Conférence des villes - Gérard Collomb : la sécurité du quotidien "ne peut se faire qu'avec les élus"

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Clôture de la 17e Conference des villes par le ministre de l'Intérieur
© Hamilton / REA | Clôture de la 17e Conference des villes par le ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur a assuré aux maires de France urbaine, le 20 septembre, que la police de la sécurité quotidienne et la réflexion plus globale sur la sécurité seraient construites avec eux. Pour les maires, il est grand temps de mettre en place une "gouvernance partagée".

La police de la sécurité du quotidien "ne peut se faire qu’avec les élus locaux", a martelé Gérard Collomb, en clôture de la Conférence des villes (la rencontre annuelle de France urbaine), le 20 septembre, à Paris. Dans sa lettre de mission du 5 septembre aux préfets, le ministre de l'Intérieur avait détaillé le calendrier de mise en place de ce chantier voulu par le président de la Républque et indiqué qu'il s’accompagnerait d’une réflexion plus globale "sur le continuum de missions et responsabilités en matière de sécurité entre les différents acteurs que sont les forces de sécurité intérieure, les polices municipales et la sécurité privée". "C’est ensemble que nous répondrons aux défis en matière de sécurité", des "défis encore plus profonds que je l’imaginais", a avoué l’ancien maire de Lyon. "En quinze ans, on a franchi des crans. Pour contrôler les trafics de stupéfiants, c’est à la kalachnikov qu’on s’affronte dans certaines cités", a-t-il dit, sans oublier "les incivilités du quotidien". Sans doute Gérard Collomb avait-il encore en tête le courrier que venait de lui adresser il y a quelques jours le président de France urbaine et de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc, l’interpellant sur les "nouveaux enjeux sécuritaires que sont le terrorisme, le communautarisme lié à la radicalisation islamiste ainsi que la prolifération du trafic de drogue qui se répand comme un cancer". Toulouse a été frappée cet été par deux fusillades à la kalachnikov qui ont fait 2 morts et 10 blessés dans le quartier sensible de La Reynerie…

Les maires réclament une "gouvernance partagée"

Juste avant l’intervention du ministre, Jean-Luc Moudenc a résumé les exigences des élus de France urbaine. "Ce que nous proposons à l’Etat, c’est un changement de paradigme, nous souhaitons mettre en place une gouvernance partagée de la sécurité". Dans ce cadre, la mise en place de la police de la sécurité quotidienne va être "une étape clé", a-t-il dit. Après une phase de concertation cet automne pour fixer sa doctrine d’intervention, la police de la sécurité du quotidien – qui selon le gouvernement n’est pas un retour de la "police de proximité" de Lionel Jospin – doit être expérimentée début 2018 dans quelques sites. Toulouse s'est d'ores et déjà portée candidate. Seulement sa mise en place suscite attentes et interrogations chez les maires de France urbaine. "C’est une belle annonce pour les maires qui attendent un retour de la police dans les quartiers", s’est réjoui François Rebsamen, le maire de Dijon. Mais "il faut une vraie coresponsabilité en matière d’élaboration des politiques locales", a-t-il souligné, proposant de "nouveaux contrats locaux de sécurité", "un vrai contrat de sécurité du quotidien". "Espérons que ce ne soit pas qu’un nouveau sigle. Avant la question des effectifs, c’est de la méthode qu’on doit parler ; la sécurité ne peut pas se décider à Paris", a insisté Gilles Nicolas, adjoint au maire de Nantes chargé de la sécurité. "J'essaye de travailler avec l’Etat mais c’est un exercice difficile car c’est le ministère de l’Intérieur qui fixe les priorités nationales (...) les municipalités s’y retrouvent mal", a-t-il témoigné. 

Accès aux fichiers de véhicules

Si les crédits du ministère de l’Intérieur devraient être en hausse de 6,8% dans le prochain budget, comme l’a promis le ministre, on sait encore peu de choses sur les moyens mis à disposition de cette police. "Il faut vraiment que ce soit un dispositif complémentaire et pas une réaffectation d’effectifs", a demandé le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau (aussi président de Saint-Etienne Métropole), qui a expliqué avoir doublé les effectifs de polices municipales dans sa ville car "les effectifs de la police nationale sont insuffisants pour être sur le terrain". Interrogé sur ce sujet, dimanche dernier, lors du "Grand jury" RTL/Le Figaro/LCI, le ministre avait expliqué que les effectifs affectés à cette police seraient prélevés sur "les troupes actuelles" pour être "redéployés" avec ces nouvelles missions.
Les élus ont également demandé des mesures concrètes afin de faciliter les tâches des policiers municipaux. Ils réclament en particulier l’accès aux fichiers d’immatriculation et des véhicules volés… "Cela faciliterait énormément le travail", a insisté François Rebsamen. Sur ce point, le syndicat FA-FPT a fait savoir le même jour qu'il venait d’avoir confirmation auprès de la ministre Jacqueline Gourault que les décrets étaient "en cours d’examen par la Cnil avant d’être soumis au Conseil d’Etat pour une publication attendue en fin d’année".
 

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