Police de sécurité du quotidien : la concertation démarre ce lundi

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Cette concertation associera étroitement les élus et les policiers municipaux, comme l'a rappelé le président de la République devant les forces de sécurité, le 18 octobre. Une mission travaillera plus précisément sur la "coordination entre police nationale, police municipale et la sécurité privée". Emmanuel Macron est également longuement revenu sur la doctrine qu'il entend conférer à cette police qui sera expérimentée dans une quinzaine de sites début 2018.

"Dès lundi prochain, un large cycle de consultations sera engagé par le ministre [de l’Intérieur]", a annoncé le président de la République, le 18 octobre, à l’occasion de son discours aux forces de sécurité. Cette consultation se déroulera à trois niveaux : national, local et sur la base d’un questionnaire "ouvert" envoyé à chaque policier et gendarme, a-t-il précisé devant 500 hauts gradés de la police et de la gendarmerie réunis à l’Elysée. Ainsi, au niveau national, seront consultés "les associations d’élus, les organisations syndicales de la police nationale et les structures de concertation de la gendarmerie nationale, les représentants des policiers municipaux, des personnes de la sécurité privée et des transports, ainsi que des chercheurs et des universitaires spécialistes de ces sujets".
Emmanuel Macron a aussi annoncé qu’une mission allait travailler plus spécifiquement sur "la coordination entre police nationale, police municipale et la sécurité privée". Par ailleurs, au niveau local, les préfets seront chargés d’animer des "ateliers", "en privilégiant la proximité" avec les policiers et gendarmes, les élus locaux, les autres acteurs de la sécurité et de la justice.

"Ce n'est pas aller jouer au football avec les jeunes"

A l’issue de cette consultation, la doctrine de la future police de sécurité du quotidien sera fixée "en fin d’année". Cette doctrine "consiste à placer le service du citoyen au cœur du métier de gendarme et de policer, alors que la police d’ordre est aujourd’hui organisée de manière verticale depuis Paris", a souligné le président, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait "pas du retour de la police de proximité" instaurée par Lionel Jospin puis abandonnée sous Nicolas Sarkozy. Il ne s’agit pas davantage d’une "énième réforme a minima", comme celles des patrouilleurs, des BST, des Uteq, ayant surtout conduit les forces de sécurité à se "réorganiser par circulaires", a-t-il assuré.
La police de sécurité du quotidien "vise à sortir de l’opposition stérile entre police de proximité et police d’intervention". Il ne s’agit pas d’"aller jouer au football avec les jeunes" mais de "lutter contre tout ce qui fait naître chez nos concitoyens les sentiments d’insécurité qui leur donnent l’image de l’impuissance publique : les cambriolages, les implantations de campements illicites, les rodéos sauvages, les occupations de halls d’immeubles, les incivilités dans la rue et les transports, le harcèlement de rue pour les femmes", a-t-il développé. Emmanuel Macron aspire à des "modes d’action beaucoup plus granulaires sur le terrain", "plus mobiles", à "des formes d’actions rénovées" avec les associations, les élus et la police municipale.
Une fois la doctrine arrêtée, les premières expérimentations seront lancées "début 2018" et les sites seront sélectionnés durant le mois de décembre. Il s’agira de territoires "urbains, périurbains, ruraux". Les dispositifs seront déployés "en veillant à ce que l’ensemble des acteurs, notamment les collectivités territoriales, soient pleinement mobilisées dans sur les champs de compétences". "Il faudra ensuite revoir, sous l’autorité des préfets, les modalités de coordination avec les polices municipales", a-t-il précisé. Les usagers, de même que des universitaires, seront associés au suivi de l’expérimentation.

Renforcer le rôle du maire

Emmanuel Macron entend imprimer trois objectifs à la police de sécurité du quotidien. Tout d’abord donner aux forces de sécurité "les moyens et les méthodes pour agir plus efficacement". 10.000 policiers et gendarmes seront recrutés sur la durée du quinquennat, a-t-il rappelé. Il table aussi sur un allègement des tâches administratives, un transfert de missions en confiant la sécurité des sites ou des événements à la sécurité privée, et sur la modernisation des outils de travail (le ministre de l’Intérieur a eu l’occasion d’expliquer qu’ils pourront notamment utiliser des tablettes numériques pour traiter certaines affaires directement sur le terrain)… Il souhaite parallèlement déconcentrer davantage les politiques de sécurité en accordant plus d’autonomie aux échelons locaux, notamment aux chefs de services territoriaux, en redynamisant les partenariats locaux de la prévention et de la délinquance et en "renforçant le rôle des maires".
Enfin, Emmanuel Macron souhaite renforcer le lien avec la population.
La réforme sera "pleinement articulée et concomitante avec celle de la procédure pénale et de la justice" conduite par la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et qui prévoit la forfaitisation de certains délits. "Forfaitiser ce n’est pas dépénaliser, mais renforcer l’efficacité de la sanction", a insisté le président. Cette réforme de la procédure pénale sera présentée au Parlement "dès le premier semestre 2018", a pour sa part annoncé le ministre de l’Intérieur, le 19 octobre, à l’occasion de l’inauguration des nouveaux locaux de la PJ parisienne. Les formes de l’expérimentation, qui commencera début 2018, "seront différentes suivant que l’on sera dans les quartiers un peu paupérisés d’une grande ville, en périphérie ou en zone rurale", a-t-il aussi précisé dans une interview à France info en marge de ce déplacement. La police devra s’adapter "à la réalité socio-économique du terrain". Une quinzaine de sites doivent être retenus, alors qu’une trentaine de communes se sont déjà portées candidates (Lille, Lens, Roubaix, Grenoble, Toulouse, Villeurbanne, Saint-Denis, Clichy, Aulnay, Saint-Herblain...). 

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