Etat de l'école 2017 - Le défi persistant des inégalités scolaires


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© S. Lambert Haytham-Rea |

15,6 millions d’élèves en 2016, une dépense de 149,9 milliards d'euros prise en charge à 57,3% par l'Etat et à 23,7% par les collectivités territoriales : "L'état de l'école" 2017 est sorti. La Depp constate que, malgré l'effort conséquent de la nation, les inégalités sociales se maintiennent.

L'édition 2017 de "L'état de l'école" est parue en ce mois de novembre. La Depp (direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) du ministère de l'Education nationale y confirme la tendance qu'elle avait déjà observée les années précédentes : "L’effort de la nation est important et il s’est traduit par une forte élévation du niveau de qualification, sans toutefois parvenir à diminuer les inégalités, en particulier celles liées à l’origine sociale, ni à réduire les écarts des élèves en grande difficulté scolaire."
A la rentrée 2016, on comptait 15,6 millions d’élèves, d’étudiants et d’apprentis en France, soit 109.000 élèves de plus que l'année précédente. Parmi eux : 6,8 millions dans les écoles du premier degré, 5,6 millions dans le second degré, 2,6 millions dans l'enseignement supérieur et 417.600 dans les centres de formation des apprentis.

Les collectivités financent 36% du premier degré, 21% du second degré et 11% de l'enseignement supérieur

L'ensemble du système éducatif ou encore la dépense intérieure d’éducation (DIE) (1) a coûté 149,9 milliards d'euros en 2016, soit 6,7% du produit intérieur brut. Cette dépense a été multipliée par 1,9 depuis 1980. En 2016, elle est prise en charge à 57,3% par l'Etat - qui rémunère 1,1 million de personnes dont 80% d'enseignants -, à 23,7% par les collectivités territoriales et à 7,7% par les ménages.
La dépense d'éducation du premier degré s'est élevée à 49,3 milliards d'euros ; les collectivités, principalement les communes, en ont financé 35,8% (soit 17,7 milliards) dont 26,6% pour la rémunération du personnel non enseignant. La part des collectivités dans le financement du second degré est moins importante : 21,3% d'une dépense de 58,7 milliards d'euros (soit 12,5 milliards). Cette part n'était toutefois que de 15,5% en 2006, à la veille d'un nouveau transfert de compétences aux départements et aux régions. Quant à la dépense d'éducation pour l'enseignement supérieur, elle s'est élevée à 30,3 milliards d'euros en 2016 et a été prise en charge à 67,9% par l'Etat et 11,1% par les collectivités.
A noter que, concernant la formation continue (2), le rapport s'inverse : les collectivités locales prennent en charge 23,9% d'une dépense de 14,8 milliards d'euros et l'Etat 9,6%, les entreprises en finançant près de 50%.

En REP+, 19% des élèves entrent en collège avec du retard, ils sont 8,5% hors éducation prioritaire    

Au chapitre dédié à l'éducation prioritaire, plusieurs indicateurs témoignent des inégalités sociales et territoriales. Les écoles et collèges des réseaux d'éducation prioritaire accueillaient en 2016 20% des élèves du public – 7% en REP+ et 13% en REP. Les trois quarts des collégiens de REP+ et 60% en REP avaient des parents ouvriers ou inactifs, contre 38% dans les autres établissements publics. A l'entrée au collège, 19% des élèves de REP+ et 15,4% des élèves de REP avaient au moins un an de retard, contre 8,5% hors éducation prioritaire.
Ces inégalités se retrouvent par la suite sur le niveau d'études. Pour la dernière génération, 81% des enfants de cadres, professions intermédiaires ou indépendants ont obtenu le baccalauréat, contre 58% des enfants d'ouvriers et d'employés. Les premiers sont ensuite "bien plus nombreux" que les seconds à "posséder un diplôme du supérieur" : 57% contre 32%, parmi les jeunes ayant achevé leur formation initiale entre 2013 et 2015.

En 2016, trois ans après leur sortie du système éducatif, 50% des jeunes non-diplômés étaient au chômage

La Depp montre enfin que l'insertion professionnelle des jeunes sortis du système éducatif en 2013 ne s'est pas réellement améliorée par rapport à la situation des jeunes sortis en 2010, "malgré une élévation sensible du niveau de diplôme et un contexte conjoncturel plus favorable". En 2016, les non-diplômés, en particulier, "restent aux marges de l’emploi", avec un taux de chômage de près de 50%, "supérieur de plus d’une vingtaine de points aux niveaux observés pour les générations qui se sont insérées avant la crise". Trois ans après la fin de leur parcours, 28% des détenteurs d'un CAP-BEP, 17 à 20% des bacheliers (selon le bac) et 10% des diplômés du supérieur étaient également au chômage en 2016.

(1) La dépense intérieure d’éducation agrège toutes les dépenses effectuées par l’ensemble des 
agents économiques pour les activités d’éducation : enseignement, organisation du système éducatif (administration générale, orientation, documentation pédagogique et recherche sur l’éducation), restauration et hébergement, médecine scolaire, transports et dépenses demandées par les institutions (fournitures, livres, habillement).
(2) Le champ de la formation continue est plus restreint pour le compte de l’éducation qui ne prend ni l’apprentissage, ni la rémunération des stagiaires,
ni les exonérations de charges afférentes aux contrats en alternance comme dépenses de formation continue. Ainsi, le compte de la formation professionnelle de la Dares (ministère du Travail) s’élève en 2014 à 31,6 milliards d’euros.


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