Fret fluvial - Ports de l'axe Seine : le Grand Paris redonne une bouffée d'air à la vallée

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© HAROPA Ports de Paris © Gennevilliers |

La construction d'infrastructures et de logements du Grand Paris dope la croissance de trafics fluviaux pour l'approvisionnement en matériaux et l'évacuation de déblais. Un constat étayé le 8 janvier par Haropa qui réunit les ports de l'axe Seine, lors d'une présentation de son bilan et des perspectives pour 2018. Rouen, Le Havre et Paris bénéficient de retombées, mais aussi d'autres villes franciliennes en bord de voie d'eau comme Gennevilliers, Bonneuil-sur-Marne ou Bruyères-sur-Oise.

"L'alliance Haropa des Ports de Paris Seine Normandie fonctionne bien, le bilan 2017 par filière le prouve et les choses bougent à l'échelle de l'ensemble de la vallée de la Seine", s'est félicité le 8 janvier le président du GIE et directeur général du port de Rouen, Nicolas Occis.

Reprise des investissements

Une page se tourne, celle d'un lourd effort de modernisation du patrimoine et des accès portuaires, qui a abouti après plusieurs années de travaux à gagner un mètre de tirant d'eau et en niveau de service. Les dysfonctionnements au démarrage du terminal multimodal du Havre, longtemps plombé par un manque de coordination et des problèmes économiques, semblent désormais du passé et Hervé Martel, directeur général de ce port, confirme que cette plateforme tourne bien, que les opérateurs se l'approprient et qu'elle s'impose comme un outil de développement du port. Les trafics progressent, les investissements reprennent : en 2017 et 2018, 500 millions d'euros ont été injectés par les acteurs privés et les ports. A noter, l'approche de la clause de revoyure prévue à mi-parcours des contrats de plan Etat-région (CPER), qui devrait avoir lieu cette année et constitue un jalon important dans les échanges et projets entre ports et régions.

Viser l'avenir

Des marchés de finition des dragages certes se poursuivent - à Rouen surtout - mais on en voit enfin le bout. "A Ports de Paris, l'enjeu est surtout de s'étendre, de gagner du foncier", ajoute sa directrice générale, Régine Brehier. Pour le projet de Port Seine Métropole Ouest (PSMO), la concertation se poursuit et l'enquête publique est prévue à la fin de l'année. Pour l'extension du port de Limay (Yvelines), les travaux ne débuteront pas avant 2019. L'aménagement des accès maritimes devrait aussi faire repartir à la hausse une activité essentielle, les exportations céréalières, génératrice d'emplois et d'excédent commercial (9 milliards d'euros) mais en baisse suite à une mauvaise campagne 2016-2017. Plus de 65.000 emplois sont liés aux trois ports. Autre chiffre, plus de 4,5% des salariés normands travaillent pour les ports du Havre ou de Rouen. La croisière a aussi de fortes retombées pour les territoires. Pour faciliter la vie des bateliers, des bornes d'alimentation électriques vont être déployées avec VNF sur toute la vallée de la Seine. Nouveaux carburants, nouvelles motorisations, démarche Smart Port, "les initiatives liées à l'innovation seront nombreuses cette année en impliquant autorités, acteurs portuaires, douanes et universitaires", liste Haropa.

Modèle économique et fiscalité portuaire

"Autre bonne nouvelle, l'aide à la pince confirmée par le Premier ministre en novembre dernier lors des assises de l'économie de la mer", rebondit Hervé Martel, par ailleurs vice-président de Haropa. L'évolution de ce dispositif de soutien au transport combiné générait des inquiétudes. "Or il est crucial pour accroître le report modal et poursuivre le développement de services de transport combinés ferroviaires et fluviaux", souligne-t-on chez Haropa. Ses dirigeants attendent les résultats de la mission lancée par le Premier ministre pour un "pilotage unifié" et une "plus grande intégration" de l'ensemble des trois ports. Le préfet François Philizot, délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine et conseiller pour le gouvernement, a en charge cette mission et rendra sa copie dans un ou deux mois.

Gouvernance et modèle économique

"En 2018, on s'attend sur ces sujets à de nombreux changements", se prépare Hervé Martel. Sur le plan fiscal, les grands ports vont devoir s'acquitter de l'impôt sur les sociétés. Et la question de la compensation par l'État de la taxe foncière, dont sont exonérés les grands ports maritimes depuis une loi de décembre 2014 modifiant le code général des impôts, va sans nul doute revenir sur le tapis. En effet, le bras de fer avec les élus des communes où sont installés des bâtiments portuaires exonérés de cette fiscalité s'intensifie. Les collectivités peuvent par délibération supprimer cette exonération. La Cour des comptes vient d'ailleurs apporter un éclairage sur cette possible remise en cause de l'exonération dans un rapport sur le grand port maritime de La Rochelle.

Le Grand Paris tire en avant la voie d'eau

L'accord passé en 2013 entre Ports de Paris et la Société du Grand Paris (SGP) pour recourir à la voie d'eau durant la construction du futur métro commence à porter ses fruits et s'étend à d'autres ententes avec la ville de Paris et VNF. Les derniers chiffres sur le fret fluvial de matériaux BTP sont bons (+14%). Pour Haropa, "cela montre l'importance des ports pour répondre aux objectifs de construction du Grand Paris". Outre les approvisionnements en matériaux se pose la question des évacuations de déblais. Ils représentent une quarantaine de millions de tonnes. En sortie des puits de tunnelier, des ports assureront le transbordement fluvial, ce qui évitera des transits par camions. Des installations restent à créer, notamment pour la réception des terres notamment à Bonneuil (Val-de-Marne) et Bruyères-sur-Oise (Val-d'Oise). Selon Nicolas Occis, "ce vaste chantier mobilise l'ensemble des ports de la vallée". Des investissements sont aussi prévus au port du Havre pour valoriser ces déblais. Le port de Rouen étudie aussi des aménagements.
Les effets directs du Grand Paris Express se font donc sentir, et ce n'est qu'un début. "Les perspectives pour 2018 restent positives avec l'accélération du programme des travaux d'infrastructures de transport et un secteur du logement en plein développement", conclut Haropa.

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