Social - Handicap et territoires fragiles : la double peine


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Illustration de la publication "Handicap dans les territoires fragiles : accéder à ses droits plus facilement", du Commissariat général à l'égalité des territoires
© CGET et CNSA | Illustration de la publication "Handicap dans les territoires fragiles : accéder à ses droits plus facilement", du Commissariat général à l'égalité des territoires

Le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) publie dans sa lettre "En bref", une étude originale intitulée "Handicap dans les territoires fragiles : accéder à ses droits, plus facilement". Si le titre se veut optimiste, le constat l'est un peu moins. L'étude observe en effet que "les quartiers de la politique prioritaire de la ville (QPV) et certaines zones rurales accueillent plus souvent que d'autres territoires des personnes en situation de handicap, également exposées à des difficultés d'accès aux droits". Selon le CGET, ces difficultés d'accès aux droits "portent notamment sur l'accès aux prestations et allocations sociales. Elles sont souvent corrélées aux difficultés sociales ou encore à la non-maîtrise de la langue".

Deux fois plus de titulaires de l'AAH dans les QPV

Les chiffres, repris par le secrétariat d'Etat en charge des personnes handicapées, sont éloquents. Ainsi, 4,6% des résidents de 15 à 64 ans des QPV sont allocataires de l'AAH, contre 2,4% des résidents des "unités urbaines englobantes". Car, comme l'explique l'étude, l'AAH n'est "pas uniquement une reconnaissance administrative du handicap, mais aussi une allocation sous condition de ressources et un indicateur de pauvreté monétaire et d'exclusion sociale".
Les résidents des QPV sont également plus nombreux à bénéficier d'une reconnaissance administrative du handicap ou de la perte d'autonomie : 10% de la population de ces quartiers dit disposer d'une telle reconnaissance, contre 6,2% de la population des unités urbaines englobantes et 6.6% de la population totale. Et, parmi les personnes bénéficiant de cette reconnaissance administrative du handicap, les actifs (au sens du BIT) sont nettement moins nombreux dans les QPV (18,2%) que dans les unités urbaines englobantes (31,7%). Elles sont aussi plus souvent peu ou pas diplômées (47,5% ont au mieux un certificat d'études primaires, contre 23,7% pour les résidents des unités urbaines englobantes) et, lorsqu'elles sont actives, occupent plus souvent un emploi d'ouvrier (27% contre 18%).

Un partenariat croissant entre MDPH et MSAP

Cette inégalité territoriale ne signifie pas que rien n'est fait pour autant. Une enquête réalisée par le CGET et la CNSA auprès des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) dans les territoires fragiles montre, par exemple, une forte progression du nombre de partenariats entre MDPH et MSAP (maisons de services au public). Il reste toutefois à "approfondir" les questions du non-recours au droit, de l'accès au logement, de l'insertion et de l'isolement social...
Sur ce point, c'est le caractère universel des MDPH qui semble constituer le principal frein à la mise en œuvre d'une démarche de territorialisation, le traitement indifférencié des demandes n'inclinant pas spontanément à adopter une approche spécifique par types de publics. L'étude du CGET donne cependant quelques exemples réussis de territorialisation dans des QPV ou en zone rurales, à travers des partenariats entre MDPH et MSAP.


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