Energies renouvelables - L'éolien et le photovoltaïque affichent leur dynamisme


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Alors que le ministre Nicolas Hulot souhaite un changement d'échelle dans la transition énergétique et annonce un quasi-doublement des volumes d'appels d'offres dans le solaire, le baromètre annuel qu'Observ'ER a publié le 9 janvier, en partenariat avec la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), tombe à pic pour prendre la température de ces énergies renouvelables électriques et souligner l'importante prise par les acteurs publics dans cette dynamique. L'éolien affiche une santé de fer. L'hydroélectricité et la géothermie stagnent. Outre un bilan par filière, cette étude fourmille d'initiatives locales et offre un aperçu par région des productions, objectifs et potentiels.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a profité d'une visite le 8 janvier d'installations éoliennes et solaires dans la Sarthe pour détailler des axes d'accélération du déploiement des énergies renouvelables électriques. Une dynamique, un cadre que le gouvernement entend renforcer à l'approche de la révision d'ici fin 2018 de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Le ministre a annoncé un changement d'échelle dans les appels d'offres, "que l'on va quasiment multiplier par deux sur le solaire". "On va changer d'échelle en essayant de rendre acceptable tous ces projets et de sortir d'une position conflictuelle", a-t-il ajouté. Ce message à destination de la filière photovoltaïque conforte ce secteur dans sa quête de compétitivité. Le volume des appels d’offres solaires passera de 1,5 à 2,5 gigawatts par an, et ce dès mars prochain pour les installations sur bâtiment et en juin pour les centrales au sol. "La quatrième période de l’appel d’offres pour les installations sur bâtiments (clôture le 9 mars) portera ainsi sur 200 MW", précise son ministère, qui prend par ailleurs acte de la nette accélération du développement de l’autoconsommation, "avec environ 8.000 projets déclarés en 2016 et 6.000 sur le seul premier semestre 2017".

Année de l'autoconsommation

Un tarif doit être arrêté pour soutenir les petites installations d'autoconsommation, tandis que pour les plus grandes, le soutien passe par de classiques appels d'offres, une politique prédominante en France. "Mais ce sont les régions et collectivités qui ont été parmi les premières à se saisir du phénomène. De plus en plus en quête d’autonomie dans leur politique énergétique, elles ont lancé dès 2015 des appels à projets en autoconsommation d’électricité photovoltaïque. Soit avant la mise en place nationale d’un cadre réglementaire bien défini", resitue Observ'ER dans son baromètre annuel des énergies renouvelables électriques présenté le 9 janvier.
Ce baromètre comprend un focus sur l’autoconsommation d’électricité qui, de "marginale il y a trois ans, est devenue une composante centrale de la filière photovoltaïque", avec, grâce aux technologies numériques, des potentialités jugées "immenses". "Mais ce chamboulement pose des questions, notamment au niveau du financement des réseaux électriques nationaux", prévient Observ'ER. Et des verrous restent à lever. Pour André Joffre, le PDG de l'entreprise Tecsol interrogé par Observ'ER, le principal se trouve "dans l’autoconsommation collective, un secteur où il faut pouvoir échanger de l’énergie sans être limité en aval par un transformateur et qu’une commune puisse par exemple faire circuler son électricité solaire entre les différents bâtiments qu’elle exploite". Selon lui c'est techniquement réalisable… mais la loi ne le permet pas.

L’éolien, ce relais de croissance

La France comptait fin 2017 plus de 49 gigawatts de capacités de production d'électricité à partir d'énergies renouvelables, soit près de 22% de la consommation électrique du pays. "Les efforts des territoires pour mieux prendre en main leur avenir énergétique portent leurs fruits", souligne Pascal Sokoloff, directeur général de la FNCCR. "En 2016, les puissances électriques renouvelables raccordées ont progressé de 6,7 % par rapport à 2015. Sur les trois premiers trimestres de 2017, l’augmentation a été de 3,9%.
L’hydraulique reste la première filière de production d’électricité renouvelable avec un peu moins de 60% du parc. Mais sa capacité totale ne s’accroît pratiquement plus.
L’éolien est le secteur qui a le plus progressé", relève Observ'ER. Il atteint près de 13 GW de puissance installée, représente 16.000 emplois, affirme son rôle de "relais de croissance dans les territoires" mais bute sur des obstacles qui freinent son développement et dont il doit "se débarrasser" afin de monter en puissance. En 2017, une centaine de nouvelles installations ont été mises en service. "La France est parvenue à rattraper le retard pris entre 2011 et 2013 pour désormais pleinement s’inscrire dans la lignée de ses objectifs à fin 2018. La projection de la dynamique actuelle devrait permettre de conclure 2017 sur un volume total de 1.600 MW et un parc total proche des 13.500 MW. Les 15.000 MW d’éolien terrestre ambitionnés à fin 2018 seraient alors tout fait réalisables, à condition que le secteur maintienne son rythme. En revanche, pour atteindre  26 GW en 2023, la cadence devra s’accélérer et passer les 2 GW installés par an, et ce dès 2018", poursuit l'Observatoire des énergies renouvelables.

Retombées des éoliennes

Deux régions - Grand Est et Hauts-de-France - concentrent à elles seules 47% du parc total national. L'observatoire constate que dans les autres, "les puissances raccordées sont réparties de façon relativement équilibrée, hormis pour l’Île-de-France, la Corse, Paca et les DOM, qui disposent chacun de moins de 80 MW. Les plus fortes progressions de puissance depuis début 2017 sont à mettre au crédit des Hauts-de-France (23% de nouvelles capacités raccordées)". Observ'ER souligne le rôle économique de la filière : revenus que la collectivité perçoit à plusieurs niveaux, location de terrains, cotisation foncière des entreprises, etc. Et le fait que l’éolien peut être un relais de croissance pour les territoires "à condition d’être bien renseigné". Ainsi, une éolienne de 2 MW rapporte annuellement près de 20.000 euros aux collectivités territoriales (étude Amorce/Ademe). "Au niveau national, c’est plus de 100 millions d’euros qui sont versés aux territoires, avec comme objectif "d’aller vers une meilleure répartition de l’intéressement fiscal, en donnant une part directement aux communes".

Développement photovoltaïque

Après l'éolien, la filière qui progresse le plus est le photovoltaïque avec 550 MW de raccordements supplémentaires. Observ'ER note un regain de connexions sur le secteur du résidentiel et estime que "les politiques d’appels d’offres commencent tout juste à porter leurs fruits". La région Nouvelle-Aquitaine totalise le plus grand nombre de mégawatts raccordés (1.871 MW), suivie de l’Occitanie et de la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mais en nombre d’installations, c'est l'Auvergne-Rhône-Alpes (63.359) qui se démarque, du fait du développement important dans cette région de petites installations sur toiture. Sur l’efficacité dans ce secteur du dispositif d'appel d’offres, Observ'ER émet une nuance : elle pose question car "pour être sélectionnés certains développeurs proposent des projets aux marges très serrées, voire trop serrées", d'où un fort taux d’abandon par la suite.

Les autres filières

Quant à la filière hydroélectrique, son développement n'est pas de grande ampleur. La PPE projette un parc identique à fin 2018. France Hydro Électricité déplore une révision à la baisse des ambitions pour le secteur qui se traduirait, selon ce syndicat, par une perte d’activité économique pour les territoires. Le renouvellement des concessions des grandes installations (plus de 4,5 MW) a peu avancé et reste un dossier non tranché.
Du côté de la production d’électricité à partir de biomasse solide, Observ'ER recense une quarantaine de centrales en fonctionnement ou en construction. Sont citées les cogénérations au bois installées sur des réseaux de chaleur d'agglomérations (Angers, Rennes, Tours, Lens, Limoges, Orléans). La production électrique à partir de biogaz, souvent issu de centres de stockage de déchets, s'établit principalement dans les régions Île-de-France, Nouvelle Aquitaine, Hauts-de-France et le Grand Est.
Par ailleurs, un point est fait sur l'émergence de la filière des combustibles solides de récupération (CSR) et sa meilleure prise en compte. Pour la géothermie, Observ'Er revient sur la multiplication des projets en Alsace – dont deux en phase de construction dans l’Eurométropole de Strasbourg – mais aussi dans la vallée du Rhône et le Massif central, "même si l’essentiel du développement interviendra à l’export".
Enfin, du côté des énergies marines renouvelables (EMR), "alors que plus de 1.550 MW de puissance en mer ont été installés en Europe en 2016 (…), la France ne dispose toujours pas de la moindre éolienne en mer en service", conclut Observ'Er.

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