Sports / Santé - A Bouaye, le caoutchouc du terrain de football synthétique sera remplacé par du liège

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Enlèvement de pelouse synthétique
© Laurent Cerino / Rea | Enlèvement de pelouse synthétique

Le plastique, ça n'est plus fantastique. Tel pourrait être le refrain repris en choeur par les élus de Bouaye (Loire-Atlantique), qui ont décidé de bannir le caoutchouc pour la rénovation de leur terrain de football en pelouse synthétique.
Depuis l'automne 2017, de nombreux articles de presse et reportages télévisés se sont faits le relais d'études mettant en avant les risques sanitaires liés aux granulats issus du recyclage de pneumatiques usagés utilisés dans la fabrication des terrains de sport synthétiques. La ministre des Sports Laura Flessel a été interpellée sur le sujet à l'Assemblée nationale en novembre dernier. Fin février, six ministères – Transition écologique et solidaire, Solidarités et Santé, Economie et Finances, Travail, Agriculture et Alimentation, et Sports – saisissaient l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour lui demander un rapport sur les éventuels risques sanitaires liés à ces pelouses synthétiques.
A Bouaye, en Loire-Atlantique, les interrogations ont débuté plus tôt. Dès le début de 2017, Camille Autrusseau, adjoint au maire chargé du sport, a pu visiter des usines de fabricants de pelouses synthétiques. Le but ? Préparer la réfection du terrain de la commune qui, après quinze ans de bons et loyaux services, nécessitait une rénovation totale. On lui présente alors différents types de remplissage et différents taux de HAP (hydrocarbure aromatique polycyclique), les fameux produits utilisés dans la fabrication de certaines pelouses synthétiques mis en cause par des études.

Principe de précaution

Quand Camille Autrusseau a rendu compte de ses visites aux membres de l'équipe municipale pour proposer les différentes solutions, le contexte avait changé : "Lors de nos premières réunions, raconte l'élu, un article dans la presse sportive venait de sortir et j'avais fait part au conseil municipal de la dangerosité de certains produits, en mettant l'accent sur le manque de visibilité sur le long terme." Pour en savoir plus, l'élu a même écrit à l'ARS (agence régionale de santé), mais sa demande d'informations est restée sans réponse.
Dans l'affaire, le manque d'informations fiables va précisément jouer un rôle important. "Les études américaines citées dans la presse ne portent pas forcément sur les mêmes produits que ceux utilisés dans la fabrication des pelouses synthétiques en France, précise Camille Autrusseau. Quant à l'étude menée aux Pays-Bas, elle n'a pas été faite non plus à partir de billes fabriquées à base de pneumatiques mais à partir de tuyaux ayant servi à transporter du pétrole. Là encore, ce n'est pas le même produit. On se rend donc compte qu'on ne sait pas où l'on va." Aucune étude française n'existant pour l'heure pour regrouper les éléments scientifiques du dossier, le conseil municipal de Bouaye décide de jouer la carte de la prudence en invoquant le principe de précaution : la pelouse synthétique de son terrain de football sera donc remplacée par des granulats issus de produits naturels ne présentant aucun risque potentiel pour la santé.

Un surcoût pour plus de sécurité

Trois produits naturels de remplissage des terrains synthétiques existent actuellement sur le marché : la fibre de coco, un mélange de polyéthylène et de matières premières organiques, et le liège. Si en termes sanitaires, l'avantage est certain par rapport aux produits contenant des HAP, il n'en est pas de même en termes économiques. "La rénovation de notre terrain nous serait revenue à 350.000 euros avec un produit contenant du HAP, précise Camille Autrusseau. La solution que nous avons retenue, avec des billes de liège, revient à 450.000 euros." Pour prendre en charge une partie du surcoût, la commune va présenter une demande de subvention au fonds d'aide au football amateur (Fafa) de la Fédération française de football en mettant en avant le "risque zéro" visé par l'opération.
"Le coût d'un terrain synthétique est finalement élevé, ajoute Camille Autrusseau, mais pour une collectivité, c'est une garantie de pratique par tous les temps. Or notre terrain est fréquenté par des scolaires ainsi qu'un club de football comptant quatre cents adhérents." Surtout, le choix du liège offre l'assurance de pouvoir mettre à disposition le terrain dès le début de la saison, en septembre 2018. En outre, ce choix permet d'éviter une potentielle interdiction de jouer. "Si nous avions choisi un terrain avec billes de caoutchouc et que l'Anses dit dans quelques mois qu'il faut fermer ce type de terrains, cela serait revenu à investir 350.000 euros pour rien", pointe l'élu.
Reste que dans le département de la Loire-Atlantique, où 90 des 108 terrains synthétiques existants contiennent des granulats dérivés de pneus, un surcoût de 100.000 euros par équipement n'est pas à la portée de tous. Pour preuve, la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu a préféré reporter son investissement à 2019. Principe de précaution là encore…

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