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Au Pays des Châteaux, la maison de l'emploi du Blaisois construit des "boucles saisonnières" (41)


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Avec le projet Trans Valoire lancé en 2012, la maison de l’emploi du Blaisois veut sécuriser le travail saisonnier sur le territoire du Pays des Châteaux. Elle a remis sur le marché des emplois agricoles en construisant des "boucles saisonnières". Au programme également, une plateforme en ligne et un partenariat avec la Savoie.

Dans le département du Loir-et-Cher, l’emploi saisonnier représente 11.000 contrats par an, dont 5.000 sur le territoire du Pays des Châteaux qui réunit deux EPCI : la communauté de communes du Grand Chambord (17 communes, 20.600 habitants) et Agglopolys (communauté d’agglomération de Blois, 48 communes, 108.000 habitants). C’est ce vaste territoire, à l’économie atypique du fait de la forte proportion d’emplois saisonniers, que couvre la maison de l’emploi du Blaisois, créée en 2006.
"Notre rôle est de révéler le potentiel des offres d’emploi et d’imaginer des outils de sécurisation des parcours professionnels", estime Benjamin Vételé, président de la maison de l’emploi du Blaisois. Le projet Trans Valoire y contribue en impulsant des expérimentations telles que des "boucles saisonnières" : un système permettant à un salarié d’enchaîner des emplois successifs dans différents secteurs d’activité. Le projet est financé par la Direccte, les deux intercommunalités du Pays des Châteaux et la région Centre.

Potentiels et contraintes cernés par une étude approfondie

Une étude de l'emploi saisonnier conduite en 2012 par l’observatoire de l’économie et des territoires du Loir auprès de 900 entreprises, tous secteurs confondus - tourisme, agroalimentaire, agriculture, restauration - a permis de cerner le potentiel de construction de boucles saisonnières sur le territoire, et également les contraintes. "Cet état des lieux a par exemple révélé qu’il était hors de question de proposer des saisonniers agricoles aux entreprises du tourisme qui ont besoin avant tout de personnels qualifiés, tel que des chefs de rang ou du personnel d’étage", explique la directrice de la maison de l’emploi, Sylvia Sanchez. Par ailleurs, les rythmes sont différents d’un secteur à l’autre : contrairement au secteur touristique, les agriculteurs peuvent offrir une activité tout au long de l’année.
Les boucles saisonnières font donc l’objet d’expérimentations différentes au sein de chaque secteur d’activité, pour s’adapter aux caractéristiques respectives de l’agriculture et du tourisme.

Secteur agricole : expérimentation des boucles saisonnières

Au sein du secteur agricole, il est apparu possible de réaliser des boucles saisonnières sur une cinquantaine d’emplois chaque année. "Pour réaliser ces boucles, il faut d’abord recueillir les offres, puis constituer un vivier de saisonniers stables. Et cela sur de petits territoires, car les saisonniers ne peuvent pas parcourir de trop grandes distances", indique la chef de projet Trans Valoire, Kenza Belliard. L’équipe de la maison de l’emploi a réalisé un important travail de sensibilisation sur le terrain auprès des agriculteurs en analysant avec eux les gisements d’emplois existant sur leur exploitation. (voir encadré).
Parallèlement, un partenariat avec la MSA a permis d’acheter trois mobylettes pour aider à la mobilité des saisonniers. Ces deux-roues complètent un parc géré par l’association départementale Mobilité 41 (voir le lien ci-dessous). En 2015, une quinzaine d’exploitations participeront aux boucles saisonnières agricoles, représentant une quarantaine de saisonniers en emplois successifs.

Tourisme : priorité à la formation qualifiée et aux contrats de professionnalisation innovants

Pour répondre aux attentes des entreprises du tourisme qui souffrent d’une pénurie de personnels qualifiés, la maison de l’emploi du Blaisois développe des démarches de formation. D’abord en organisant des sessions en partenariat avec la région : emplois d’étage dans les hôtels, agents d’accueil, langues vivantes. En outre, la maison a initié dix-sept contrats de professionnalisation innovants, permettant de former des serveurs pendant la saison touristique Neuf employeurs ont testé ce dispositif qui consiste à faire en sorte que les serveurs soient formés durant les heures creuses de leur emploi du temps, et ce par les meilleurs professionnels du département. L’organisme de formation a pris en charge l’hébergement des serveurs et la location de véhicules pour faciliter les déplacements entre lieux de travail et lieux de formation. Les entreprises impliquées dans le contenu des formations se sont déclarées satisfaites.
Parallèlement, la maison de l’emploi du Blaisois a posé les premiers jalons pour un partenariat avec la Savoie (voir encadré)

Plateforme en ligne pour les saisonniers

"Alors que Trans Valoire naissait, il fallait créer les outils, convaincre les partenaires et les entreprises", raconte la chef de projet. En juillet 2013, la maison de l’emploi a créé pour les saisonniers une plateforme en ligne qui regroupe les offres d’emplois, fournit des informations sur les boucles saisonnières, sur les moyens de mobilité, l’hébergement et les droits des travailleurs. Cette plateforme a été financée par le fonds Leader, via le Pays des Châteaux, ainsi que par le conseil général et la communauté de communes du Grand Chambord. En outre, le projet est labellisé Lab41 par le conseil général, ce qui lui apporte une visibilité locale.

L’équipe poursuit ce travail de mise en réseau pour que l’emploi saisonnier cesse d’être considéré comme du sous-emploi. A les écouter, il semble que la clé de la réussite repose sur l’implication de tous les acteurs institutionnels et la délimitation claire des rôles de chacun dès le démarrage.

Agriculture : "Relocaliser" l’emploi
De nombreux emplois agricoles ne sont pas recensés, notamment parce qu’ils sont captés par la prestation de service internationale (PSI). La réglementation européenne autorise en effet un prestataire étranger à proposer ses services et les salariés qui vont avec, pour réaliser des travaux saisonniers. Dès lors, certains besoins en emploi ne sont plus lisibles, car les agriculteurs ne contactent plus Pôle emploi pour présenter certaines offres. L’équipe de la maison de l’emploi a sensibilisé les agriculteurs en leur expliquant que des saisonniers qui habitent tout près de leur exploitation ne peuvent pas postuler chez eux, car ils n’ont pas connaissance des offres d’emploi. Argument entendu puisqu’en 2014, 60 postes de PSI ont été pourvus par des saisonniers locaux.
Tourisme : le Pays des Châteaux parle à la Savoie
La maison du Blaisois s’est mise en relation avec la maison des emplois saisonniers des Menuires-Val Thorens. "Cette structure savoyarde en plein cœur d’un territoire touristique gère un potentiel de 5.000 offres d’emploi et 400 contrats de professionnalisation, indique Sylvia Sanchez. Pour enraciner ce partenariat, nous organisons des échanges annuels avec la Savoie : des entreprises du Pays des Châteaux vont rencontrer les saisonniers savoyards sur place, et inversement, des hôteliers et des restaurateurs savoyards viennent dans le Loir-et-Cher. Le jumelage crée des liens entre établissements, qui peuvent ainsi fidéliser des salariés compétents et précieux." La prochaine étape consistera à redoubler d’efforts en faveur du logement des saisonniers. Sujet sur lequel les partenaires à la montagne ont déjà trouvé des solutions.

Cécile Perrin pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Contacts

Syndicat mixte du Pays des Châteaux
Hôtel d'agglomération de Blois
1 rue Honoré de Balzac
41000 Blois

Tél. : 02.54.46.09.30
Fax : 02.54.46.09.39
Nombre d'habitants : 129000
Nombre de communes : 65
Site officiel : http://www.paysdeschateaux.fr/
Nom de la commune la plus peuplée : Blois (50000 hab.)

  • Christophe Degruelle
  • Président

Maison de l'emploi du Blaisois
15, Avenue de Vendôme
41000 Blois

Tél. : 02 54 51 17 67
Site officiel : http://www.maison-emploi-blaisois.com/

  • Kenza Belliard
  • Chef de projet TransValoire
  • Tél. : 02 54 51 94 90

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