Politique de la ville - Les agglomérations et les métropoles alliées de Jean-Louis Borloo


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Jean-Louis Borloo, le 21 mars, entouré des élus de France urbaine et de l'ADCF. De  gauche à droite : Yvon Robert, Anne Terlez, Jean-Luc Rigaut et Jean Rottner.
© V.L | Jean-Louis Borloo, le 21 mars, entouré des élus de France urbaine et de l'ADCF. De gauche à droite : Yvon Robert, Anne Terlez, Jean-Luc Rigaut et Jean Rottner.

L'AdCF et France urbaine organisaient ce 21 mars un atelier de travail avec Jean-Louis Borloo afin de préparer leur futur "Manifeste pour une nouvelle politique de cohésion urbaine". Le document sera inséré dans le rapport que Jean-Louis Borloo remettra au président de la République à la mi-avril. Il marquerait l'engagement de l'intercommunalité à passer à la vitesse supérieure dans le pilotage de la politique de la ville.

Le rapport de mission que remettra Jean-Louis Borloo à Emmanuel Macron à la mi-avril inclura un document singulier : un "Manifeste pour une nouvelle politique de cohésion urbaine" signé du président de France urbaine, Jean-Luc Moudenc, et du président de l'AdCF, Jean-Luc Rigaut.
Pour répondre à la commande du président de la République, l'ancien ministre de la Ville et de la rénovation urbaine compte en effet faire un peu plus qu'un état des lieux des quartiers et qu'une liste de propositions pour améliorer les outils de la politique de la ville. Il veut entraîner tout le monde dans un "changement de paradigme", persuadé que "la discrimination territoriale est un problème qu'une grande nation peut traiter si chacun fait son boulot". Dans cette perspective, le Manifeste viendra montrer au chef de l'Etat que les intercommunalités sont partantes pour prendre les commandes du pilotage des politiques de cohésion urbaine à l'échelle de leur territoire - et jusqu'où elles le sont.

Un système "épuisé, inefficace, émietté, tricheur..."

Un atelier de travail, organisé ce 21 mars à Paris, a réuni une bonne centaine d'adhérents de l'AdCF et de France urbaine, ainsi que quelques institutionnels en observateurs (Anru, CGET...) pour préparer le document fondateur.
Jean-Louis Borloo les a invités à "rêver à mort" en vue de sortir du système actuel qu'il juge "épuisé, inefficace, émietté, tricheur..." (ce qui au passage donne une idée de l'état des lieux qu'il dressera dans son rapport). Il estime que sur les 1.500 quartiers prioritaires de la politique de la ville, 200 sont "au bord du gouffre", 60 sont "dans la fracture" et 15 dans "l'affrontement". Avec un cumul des problèmes (pauvreté, chômage, illettrisme, santé, délinquance et grande mafia, habitat, mobilité...) qui lui fait dire : "Vous êtes le sujet de la cohésion urbaine", "vous êtes l'outil de proximité". Dans son élan, il leur a même demandé de faire "un vrai pacte national, politique" : "un pacte avec la Nation, pas uniquement avec vos territoires (infra-communautaires)", a-t-il précisé.

Un manifeste en cinq pages

Jean-Louis Borloo leur a aussi un peu soufflé le plan du manifeste : "Je verrais bien cinq pages...", a-t-il avancé à la fin de la matinée de travail. En gros : "Page 1 : les agglomérations s'engagent à mettre en place et piloter des projets éducatifs avec des actions sur : .... Nos alliés sont :... Pour y parvenir, les financements de droit commun doivent être de ... euros et les crédits spécifiques de ... euros. On attend de l'Etat : ...".
France urbaine et l'AdCF ont jusqu'au 6 avril, date de la présentation du manifeste à Dijon dans le cadre des journées nationales de France urbaine, pour remplir les trous - notamment à partir des témoignages de la matinée du 21 mars - et décliner l'exercice sur quatre autres thèmes : l'habitat, la jeunesse, le numérique et la lutte contre l'illettrisme. Le tout en distinguant le financement de l'opérationnel (Jean-Louis Borloo y tient beaucoup).
Et sans oublier l'Etat, bien sûr : cette "techno-structure" qui serait "paumée", "désemparée" face à la politique de la ville, assure Jean-Louis Borloo. La question serait dès lors : "Comment peut-on porter, devant l'Etat et avec l'Etat, des politiques opérationnelles ?", ainsi que l'avait mis sur la table Jean-Luc Rigaut en introduction de la journée. Autrement dit : "s'interroger sur le pilotage stratégique et voir ensuite où l'Etat doit intervenir et où on peut faire sans lui". Les témoignages de la salle n'ayant que très partiellement répondu à la question, il reste deux semaines pour affiner les positionnements sur chacun des thèmes et, à chaque fois, pour s'interroger sur les alliés à installer dans la "cabine de pilotage". 

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