Eolien en mer - Le projet de Dieppe-Le Tréport obtient un feu vert "avec réserves" de l'Agence française pour la biodiversité


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L'Agence française pour la biodiversité (AFB) a annoncé ce 20 février avoir donné son feu vert "avec réserves" au projet de parc éolien en mer de Dieppe-Le Tréport (Seine-Maritime). L'avis conforme du Conseil d'administration de l'agence était nécessaire pour la poursuite du projet car la partie nord-est de son périmètre se trouve dans le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale, placé sous la compétence de l'AFB.
En octobre dernier, le conseil de gestion du parc avait rendu un avis défavorable sur ce projet de près de 500 mégawatts qui prévoit l'installation de 62 éoliennes de près de 200 mètres de haut au large du Tréport à partir de 2019, pour une mise en service partielle d'ici 2021.

Projet revu pour réduire l'impact sur l'environnement

Suite à cet avis, le porteur du projet, la société Eoliennes en mer Dieppe-Le Tréport (EMDT) dont l’actionnariat est constitué des sociétés Engie, EDP Renewables et de la Caisse des Dépôts, a informé l'AFB de son souhait de réduire son impact sur l'environnement. Auditionné le 27 novembre dernier, EMDT a notamment proposé de relever de 15 mètres les éoliennes afin de minimiser les risques de collision avec les oiseaux, mais aussi d'arrêter les travaux d'installation des pieux servant aux fondations des éoliennes pendant les 4 mois correspondant à la période de nidification des espèces marines. Le groupe s'est également engagé à utiliser une technique permettant de réduire de 50% le relargage de métaux lourds dans l'eau lié à la corrosion des pieux. Il doit enfin renforcer les moyens du groupe d'intérêt scientifique censé suivre la mise en place de ces mesures, dont le budget passera de 650.000 euros à 8 millions d'euros, avait indiqué en décembre Engie à l'AFP.
Le groupe, qui est en train de développer un autre parc éolien en mer près de l'île de Noirmoutier, s'était inquiété en janvier de l'éventualité d'un avis défavorable de l'AFB qui aurait été "un signal très négatif" pour la filière éolienne en mer française.

L'AFB défend une "position d'équilibre"

"La décision du conseil d'administration est une position d'équilibre, et le résultat d'une vraie concertation avec les différents acteurs", a commenté dans un communiqué le président de l'AFB, Philippe Martin, estimant que les inquiétudes du parc naturel marin avaient été entendues. Ce "nouveau projet" permet "de mieux concilier l'indispensable développement des énergies marines renouvelables et la prise en compte tout aussi indispensable de la préservation de la biodiversité marine", a commenté l'ancien ministre de l'Ecologie, soulignant que les responsables de l'AFB seraient "très vigilants sur la mise en oeuvre des recommandations et réserves".
Ces réserves portent notamment sur "la nécessité de compléter certains suivis pour une amélioration des connaissances des différents impacts" et "la rehausse de plusieurs niveaux d’impacts, notamment pour le déclenchement des mesures : Eviter, Réduire, Compenser (ERC)".

Hostilité des pêcheurs au projet

Malgré les engagements d'Engie, les comités régionaux des pêches maritimes de Normandie et des Hauts-de-France avaient répété la semaine dernière leur opposition à ce parc éolien dans cette zone "la plus poissonneuse de la Manche". Le maire PCF du Tréport, Laurent Jacques, a dénoncé mardi soir sur France Bleu Normandie Seine-Maritime/Eure cette décision. "Les intérêts des locaux et des pêcheurs ont été complètement floués", a estimé l'élu. "Est-ce qu'il y a encore une démocratie en France?", a-t-il ajouté, soulignant l'avis défavorable du parc marin.
L'ONG France Nature Environnement a en revanche salué sur Twitter une "bonne nouvelle pour la transition énergétique", appelant toutefois à mettre en place "une véritable politique de concertation locale".

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