Tourisme - Pour atteindre les 100 millions de touristes, encore faudrait-il qu'il y ait des hôtels...


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Lorsque Jean-Yves Le Drian a présenté sa méthode pour atteindre les 100 millions de touristes internationaux et les 50 milliards d'euros de recettes à l'horizon 2020 (voir notre article ci-dessous du 23 novembre 2017), il n'a pas évoqué la question des capacités d'hébergement. Il s'agit pourtant d'accueillir 17 millions de touristes supplémentaires en trois ans... Or, si les hôtels sont loin de constituer le seul mode d'hébergement, ils jouent néanmoins un rôle essentiel dans l'accueil de la clientèle touristique internationale. En outre, la question risque de se poser avec d'autant plus d'acuité que se profilent un certain nombre de grands événements : Coupe du monde de rugby, JO de 2024, exposition universelle...

Une perte nette de 200 hôtels en 2016

Malgré cette pression sur les capacités d'hébergement, une étude du réseau In Extenso - filiale du cabinet international Deloitte, spécialisée dans le tourisme, la culture et l'hôtellerie - montre que la capacité hôtelière de la France ne cesse de diminuer.
Au début de 2017, la France métropolitaine comptait ainsi près de 17.200 hôtels, dont les trois-quarts étaient homologués, offrant une capacité d'environ 637.500 chambres. Ce nombre de chambres traduit une diminution de capacité de 0,1% par rapport à l'année précédente. De même, les créations, disparitions et remises en marché d'hôtels observées en 2016 se sont soldées par un déficit de 200 établissements sur un an. Ce résultat s'explique par la conjonction de la disparition d'environ 450 hôtels en 2016, représentant 8.400 chambres, pour partie seulement compensée par la création de 132 hôtels (environ 5.600 chambres) et par la remise sur le marché d'environ 120 hôtels après restructuration ou rénovation (2.400 chambres).
L'étude d'In Extenso souligne que "la tendance n'est pas nouvelle, mais elle s'est amplifiée depuis 2014 en raison d'une recrudescence des disparitions d'hôtels". Et cela malgré un sursaut en 2015. Le résultat de 2016 présente toutefois des contrastes géographiques : l'Ile-de-France (25% de l'offre métropolitaine) et les grandes métropoles régionales continuent d'afficher un solde positif, tandis que le reste de la France métropolitaine voit son offre reculer.

L'investissement touristique se redresse, mais pas pour les hôtels

Pourtant, dans un communiqué du 8 novembre annonçant la parution du "Tableau de bord des investissements touristiques - Actualisation à 2016 et prévisions 2017", Atout France confirmait la reprise amorcée en 2016 avec 12,6 milliards d'euros prévus pour cette année. Atout France observe ainsi qu'"alors que le rebond de la fréquentation touristique internationale se renforce, la reprise de l'investissement est également au rendez-vous avec +0,8% l'année dernière, et +1% en 2017". Le problème est que cette reprise globale de l'investissement touristique ne se fait pas vraiment sentir dans le secteur de l'hôtellerie. Celui-ci affiche en effet 2,60 milliards d'euros d'investissement en 2016 et 2,54 milliards en 2017, contre 2,68 milliards en 2015.
En outre, une partie de ces investissements correspond à des opérations capitalistiques (rachat d'hôtels ou de chaînes, prises de participation...) ou à des rénovations lourdes, qui améliorent la qualité de l'offre française, mais n'ont pas d'effet sur la capacité d'hébergement.


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