Congrès des maires - Police de sécurité du quotidien : attention à ne pas "charger la mule" des mairies

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© EZ |

Alors que la mise en place de la police de sécurité du quotidien va se faire à moyens constants, certains maires craignent que l'Etat ne se défausse sur eux. Comme l'a illustré la rencontre sur la sécurité organisée le 21 novembre, dans le cadre du 100e Congrès des maires, à Paris.

Avec la future police de sécurité du quotidien, "il ne s'agit pas de la création d'une police spécifique mais d'un approfondissement de nos missions", explique à Localtis Pascal Lalle, directeur central de la sécurité publique au ministère de l'Intérieur,  en marge d'une rencontre sur la sécurité organisée le 21 novembre, dans le cadre du 100e Congrès des maires, à Paris. Cette police, qui sera mise en place par expérimentation début 2018, poursuit trois objectifs, détaille-t-il : remettre "l'usager citoyen" au cœur de la police, développer une "démarche de résolution de problèmes" en développant des stratégies d'actions, et développer les partenariats avec les polices municipales et la sécurité privée. "Partenariats" : ce mot suscite autant d'attentes que d'inquiétudes chez les élus. "L’attente des maires, c’est que l’Etat joue pleinement son rôle, qui a reculé au cours des dernières années en matière de sécurité", a averti Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, président de la commission Sécurité de France urbaine, lors de cette rencontre. "Il ne faut pas que la création de la police de sécurité du quotidien conduise l’Etat à se défausser sur les maires", a-t-il insisté. Car pour l'élu, la montée en puissance des polices municipales ces dernières années a principalement répondu à la baisse des effectifs dans la police et la gendarmerie.

"Crise de confiance"

Gaël Perdriau s’inquiète que l’exécutif "charge la mule des collectivités" et que "la police nationale ne déporte certaines de ses missions vers les polices municipales". Pour lui, la "crise de confiance" entre l’Etat et les collectivités concerne aussi "les questions de sécurité". Pascal Lalle a expliqué qu'il fallait travailler sur la "complémentarité". "Il y a beaucoup de sites où cela fonctionne bien, il faut aller plus loin dans la répartition des tâches et la remontée d'informations par rapport aux besoins des citoyens en matière de sécurité", a-t-il signalé.
Ces démarches seront accompagnées par une montée en puissance des effectifs de la police. Le recrutement de 10.000 policiers et gendarmes est ainsi prévu durant le quinquennat. Un objectif qui doit être réalisé dans les trois premières années. Mais cette promesse du président de la République risque de prendre du temps, comme l'a souligné Gaël Perdriau : "Seuls 1.800 postes sont financés dans le projet de loi de finances pour 2018."

Missions des agents de sécurité privée

Autre interrogation des maires : la coopération recherchée avec les entreprises privées de sécurité. Ces entreprises prennent de plus en plus de place dans le paysage de la sécurité, notamment depuis les attentats. "Leurs effectifs atteignent 160.000 soit davantage que dans la police nationale ou la gendarmerie dont les effectifs se chiffrent autour de 110.000 et bien plus encore que les policiers municipaux qui sont environ 20.000", a signalé Roger Vicot, maire de Lomme, co-président du groupe de travail Prévention de la délinquance et de la sécurité de l'Association des maires de France (AMF). Or le rôle de ces agents de sécurité privée n'est pas totalement clair. "Il y a un flou juridique autour de leurs missions, est-ce qu'ils peuvent ou non avoir une surveillance itinérante sur la voie publique ?", a ainsi demandé Michel Veunac, maire de Biarritz. "Au cours de l’année 2016, les préfets ont délivré environ 600 dérogations permettant à des agents de sécurité privée d’intervenir sur la voie publique", a répondu François Giéré, directeur des opérations et de l’emploi à la DGGN. Mais pour Pascal Lalle "les compétences de ces agents restent limitées aux sites qu'ils doivent protéger". "La concertation en cours sur la police de sécurité du quotidien peut permettre de faire évoluer le droit sur ce point", a-t-il indiqué. Depuis un peu plus d'un an, des conventions locales de coopération sont signées entre les entreprises privées et la police. "Nous en sommes aux premiers balbutiements, a précisé Pascal Lalle. Grâce à une professionnalisation de ces entreprises et une exigence de formation, elles vont pouvoir travailler davantage et mieux s'adapter à la gestion des risques."

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