Rentrée scolaire 2017 - Ce qui est (presque) sûr, c'est qu'il y aura plus de collégiens et de lycéens, mais moins d'écoliers


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Comme chaque année, la ministre de l'Education nationale a adressé sa circulaire aux recteurs pour la rentrée prochaine. Une rentrée qui se fera certainement sans elle, et une circulaire qui pourrait être amendée dès juin par le prochain gouvernement. En cette période d'incertitude, une chose demeure quasi-sûre : le nombre d'écoliers sera en baisse et ceux des collégiens et lycéens en hausse. Avec sans doute des conséquences, à court et moyen termes, sur des ouvertures et fermetures de classes, voire d'établissements...

Najat Vallaud-Belkacem a présenté le 9 mars à la presse sa circulaire de rentrée 2017 publiée au Bulletin officiel ce jour-là. Si elle reconnaît qu'un ministre nommé au mois de juin pourrait l'amender, elle émet le vœu "que l'effort initié soit poursuivi", et que l'Ecole constitue "un enjeu qui nous rassemble". Les effectifs des élèves scolarisés sont, eux,  prévisibles. C'est mathématique. Encore que, d'autres facteurs peuvent infulencer : la poursuite ou non de la politique d'encouragement à la scolarisation des enfants de moins de deux ans, celle d'accueil des élèves en situation de handicap, les orientations pédagogiques sur la question du redoublement, la réussite des actions de lutte contre le décrochage... En termes de programmation immobilière des établissements scolaires, les collectivités sont également attentives à la concurrence des établissements privés.

Baisse du nombre d'écoliers malgré la scolarisation de 2.000 enfants de 2 ans

"A la rentrée 2017, le nombre d’élèves dans le premier degré devrait baisser pour la première fois depuis 2011, essentiellement pour des raisons démographiques", après une progression constante depuis 2012 et une stabilisation l'an dernier, selon la Depp (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, ministère de l'Education nationale). Et même "cette baisse devrait continuer à la rentrée 2018", et plus encore en 2019, si on en juge par les chiffres de l'Ined (Institut national d'études démographiques).
La baisse attendue pour la rentrée 2017 est de -14.800 et devrait "se répartir sur les niveaux préélémentaire et élémentaire de manière identique", selon la Depp. L'année prochaine en revanche, la baisse serait plus marquée en maternelle, malgré la "poursuite de l’augmentation de la scolarisation à 2 ans" sur laquelle table la Depp. Elle estime en effet qu'elle pourrait concerner 2.000 enfants supplémentaires à la rentrée 2017 et 3.000 à celle de 2018.

Ecole élémentaire : baisse prévisible des élèves dans le public, pas dans le privé 

En élémentaire, "les rentrées 2017 et 2018 devraient connaître une légère baisse des effectifs" (-0,1 et 0,2%) qui s’explique "en très grande partie" par l’arrivée en CP de la génération 2011, de taille un peu moindre que la génération 2006, qui quitte le CM2 (respectivement 823.400 naissances et 829.400 naissances). Les prévisions s’appuient aussi "sur des hypothèses de poursuite de la baisse des taux de redoublement" et une augmentation du nombre des élèves handicapés accueillis en Ulis (unités localisées pour l'inclusion scolaire).
Par ailleurs, "la part du secteur public devrait se stabiliser autour de 86,2%", estime la Depp.  Mais en élémentaire, "les effectifs devraient être en baisse dans le secteur public à ces mêmes rentrées (-14.000 élèves en 2017 et -12.000 élèves en 2018) et en hausse dans le secteur privé (+7.000 élèves à chacune des deux rentrées)."
Les effectifs en préélémentaire devraient diminuer aux rentrées 2017 et 2018, de respectivement -7.300 et - 22.300 pour le secteur public et -1.300 et -3.600 pour le secteur privé.

17.000 élèves de plus dans les collèges et lycées

Pour ce qui concerne les effectifs des collèges et des lycées, ils augmenteront de 17.000 élèves en 2017 "essentiellement pour des raisons démographiques", indique la Depp. Les causes démographiques expliqueraient "90% de la hausse prévue", les 10% restants s'expliquant par des mesures de politique éducative, "notamment le droit de redoubler pour les élèves recalés la première fois au baccalauréat et la baisse du redoublement en CM2".
Les générations nées en 2006 (829.000 naissances) et 2007 (819.000 naissances) "arriveront dans les établissements du second degré aux rentrées 2017 et 2018", ce qui provoquera une hausse des effectifs en 6ème de 2,3% cette année, mais une légère baisse, - 0,2%, l'an prochain. Au total, le premier cycle verra ses effectifs augmenter de 0,8 et 0,9%.
"Les formations générales et technologiques en lycée connaîtront une forte hausse à la rentrée 2017", estime la Depp. Une hausse de 1,9%, correspondant à environ 30.500 élèves supplémentaires (à comparer aux 50.000 élèves supplémentaires de 2016), qui serait suivie en 2018 d'une baisse "modérée" (-0,3%).
L’augmentation des effectifs serait concentrée en 2017 sur la seule classe de terminale (36.000 élèves) avec l’arrivée de la génération 2000 et l’augmentation des réinscriptions après un premier échec au baccalauréat : "La proportion de recalés au baccalauréat général et technologique s’étant réinscrits à la rentrée 2016 a progressé de 2,5 points par rapport à 2015 pour s’établir à 79%. Pour les deux prochaines années, la tendance devrait se poursuivre, notamment dans la voie technologique où la réinscription est plus faible".

6.500 élèves de moins dans les lycées professionnels

Les effectifs des formations professionnelles en lycée diminueraient sensiblement en 2017 (- 6.500 élèves, -1%) puis en 2018 (-8.000 élèves, -1,2%), la baisse étant plus sensible pour les CAP (-2,4 et -2,3%) que pour les bacs pro (0 et -0,1%). La Depp table sur une diminution du décrochage qui est d' "environ 10% en fin de seconde puis autant en fin de première". Entre 2011 et 2015, les sorties en fin de seconde professionnelle ont diminué de 4 points et "sont restées stables" en 2016 en seconde mais elles ont légèrement diminué en première. "La prévision repose sur une reprise modérée de la baisse des sorties" en seconde et première. En ce qui concerne les recalés au baccalauréat, "la proportion de réinscription (...) a progressé de 4 points pour s’établir à 37,6%", et elle pourrait "de nouveau augmenter aux rentrées 2017 et 2018 et permettrait ainsi à près d’un élève sur deux de tenter à nouveau d’obtenir le baccalauréat alors que seul un sur trois le faisait avant cette réforme visant à lutter contre le décrochage scolaire".
La Depp estime que "les effectifs des formations en collège augmenteraient proportionnellement plus en 2017 dans le secteur privé que dans le secteur public (1,7% contre 0,5%)". Il s'agit selon elle de la "conséquence d’une très légère augmentation du taux de passage entre le CM2 (secteur public) et la sixième (secteur privé) observée ces trois dernières années (de l’ordre de 0,2 point de plus chaque année, soit un taux de passage en 2016 de 10,4% contre 9,7% en 2013)". Elle indique que "la situation serait inversée dans le second cycle professionnel où le secteur public perdrait relativement moins d’élèves que le secteur privé (-0,8% contre -1,9%)."

La réforme de l'éducation prioritaire aurait "produit déjà des résultats"

Lors de la présentation de sa circulaire de rentrée à la presse, la ministre de l'Education nationale a fait valoir le respect de l'engagement sur la création de 60.000 postes (dont 23.639 pour le 1er degré, et dont 11.662 à la prochaine rentrée), les mesures prises ou en cours pour améliorer le remplacement, l'amélioration des rémunérations des enseignants... La réforme de l'éducation prioritaire aurait, selon Najat Vallaud-Belkacem, "produit déjà des résultats" à peine deux ans après son lancement, puisque certains collèges auraient amélioré "de 20 points" leurs résultats au DNB (le brevet). La ministre a également cité les nouvelles règles d'allocation des moyens, notamment en Seine-Saint-Denis où 1.566 postes supplémentaires auront été créés en cinq ans (dont 500 en 2017).

Vers un bilan annuel de l'évolution de la mixité de tous les établissements scolaires

La circulaire de rentrée indique que les autorités académiques "sont désormais tenues de présenter, chaque année, un bilan de l'évolution de la mixité sociale et scolaire de tous les établissements scolaires de chaque district devant le conseil départemental de l'Education nationale". Les expérimentations lancées à la rentrée 2016 pour améliorer la mixité sociale dans les collèges concernent aujourd'hui 240 collèges dans 82 territoires, et 47 départements "de gauche et de droite". Elles "fonctionnent bien", assure la ministre, persuadée que leur évaluation scientifique permettra de lutter contre les discours de ceux qui prétendent que cela "porterait préjudice aux meilleurs". Elle indique que le travail se fait "en bonne intelligence" avec l'enseignement privé auquel 300 postes ont été réservés dans ce cadre, elle parle d'ailleurs d'une sorte de "bonus" accordé aux établissements qui s'engagent à garder leurs élèves en difficulté et à accepter des jeunes de milieux défavorisés.
Elle cite encore l'augmentation des fonds sociaux et des bourses, mais aussi deux dispositifs auxquels "elle tient" tout particulièrement et destinés à lutter contre l'autocensure, l'offre faite aux 10% meilleurs bacheliers de chaque lycée d'intégrer une formation sélective et les parcours d'excellence.

40 conventions ruralité signées

S'agissant des "40 conventions ruralité" qui ont été signées et qui donnent aux départements concernés trois ans pour réorganiser, avec l'aide des services de l'Education nationale, leur carte scolaire, la ministre assure que ce travail d'anticipation "se passe bien" parce que ces signatures ont été précédées de "discussions" avec les élus. Aux recteurs, elle demande dans sa circulaire de rentrée "d'identifier les territoires qui bénéficient d'engagements réciproques de l'Etat et des collectivités territoriales en établissant un diagnostic socio-économique objectif avec l'appui technique des services déconcentrés de l'Insee". Elle ajoute : "les évolutions de l'organisation territoriale, qui concernent d'abord les périmètres communaux et intercommunaux, doivent conduire à engager un travail sur le découpage des circonscriptions du premier degré".
S'agissant de la lutte contre le décrochage, un autre dispositif lui paraît important, bien que rarement cité : les parcours aménagés qui permettent à des élèves de plus de 15 ans "de sortir de façon temporaire" du système scolaire pour faire un stage dans une entreprise ou une association tout en restant sous statut scolaire et avant de reprendre un cursus. C'est "très exigeant pour les équipes, mais ça marche particulièrement bien".

Promotion de la "complémentarité entre activités scolaires et périscolaires"

Au chapitre de l'enseignement professionnel, la ministre indique que 2.950 élèves ont demandé cette année à bénéficier d'une réorientation en début d'année de seconde professionnelle, 90% d'entre eux ayant obtenu une affectation correspondant à leur premier vœu .
Parmi les éléments du bilan, elle a encore cité des "changements structurels", parmi lesquels figurent les nouveaux programmes, le socle, la redéfinition des cycles, la mise en œuvre de la réforme du collège (elle "s'installe" sans provoquer "le chaos annoncé"), la réforme des rythmes... A ce sujet, la circulaire indique : "le pilotage pédagogique impulsé à l'échelle académique et départementale promeut la complémentarité entre activités scolaires et périscolaires, le partage d'expériences entre acteurs et le développement de formations communes pour favoriser la culture commune et la construction de projets partagés et de qualité". Elle souligne également que "les groupes d'appui départementaux apportent aux communes des conseils et un appui renforcé notamment dans le suivi et l'évaluation des projets éducatifs territoriaux (PEDT) ainsi que pour leur articulation avec les projets d'école et les projets des acteurs éducatifs".


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