Open Data France dresse l'état des lieux de l'open data local, à six mois de l'échéance réglementaire


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Intervention de Perica Sucevic, directeur adjoint d'Etalab, autour de l'évolution de l'opendata au sein des territoires, à l'occasion de la journée Villes Internet le 8 février
© @Etalab | Intervention de Perica Sucevic, directeur adjoint d'Etalab, autour de l'évolution de l'opendata au sein des territoires, à l'occasion de la journée Villes Internet le 8 février

A l’occasion de la Journée Villes Internet, qui vient chaque année labelliser les villes les plus engagées dans la digitalisation, l’association Open Data France a présenté le bilan de son programme expérimental Open Data Locale visant à accompagner les collectivités dans leur démarche d’ouverture des données prochainement obligatoire pour certaines d’entre elles. “Au-delà de l’obligation légale, c’est une obligation qui a du sens”, estime Laurence Comparat, présidente de l’association et adjointe à la ville de Grenoble.

Un soutien sous forme d'expérimentation en vue de l’échéance d’octobre 2018

En 2015, la loi République numérique fixait le jalon d’octobre 2018 pour l’ouverture des données “par défaut” des collectivités comptant plus de 3.500 habitants. La journée de conférences organisée le 8 février par Villes Internet fut l’occasion de dresser un état des lieux et de dresser des perspectives pour les six derniers mois de préparatifs.
D’après Open Data France, qui anime la mission de sensibilisation et de formation des acteurs territoriaux en la matière, seules 8% des collectivités, parmi environ 4.500 concernées par l’obligation, sont aujourd’hui en mesure de publier des données structurées sur un portail dédié. L’année 2017 a cependant marqué une nette prise de conscience des acteurs territoriaux. 190 collectivités avaient libéré leurs données au 1e janvier 2017, elles sont 111 de plus un an plus tard (+61%), dont 11 régions, 32 départements, 64 EPCI et 183 communes. Open Data France recense par ailleurs 139 collectivités ayant “engagé une démarche open data”, ainsi que 271 “en cours de réflexion”. Un cru 2018 qui s’annonce conséquent, mais insuffisant pour atteindre l’objectif fixé par la Loi.
L’Etalab, principal financeur de l’opération Open Data Locale, se veut rassurant : “Tout ne sera pas ouvert en octobre 2018, mais ce n’est pas une échéance, c’est un jalon”, commente son directeur juridique, Perica Sucevic. Tous les acteurs s’accordent à souligner l’importance de l’accompagnement nécessaire : “On a sous-estimé le temps nécessaire pour sensibiliser les élus et les techniciens”, commente Patrick Rueschmann, directeur du GIP Territoires numériques Bourgogne-Franche-Comté (Ternum BFC).
Les thématiques abordées dans les quelques 23.000 jeux de données ouverts à ce jour reflètent la richesse des réutilisations possibles : elles concernent les territoires (32%), l'administration (28%), la culture, les sports et loisirs (17%), l’éducation et la recherche (10%), ou encore l’urbanisme et le logement (7%).

L’association propose un mode d’emploi de l’ouverture des données

Pour conforter les collectivités dans leurs premières démarches d’ouverture, Open Data France propose un mode d’emploi permettant de cibler les données prioritaires, de préparer les données (choix de la licence open data, normalisation, métadonnées) et de choisir un portail de publication. Fruit d’une expérimentation menée avec 9 territoires (32 animateurs de territoires), cette boîte à outils pédagogique constitue la mise en pratique d’un “socle commun des données locales”, assortie d’outils d’extraction de données simples d’utilisation. Un dossier spécifique permet d’approfondir les aspects juridiques, tandis qu’un serious game est proposé pour former des ambassadeurs de l’open data dans tous les territoires.

2018, l’année charnière de l’open data

Pour aller plus loin, les collectivités envisagent désormais l’automatisation du process extraction - publication. Celle-ci pourrait être favorisée par la libération des données de la commande publique, les marchés générant systématiquement des données. Les expérimentateurs s’attachent donc à élaborer, avec les éditeurs partenaires, des outils de publication automatique afin que les collectivités les moins avancées puissent se concentrer sur leur stratégie de ciblage, en décidant quelle libération de données est souhaitable. Le second challenge est la réutilisation des données, qui fait l’objet par exemple d’un “hackathon permanent” organisé par le GIP Ternum BFC, qui a ouvert environ 200 jeux de données.
De son côté, l’association Open Data France entend poursuivre sur sa lancée, en enrichissant la documentation déjà fournie disponible sur son site, et en perfectionnant les outils de publication ainsi que les programmes de formation proposés aux collectivités. Deux démarches sont engagées en parallèle : le programme Qualidata pour la qualification et l’interopérabilité des jeux de données, financé par le PIA 2, ainsi que l’Observatoire de l’Open Data dans les territoires, dont les résultats de l’édition 2017 seront présentés le mois prochain à la Station F.

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