chaises longues, casquettes, T-shirts (chemisettes en bon français)... La ville avait même créé un site dédié www.letsgrau.com, qui semble aujourd'hui hors ligne.
Le jugement du tribunal administratif de Nîmes résulte d'une plainte déposée par l'association Francophonie Avenir. Il s'appuie sur les manquements de la ville à la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite aussi "loi Toubon". Celle-ci prévoit notamment que "dans la désignation, l'offre, la présentation, le mode d'emploi ou d'utilisation, la description de l'étendue et des conditions de garantie d'un bien, d'un produit ou d'un service, ainsi que dans les factures et quittances, l'emploi de la langue française est obligatoire".

En attendant l'appel...

Pour l'association Francophonie Avenir, "après notre victoire contre le logotype 'Research University', de l'université Paris sciences et lettres (PSL), nous montrons que la loi Toubon est applicable et qu'il suffit à chacun de s'inspirer de ces victoires pour faire comme nous : aller devant les juges pour exiger que les anglomanes rendent des comptes et pour voir leur trahison linguistique enfin condamnée". En revanche, le tribunal administratif n'a pas fait droit à la demande de l'association de réparation du préjudice moral, à hauteur de 5.000 euros.
Du côté de la ville, Robert Crauste, le maire (DVG), explique, sur France 3 Occitanie, que "tout est prêt pour cette saison - édition de documents notamment - avec la marque "Let's Grau". Donc je ne souhaite pas et je ne vais pas retirer tous ces documents qui contribuent à l'information [...]. Nous allons aller, avec ces documents et cette marque, au-delà de cette saison". En attendant, la ville a décidé de faire appel de la décision du tribunal administratif devant la cour administrative d'appel de Marseille.


Pour aller plus loin

Lire aussi