Habitat dégradé - Roubaix ouvre les candidatures pour 17 "maisons à un euro" avec (gros) travaux

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A Roubaix, maisons à l'abandon rue Lannes
© F. Crusiaux / Rea | A Roubaix, maisons à l'abandon rue Lannes

Après trois ans d'études sur la faisabilité d'appliquer en France la recette du dispositif "Houses for one pound" de Liverpool, Roubaix ouvre à la vente 17 maison "à un euro". Un euro à l'achat, mais avec l'engagement de mener des travaux dont le coût est, lui, plutôt autour de 1.000 euros du mètre carré. Parmi les critères de sélection, les candidats devront prouver qu'ils seront en mesure de les financer.

L'appel à candidature pour les futurs acquéreurs d'une maison à un euro avec travaux à Roubaix a débuté le 21 mars avec un premier panel de 17 habitations. Ces biens sont actuellement la propriété de la métropole européenne de Lille (MEL), de la ville de Roubaix, du bailleur social Vilogia et de l'établissement public foncier du Nord-Pas-de-Calais.
La ville avait présenté le projet la veille, dans une de ces maisons ouvrières à deux étages du quartier du Pile. Les maisons en vente vont du T2 de 62 m2 au T5 de 126 m2 avec jardin, et ont en commun d'être "dans un état très dégradé", indique le maire Guillaume Delbar. L'opération constitue pour lui "un enjeu stratégique pour (la) ville qui est sous tension avec à la fois 5.000 demandes de logements sociaux non satisfaites et de nombreux logements vacants". C'est aussi un moyen de redynamiser des quartiers, lutter contre l'habitat indigne et la problématique des logements vacants, dont 2.000 sont "dégradés et en situation de blocage", souvent après des conflits lors de successions.

Une sélection opérée selon un système de notation

Les candidats à l'achat ont jusqu'au 31 mai pour déposer leur dossier. Ils seront sélectionnés sur la base d’un système de notations par point. Par exemple, travailler à Roubaix vaut 3 points, travailler sur le territoire métropolitain 2 points, travailler en dehors du territoire métropolitain 1 point. Idem pour le lieu de résidence actuel (Roubaix : 3 points, métropole : 2, hors métropole : 1). Et quoi qu'il en soit, les candidats doivent : être primo-accédant, s'engager à occuper le logement comme résidence principale pendant six ans, être éligible à l'accession sociale à la propriété et être en capacité de financer les travaux correspondant au cahier des charges.
Chacune des maisons est présentée avec la description du projet et des travaux à réaliser, assortie du calcul du prix de revient. Ce prix de revient peut varier selon le niveau des subventions Anah et du mode de réalisation des travaux. Trois options sont ainsi proposées aux acquéreurs : soit les travaux sont intégralement réalisés par des entreprises, soit le gros œuvre est réalisé par des entreprises et l’acquéreur se charge des finitions, soit une partie seulement des travaux est réalisée par des entreprises, l’acquéreur assumant une partie du second œuvre et les finitions.
Ainsi le T4 de 84 m2 avec jardin situé 145 rue Marie Buisine dans lequel la municipalité a présenté le dispositif voit son prix de revient varier entre 77.000 euros et 133.000 euros.

"Ces maisons seront en moyenne 20 % moins chères que leur équivalent sur le marché"

Les acquéreurs devront donc s’engager sur un budget de travaux et sur le recours à un architecte, condition imposée par l’Anah compte tenu des montants concernés. "Les aides de l’Anah seront des aides ordinaires situées entre 25.000 et 30.000 euros, auxquelles s’ajouteront les aides de la ville variant de 7.000 à 10.000 euros. Je pense que nous arriverons à un prix de revient pour l’acquéreur entre 1.000 et 1.200 euros du m2" précise Vincent Bougamont, directeur de la Fabrique des quartiers, l'outil métropolitain à qui la MEL a confié la concession de l'opération. In fine, "ces maisons seront en moyenne 20% moins chères que leur équivalent sur le marché, ce qui en fait un produit très attractif".
L'instruction durera jusqu'à l'automne, avant des ventes programmées début 2019 chez le notaire et le démarrage des travaux.
Selon Guillaume Delbar, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, envisagerait de déployer le dispositif sur "d’autres territoires", aussi bien urbains que ruraux.

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