Le Centre-Val de Loire, première région à lancer son conseil régional du numérique


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Confèrence de lancement, le 10 novembre, du conseil régional du numérique en présence du secrétaire d'Etat en chargé du numérique et de François Bonneau, président de région
© @Prefet45_Centre | Confèrence de lancement, le 10 novembre, du conseil régional du numérique en présence du secrétaire d'Etat en chargé du numérique et de François Bonneau, président de région

En gestation depuis un an, le conseil régional du numérique de la région Centre-Val de Loire a tenu sa première séance le 10 novembre. En rassemblant de manière régulière des entrepreneurs et des acteurs de l'écosystème numérique régional, le Centre-Val de Loire souhaite profiter d'un regard nouveau sur ses politiques et d'une capacité d'analyse prospective sur les transformations que celles-ci devront traverser dans les prochaines années. Dans une région très rurale, qui compte plusieurs pôles numériques dynamiques avec au total 20.000 emplois dans ce secteur, le CR'Num est l'occasion de créer des routines de travail communes et d'appuyer la nouvelle stratégie régionale des usages et services numériques, qui fait la part belle à la réduction des fractures territoriales.

Le Conseil national du numérique (CNNum) a donc maintenant un petit frère : le conseil régional du numérique de la région Centre-Val de Loire, ou CR'Num, dont la première séance s'est tenue le vendredi 10 novembre. "La mise en place de cet espace de discussion fait suite aux états généraux du développement économique et de l'emploi de 2016, dont une étape avait porté sur le numérique", précise Pierre Commandeur, conseiller régional délégué à l'économie numérique. "Nous avons ensuite organisé plusieurs rencontres avec les membres pressentis du CR'Num, pour co-construire ensemble leurs futures missions". En outre, via une plateforme de concertation en ligne, 1.500 personnes ont contribué à l'émergence d'une stratégie numérique locale à partir de la mi-2016.

Penser la transformation numérique des politiques régionales

Tout comme son grand frère, le CR'Num pourra être sollicité pour publier des avis, et pourra également s'auto-saisir. Le conseil disposera d'un secrétariat assuré par la région, qui pourra élaborer les synthèses des travaux. "Nous souhaitons capitaliser sur l'expertise de l'écosystème numérique régional pour penser la transformation numérique de nos politiques", observe Pierre Commandeur. "La région a des responsabilités grandissantes en termes de transport, ou encore d'enseignement, que la révolution numérique va forcément affecter."

Fédérer l'écosystème numérique local

Parmi les experts présents au CR'Num, on compte des expertises diverses, issues du monde des start-up ou de l'enseignement, mais aussi de territoires différents. Anna Stepannov, de la Wild Code School, est ancrée en Eure-et-Loir, quand Isabelle Carlier, de Bandits Mages, représente l'écosystème créatif berrichon. Entre les deux, des entrepreneurs d'Orléans et de Tours, les deux poumons économiques régionaux. On compte par exemple Sébastien Forest, fondateur d'Allo Resto et originaire de Tours. "Notre territoire est polycentrique, et les écosystèmes numériques s'organisent pour l'essentiel à l'échelon intercommunal. Le CR'Num a déjà permis de créer des connexions, et va donner envie à des milieux et des réseaux divers de travailler ensemble", note Pierre Commandeur. Dans une région aux dynamiques contrastées, le numérique se présente comme un levier pour faire émerger des identités communes.

Une stratégie régionale des usages et services numériques

Si le CR'Num de la région Centre-Val de Loire fait son apparition en cette fin d'année 2017, c'est aussi parce qu'il vient appuyer la mise en place d'une stratégie régionale des usages et des services numériques, votée dès juin 2017. Un tel document faisait partie de la boîte à outils proposée, fin 2016, par la loi Lemaire pour inciter les collectivités à diversifier leur approche du sujet numérique, après plusieurs années centrées sur les déploiements des des réseaux de fibre optique.
La région Centre-Val de Loire préparait sa démarche dès avant la promulgation de la loi et a forgé une méthodologie singulière. "Des sept enjeux numériques que nous avons identifiés, le premier porte sur le cadre éthique et les valeurs de notre démarche", rappelle Pierre Commandeur. En ligne de mire, la protection des données personnelles et la réduction de la fracture numérique, deux thèmes qui désormais font de plus en plus consensus au niveau national. La région relance un appel à projets dédié aux espaces publics numériques, après une première mouture qui n'aura pas permis de quadriller l'ensemble du territoire, pour l'essentiel très rural. Pour aller toucher les usagers les plus enclavés, la région prépare le lancement d'un espace public numérique mobile expérimental, pour 2018. Le ministère de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, aurait été séduit par le concept, et cet EPN du troisième type pourrait être labellisé "maison de service au public" (MSAP), avec le soutien du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET). Le développement de lieux numériques ne touche pas que le Centre-Val de Loire ; c'est une tendance émergente au sein de très nombreuses politiques régionales. Nouvelle Aquitaine, Ile-de-France, Hauts-de-France, Occitanie... autant de territoires qui ont mis le cap vers une labellisation des tiers-lieux via des appels à projets.

Des efforts financiers tournés vers les infrastructures

La stratégie régionale bénéficiera de 30 millions d'euros de financement dans un premier temps. Mi-2016, François Bonneau, président de région, avait également annoncé le lancement d'un fonds d'investissement doté de 21 millions d'euros en faveur des jeunes pousses régionales, financé aux deux tiers par les banques locales et appuyé par les deux métropoles régionales et l'Europe. Ces budgets sont à mettre en regard avec les investissements pour les infrastructures numériques locales : au service des réseaux d'initiative publique, la région avait voté 173 millions d'euros de crédits.

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