Congrès des maires - Nicolas Hulot solidaire des élus

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© @CongrèsdesMaires |

En conclusion du débat sur le changement climatique, qui ouvrait le 100e Congrès de l'Association des maires de France (AMF) ce 21 novembre, le ministre de la Transition écologique et solidaire a insisté sur le rôle clé des territoires dans la mise en oeuvre des actions découlant du plan Climat. Et tenté de rassurer les élus, notamment sur le financement des projets portés par les territoires à énergie positive. 

Il y a trois ans, Nicolas Hulot, alors envoyé spécial pour le climat de François Hollande, était venu conclure la première conférence plénière du Congrès de l’Association des maires de France en appelant les élus à redoubler d’efforts pour le développement durable. Ce 21 novembre, c’est en tant que ministre de la Transition écologique et solidaire qu’il est intervenu à la fin du premier grand débat de ce 100e congrès qui avait pour thème "Changements climatiques et catastrophes naturelles : comment réduire la vulnérabilité des territoires ?". Sans cacher la difficulté de sa tâche. "Je suis au ministère de la Transition écologique et solidaire. Parfois j'ai envie d'y associer 'et solitaire'", a-t-il dit en forme de boutade.

"Des remparts face aux aléas climatiques"

"Vous avez raison, l'Etat doit être garant de sa parole. Il doit être prudent des paroles qui l'engagent", a-t-il déclaré devant les maires, soucieux notamment de calmer la polémique déclenchée par sa circulaire sur le financement des projets engagés dans le cadre des conventions sur les territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). "La relation de confiance pour conduire mes politiques a été un peu ébranlée, a-t-il reconnu. Il faut que je la rétablisse. Sans vous je n’ai aucune chance de mettre en œuvre mes ambitions." "Nous devons faire de nos communes et de nos territoires des remparts face aux aléas climatiques et transformer ce qui peut être vu comme des contraintes en opportunités", a poursuivi l’ancien militant écologiste devenu ministre. "Soit on y va à fond, soit nos chances de succès sont minimes. Il n'y a que l'ambition qui marche", a-t-il martelé.
Le ministre a cité à l’appui de ses propos plusieurs types de mesures comme le plan d’économies d’énergie dans le bâtiment qu’il co-présentera avec Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, ce 24 novembre. "Nous avons toujours cet objectif de 50% dans la restauration collective de produits de qualité, de proximité, bio", a-t-il aussi affirmé.

Vers une grande consultation sur la politique de l'eau

Dans le domaine de l’eau, il a tenu à rappeler que les nouvelles mesures issues de la loi Notr entreraient bien en vigueur aux échéances prévues – la gestion de l’eau et des milieux aquatiques (Gemapi) au 1er janvier 2018 et le transfert des compétences eau et assainissement aux intercommunalités au 1er janvier 2020. "C’est un défi mais c’est aussi un choix de cohérence, a appuyé le ministre. L’eau est la ressource la plus précieuse et la plus menacée. Ces nouvelles dispositions sont la reconnaissance que l’intercommunalité est l’échelon le plus pertinent pour piloter les politiques qui lui sont attachées et plus de la moitié des communes ont déjà transféré leurs services d’eau et d’assainissement au niveau intercommunal." Nicolas Hulot a aussi annoncé le lancement au deuxième trimestre 2018 d’une grande consultation avec les élus "pour faire évoluer la politique de l’eau par rapport à la transition écologique et solidaire".

"New Green Deal" à venir

Concernant les TEPCV, la nouvelle circulaire aux préfets prévoyant d’affecter 75 millions d’euros en 2018 aux territoires ayant engagé leurs projets "a été signée hier soir", a-t-il précisé. Dans le cadre du plan Climat du quinquennat, qui a été présenté début juillet, le chantier commande publique reste à lancer pour accompagner les entreprises qui innovent, a-t-il poursuivi. Il présentera dans ce cadre au cours du premier trimestre 2018 un "New Green Deal" axé notamment sur le renouvellement des infrastructures, la mobilité quotidienne et les énergies renouvelables. "La transformation écologique est sociétale et elle peut inquiéter mais la fenêtre d’opportunité se réduit de jour en jour et il est important de se rassembler", a-t-il soutenu en insistant sur la dimension solidaire des actions à mettre en œuvre.

Des territoires qui s'adaptent

Avant l’intervention du ministre, la question de l’adaptation des territoires à l’évolution du climat était au cœur des échanges. Le climatologue Robert Vautard, directeur de recherche au CNRS et membre du Giec, a prévenu les élus : le changement climatique est bien là et la montée des événements extrêmes - vagues de chaleur, sécheresse, cyclones, ouragans, inondations - inéluctable. "Deux défis nous attendent : limiter l’ingérable et gérer l’inévitable", a-t-il souligné. Or, les normes actuelles ne prennent pas toutes en compte ce changement. "Nous constatons déjà qu’au niveau des crues, les risques actuels sont plus élevés qu’au cours des 50 ans qui nous précèdent, a-t-il poursuivi. Tous les responsables au niveau des territoires doivent s’emparer de ces projections futures."
En la matière, de nombreux élus ultramarins régulièrement confrontés à des épisodes extrêmes ont déjà déployé des stratégies d’adaptation. "La pêche est notre première activité économique et nous avons la plus grosse flotte de Guadeloupe. Pour nous, il est primordial de travailler à la mise en place d’une zone de cantonnement pour protéger nos ressources", a témoigné Jean-Claude Pioche, maire de La Désirade et président de l’association des maires de Guadeloupe. En Polynésie aussi, la fréquence des cyclones, tsunamis et autres phénomènes de houle obligent les élus à trouver des solutions pour mieux protéger les populations. "Du fait de notre autonomie, nous sommes compétents pour décider des règles d’urbanisme et nous nous sommes adaptés. Plus de la moitié des constructions des îles basses disposent ainsi d’abris anti-cycloniques, a expliqué Gaston Tong-Sang, maire de Bora-Bora. Notre économie repose sur le tourisme et nous avons aussi construit nos hôtels sous forme de bungalows sur pilotis, adaptés à la montée des eaux qui rappellent les techniques utilisées par nos ancêtres, avec des couvertures végétales qui n’offrent aucune prise aux vents violents."
En métropole aussi, l’adaptation est en marche et peut même servir de fil conducteur au projet urbain. Mohamed Gnabaly, maire de L’Ile-Saint-Denis (93) et rapporteur de la commission environnement et développement durable de l’AMF, a relaté l’expérience de sa commune située sur un territoire à fort risque d’inondation. "Notre projet consiste à créer un îlot de fraîcheur dans un océan métropolitain. Nous avons par exemple aménagé un tiers d’espaces verts sur 1,7 km2 et aménagé les berges de la Seine pour les réserver aux mobilités douces, installé trois fermes urbaines. Grâce à cette approche systémique du développement durable, nous cherchons à la fois à prévenir les inondations et à contribuer à la réduction de la hausse des températures."
"Il faut que nos comportements soient plus préventifs que la loi ne l’impose, estime André Flajolet, maire de Saint-Venant (62) et président de la commission environnement et développement durable de l’AMF. L’Etat a un devoir de soutien. Face aux enjeux du changement climatique, nous avons besoin du couple réel Etat garant-collectivités gérantes."

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