Finances locales - Investissement public local : la forte reprise espérée par les élus reste hypothétique

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Pour les experts du groupe Caisse d'épargne, qui tenaient ce jeudi 29 mars une conférence de presse, le risque est grand de voir l'investissement des collectivités territoriales rester à un niveau très inférieur à celui d'"avant la crise".

Malgré un rebond en 2017 qui pourrait se prolonger en 2018, l'investissement public local ne devrait a priori pas renouer avec les niveaux élevés qu'il a connus dans les années 2000, a pronostiqué, ce 29 mars, Alain Tourdjman, directeur des études et prospectives du groupe BPCE. Alors que, ces dernières années, les collectivités ont réduit leurs investissements dans des proportions "sans précédent", elles n'ont pu en profiter pour se désendetter. Au contraire, le poids de la dette publique locale dans le PIB a continué à progresser avant de "se stabiliser" en 2015 et 2016 et baisser de façon "légère" en 2017, a pointé le spécialiste lors d'une conférence de presse. "Les collectivités repartent dans un nouveau cycle avec une situation de l'endettement qui est parmi les plus dégradées qu'elles ont connues", a-t-il diagnostiqué.
En comparaison, la réduction de l'investissement des collectivités territoriales au milieu des années 1990 avait été accompagnée d'une baisse conséquente de leur endettement, a rappelé Jean-Sylvain Ruggiu, directeur secteur public du groupe Caisses d’épargne. Dans une meilleure santé financière, les collectivités territoriales ont alors pu, au cours de la décennie suivante, accroître nettement leurs dépenses d'équipement. Mais, aujourd'hui, les collectivités, dans leur ensemble, ne bénéficient pas d'un tel cercle vertueux. Sous la pression d'un "endettement élevé" et dans un contexte de "tensions sur leurs finances", ne vont-elles pas être conduites à "sacrifier l'investissement", s'interroge Alain Tourdjman.

"Les disparités territoriales risquent de s'accentuer"

"Il y a quelques années", les administrations centrales ont fait ce choix, "le plus facile", indique-t-il. Les contrats triennaux sur les dépenses, que les plus grandes collectivités territoriales négocient en ce moment même avec les préfets, seront probablement déterminants à cet égard : "Y ménagera-t-on des espaces pour protéger l'investissement ?", se demande l'expert de BPCE.
Pour éviter le risque d'une longue atonie de l'investissement, toutes les collectivités n'auront pas les mêmes marges de manœuvre. Les "zones les plus actives économiquement", comme la "façade atlantique", l'ancienne région Rhône-Alpes, l'Ile-de-France et "une bonne partie des métropoles régionales", ont davantage de chance de voir leurs investissements rebondir. Au cours des dernières années, leurs collectivités "ont baissé significativement leurs investissements", en évitant que le niveau de dépense d'équipement moyen par habitant "ne se dégrade trop". Par ailleurs, leur endettement est plus faible et leurs recettes, "corrélées à une croissance qui sera plus forte qu'ailleurs", devraient être dynamiques.
En revanche, dans les "espaces en ralentissement", les conditions de la reprise de l'investissement devraient être moins favorables, parce que leur solvabilité y est moindre. Parmi ces territoires, ceux qui sont à dominante rurale et, plus encore montagneuse, ont pourtant "des besoins d'équipement très supérieurs à la moyenne", a souligné le directeur des études et prospectives de BPCE.


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