Ouragan Irma - Le gouvernement annonce de nouvelles aides pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy


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Edouard Philippe à Saint-Martin le 6 novembre 2017
© Helene Valenzuela / AFP | Edouard Philippe à Saint-Martin le 6 novembre 2017

A la suite du déplacement de trois jours d’Edouard Philippe et de plusieurs membres du gouvernement aux Antilles, Annick Girardin a présenté ce 7 novembre une communication en conseil des ministres sur la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, deux mois après le passage de l’ouragan dévastateur Irma.

A la suite du déplacement du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement du 4 au 6 novembre aux Antilles, la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, a présenté lors du conseil des ministres ce 7 novembre une communication sur la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, deux mois après le passage de l’ouragan dévastateur Irma.
La ministre a d’abord dressé un état des lieux. Tous les établissements scolaires de Saint-Barthélemy et les deux tiers de ceux de Saint-Martin sont à nouveau ouverts, ce qui a permis d’assurer la rentrée des classes pour l’ensemble des élèves à la fin des vacances de la Toussaint. 700 gendarmes, militaires des forces armées et agents de la police aux frontières ont été déployés sur les deux îles pour assurer la sécurité et le gouvernement compte maintenir les effectifs sur place "tant que cela sera nécessaire", selon le communiqué du conseil des ministres. Suite à des affaires de pillages après le passage de l’ouragan, plus d’une centaine de procédures pénales ont été diligentées.

Problème d'approvisionnement en eau

Les réseaux électriques et de télécommunication mobile sont rétablis à 100%. En revanche, l’accès à l’eau reste problématique à Saint-Martin avec seulement 81% des usagers alimentés en eau courante et une forte déperdition de l’eau lors de son acheminement dans les foyers. La violence de l’ouragan et la vétusté des canalisations ont provoqué des dommages souvent irréversibles sur une partie du réseau de distribution. Pour trouver des solutions rapides, le gouvernement a donc décidé de lancer une expertise d’urgence sur la production et l’approvisionnement d’eau dans cette île. Par ailleurs, l’Agence française pour la biodiversité a mis en place un dispositif exceptionnel doté de 4 millions d’euros afin de contribuer à la restauration des infrastructures d’alimentation en eau potable, d’assainissement et de gestion des milieux naturels endommagés par Irma et par Maria, le deuxième ouragan qui a lui aussi occasionné de nombreux dégâts une semaine après.

Soutien aux entreprises

De nombreux commerces et services ont réouvert et les liaisons aériennes et maritimes commerciales fonctionnent de nouveau. Mais beaucoup d’entreprises restent encore à l’arrêt du fait de la destruction de leurs bâtiments, du départ d’une partie de leurs collaborateurs ou de l’absence de clients. Dans le secteur touristique, principale activité locale, "l’accueil des touristes ne pourra pas redémarrer de façon significative avant plusieurs mois", souligne le communiqué.
Pour aider au redémarrage des entreprises et soutenir leur trésorerie, l’Etat a pris plusieurs mesures. Tout d’abord, une aide d’urgence aux entreprises sinistrées est versée depuis près de trois semaines. S’ajoutant aux autres dispositifs publics et assurantiels, cette aide permet d’allouer 1.000 euros à tout type d’entreprise recensée, 5.000 euros à celles garantissant le maintien dans l’emploi de leurs salariés grâce au dispositif de chômage partiel et 10.000 euros à celles ayant recours au dispositif de chômage partiel et présentant des factures acquittées liées au redémarrage de leur activité.
De plus, un moratoire renforcé sur les charges sociales patronales va être accordé aux entreprises jusqu’en novembre 2018, avec la possibilité, d’une part, de différer le remboursement jusqu’au 1er janvier 2020 et d’étaler celui-ci sur cinq ans, et d’autre part, dans certains cas, d’effacer 50% de la dette sociale sur cette période. Ce dispositif va faire l’objet d’un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale en cours d’examen au Parlement, a précisé Edouard Philippe dans le discours qu’il a prononcé le 6 novembre à Marigot, le chef-lieu de la partie française de Saint-Martin.
Autre mesure en direction des entreprises : la Banque publique d’investissement (BPI) adapte son prêt de développement outre-mer, qui finance le besoin en fonds de roulement, la trésorerie et les investissements compris entre 10.000 et 300.000 euros en n’appelant aucune garantie sur les actifs de l’entreprise ou sur le patrimoine du dirigeant. La maturité de ce prêt est portée de cinq à sept ans dont deux ans de différé au lieu d’un an. Le prêt est également rendu accessible aux entreprises de moins de trois ans. Un suivi régulier est aussi assuré avec les établissements bancaires pour que ces derniers acceptent d’autoriser, au cas par cas, des découverts permettant aux entreprises ayant recouru au dispositif du chômage partiel de maintenir leur trésorerie en attendant de recevoir l’allocation d’activité partielle.

Aide spécifique aux particuliers sinistrés

Une autre série de mesures concerne les particuliers sinistrés. D’ici dix jours, une aide exceptionnelle de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant (avec un maximum de 900 euros par foyer) sera versée aux familles les plus défavorisées des deux îles. S’ajoutant aux versements exceptionnels déjà mis en place par la caisse d’allocations familiales (CAF) et la caisse générale de sécurité sociale (CGSS) et les deux collectivités, cette aide prendra la forme d’une carte prépayée ne pouvant être utilisée que sur le territoire français, comme l’ont demandé les élus de Saint-Martin. Cette aide sera également versée en numéraire aux habitants des deux territoires qui les ont quittés à la suite des sinistres occasionnés par Irma et qui sont actuellement réfugiés en Guadeloupe ou en métropole.

Le casse-tête de la reconstruction

Sur la reconstruction proprement dite et sur ses coûts, un rapport d’évaluation de l’inspection générale de l’administration et du conseil général de l’environnement et du développement durable doit permettre d’alimenter le dossier que le ministère des outre-mer constitue actuellement auprès de la Commission européenne pour obtenir un financement du fonds de solidarité de l’Union européenne et d’autres fonds européens en faveur de Saint-Martin. "Ce rapport permettra également d’élaborer un plan pluriannuel d’investissement pour une reconstruction exemplaire de Saint-Martin, à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique et surtout plus résilient", selon la communication d’Annick Girardin. "Nous ne pouvons pas reconstruire comme si rien ne s'était passé", a plaidé le Premier ministre, lors de son déplacement aux Antilles. "Cette reconstruction sera assurée dans le cadre d’un partenariat étroit, respectueux et exigeant entre l’Etat et la collectivité", a assuré la ministre.

Compensation de la diminution des ressources fiscales de la collectivité

"L’Etat a d’ores et déjà soutenu celle-ci par le paiement accéléré de certaines dotations et va également procéder à la compensation de la diminution de ses ressources fiscales, pour un montant total d’aide qui sera d’environ 62 millions d’euros sur 2017 et 2018, a-t-elle indiqué. A cet engagement de l’Etat répondra celui de la collectivité pour l’exemplarité de la reconstruction, en tenant compte des enseignements de l’ouragan Irma en matière d’aléas et d’adaptation du bâti aux risques naturels." Une convention de soutien financier a été signée le 6 novembre et lors du prochain conseil interministériel une convention sur la reconstruction formalisera ces engagements réciproques. Cette aide de l'Etat permet de compenser le dégrèvement des taxes foncières que le président de la collectivité de Saint-Martin, Daniel Gibbs, avait décidée en septembre dernier, compte tenu des dégâts causés par l’ouragan.

Vers plus de coopération avec la partie néerlandaise de Saint-Martin

Par ailleurs, pour faire face aux enjeux de la reconstruction, les moyens de la préfecture de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin seront renforcés dans les domaines de l’environnement, de l’aménagement et de l’urbanisme. De plus, "une concertation et une coordination plus étroites entre les deux parties de l’île" sont jugées "nécessaires pour garantir le développement équilibre de Saint-Martin". "Le dialogue entre les gouvernements français et néerlandais et les collectivités de Saint-Martin et Sint-Maarten sera renforcé à cette fin", a affirmé Annick Girardin dans sa communication.

Ouragan Maria : Edouard Philippe a annoncé une aide pour les agriculteurs de Guadeloupe et de Martinique
L'Etat versera une indemnisation aux agriculteurs de Guadeloupe et de Martinique affectés par l'ouragan Maria, a annoncé le Premier ministre, Edouard Philippe, le 5 novembre, en rendant visite à des exploitations guadeloupéennes sinistrées. Selon Matignon, cette aide qui serait versée d'ici début 2018, pourrait avoisiner 20 à 30 millions d'euros, sur la base de l'estimation actuelle des dommages.
"Les indemnisations vont être versées progressivement, au fur et à mesure que l'ampleur des dégâts sera finement mesurée", a simplement déclaré le Premier ministre, sans toutefois officialiser de montant. "On ne réfléchit pas en termes d'enveloppe (...) la réponse de l'Etat sera à la hauteur des attentes", a-t-il assuré. "Le gouvernement, l'ensemble des collectivités territoriales, vont évidemment accompagner la filière de la banane, pour qu'elle puisse se redresser, à nouveau produire et reprendre toutes ses parts de marché et peut-être même en gagner des nouvelles", a expliqué aux journalistes le chef du gouvernement.
En Guadeloupe, le secteur de la banane (1.500 à 2.000 emplois directs) a été particulièrement touché, avec la quasi-totalité des régimes détruits par l’ouragan. La production en 2018 ne devrait représenter qu'un tiers de la production normale, avec une production nulle jusqu'en mai, selon les officiels. Selon les estimations provisoires du ministère des Outre-Mer, les dégâts agricoles provoqués par Maria avoisinent les 85 millions d'euros dans les deux îles de Guadeloupe (50 millions) et Martinique (35 millions).
A elle seule, la banane représente les trois quarts des dégâts. En théorie, les indemnisations n'auraient pu être versées qu'à la fin 2018, une fois la baisse du chiffre d'affaires constatée, mais l'Etat a décidé d'avancer le versement au "début 2018", selon Matignon. 
AFP 

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