Le tourisme fluvial, une ressource encore largement sous exploitée

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© P. Gleizes / Rea |

"Alors que la France est riche de ses fleuves, son offre touristique fluviale gagnerait à être moins atomisée et plus visible". C'est sur la base de ce constat que la direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l'Economie et des Finances et le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) ont organisé, le 28 novembre, un colloque sur le thème "Tourisme fluvial : enjeux et perspectives d'un marché en croissance". Son idée : "co-construire un positionnement identifiable et enrichir l'offre de produits en misant sur l'innovation". Portée par des collectivités territoriales et des entreprises dynamiques, cette filière mériterait "d'être valorisée collectivement".

8.500 kilomètres, mais seulement 500 millions de recettes

A l'occasion de ce colloque, le CGET a publié un état des lieux sur le potentiel du tourisme fluvial français qui, avec environ 8.500 kilomètres navigables, possède l'avantage d'être le plus long d'Europe. Malgré cette ressource, le tourisme fluvial reste encore modeste en France, avec environ dix millions de visiteurs et deux millions de nuitées (l'écart s'expliquant par le poids des excursions à la journée). Il engendre un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 500 millions d'euros, bien loin de l'activité réalisée par exemple sur la seule portion allemande et autrichienne du Danube, qui accueille en permanence plus de 200 bateaux de croisière.
Les bonnes pratiques étrangères étaient précisément l'un des thèmes de ce colloque. Occasion d'évoquer un autre exemple très réussi, celui du Mékong, où les six pays traversés par le fleuve (Chine, Cambodge, Laos, Birmanie, Thaïlande et Vietnam) ont mis sur pied une stratégie touristique commune, revue tous les ans et portée par le Mekong Tourism Coordinating Office.

Vers un cluster fluvial au sein d'Atout France ?

Du côté de la France, l'étude de la DGE met plutôt en évidence les nombreux points faibles : escales sous équipées, offre centrée sur les bateaux plutôt que sur les escales, flotte locative vieillissante, absence de promotion des destinations et des pratiques...
Selon la DGE, la réponse à ce constat d'échec - au regard du potentiel - passe d'abord, comme d'habitude, par une clarification du "qui fait quoi". Alors que six pays aux systèmes politiques très différents arrivent à développer une stratégie commune, la France se perdrait dans une multiplicité d'initiatives dispersées et, par conséquent, de faible impact.
La DGE préconise donc - sans toutefois en expliquer les modalités - la mise en place d'un cadre opérationnel plus lisible. Elle recommande également diverses mesures susceptibles de "déverrouiller" le secteur et de lui donner davantage de visibilité : création d'un cluster fluvial au sein d'Atout France et d'un incubateur pour favoriser les projets innovants, création d'une marque fluviale sur le portail france.fr ou encore mise sur pied d'un label qualitatif garantissant aux touristes le degré et la qualité des équipements des escales.
 


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