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Un garage solidaire dans le Finistère


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Le garage solidaire de Carhaix est un chantier d’insertion dont la clientèle est exclusivement bénéficiaire des minima sociaux. Ouvert en 2007, cet atelier ne remet pas que les voitures sur la route. Il contribue aussi au retour à l’emploi non seulement de ses mécaniciens mais aussi de ses clients…

Pendant l’année 2011, le garage solidaire de Carhaix a réparé 600 véhicules de bénéficiaires de minima sociaux - sa seule clientèle - à des tarifs économiques et abordables. Il leur a aussi vendu 80 voitures remises en état et loué 4.000 journées de véhicules à 5 euros. En tant que chantier d’insertion, l’atelier présente un palmarès plus que satisfaisant : en moyenne, depuis 2007, 76% de son personnel a retrouvé un emploi (soit 54 employés).

Mobiliser les partenaires locaux

Au départ, cette structure a été créée et présidée par Yves Morvan, initiateur bénévole du projet, pour permettre à des personnes en voie de réinsertion professionnelle de disposer d’un véhicule, une condition souvent indispensable pour trouver un travail en territoire rural. "J’avais également dans l’idée d’ouvrir l’atelier sous forme de chantier d’insertion", rappelle le président. Son association, qui a pignon sur rue depuis plus de vingt ans avec plusieurs salariés, a toujours été reconnue, entre autres pour la formation de prévention routière et de premiers secours qu’elle dispense chaque année à 3.500 jeunes du département. Deux ans et demi de préparation lui ont quand même été nécessaires avant de se lancer dans l’aventure : "Il nous a fallu convaincre les élus et les fonctionnaires du conseil général du Finistère, ceux de la région et de la Dirrect (1), nos principaux interlocuteurs", se souvient-il.

Prévoir un fonds de roulement conséquent et des aides diversifiées

Premier atout : l’association dispose de la trésorerie nécessaire (50.000 à 60.000 euros) pour constituer le fonds de roulement du garage. Celui-ci s’installe dans un atelier poids lourd de 900 m2 grâce aux appuis de l’Etat, de la région, du conseil général du Finistère et de Poher Communauté, qui ont contribué à l’achat par des subventions (20.000 euros pour la communauté de communes Poher Communauté).
Premier de ses partenaires financiers, le conseil général du Finistère s’engage à hauteur de 300 euros/mois par personne sur chacun des quinze contrats d’insertion. "C’est un partenariat un peu inhabituel, qui a réclamé de surcroît une large concertation des professionnels en amont", se souvient Richard Ferrand. Alors vice-président du conseil général du Finistère chargé de l’insertion, il est convaincu que "le garage social permet aux usagers de retrouver un véhicule et aux mécaniciens de se remettre en selle". La structure bénéficie aussi de l’aide du FSE (Fonds social européen) qui le dote de 300 euros par contrats aidés et par mois pour couvrir 50% du salaire des deux encadrants techniques et de l’accompagnatrice socioprofessionnelle. S’ajoutent les aides pour les contrats uniques d’insertion (CUI) versés par l’ASP (105% du salaire brut pour 26 heures). Toutes ces participations représentent 45% de son budget auxquels s’ajoutent quelques subventions municipales (200 à 1.500 euros) et le soutien des fondations privées.

Trouver le bon positionnement

Un retour à l’emploi après un passage sur son chantier d’insertion, c’est une économie de 8 à 10.000 euros par an pour la société, rappele le président, non sans ajouter que, si, en 2010, le garage solidaire a effectivement reçu un budget de 122.000 euros pour les contrats aidés, il a reversé 112.000 euros de cotisations sociales.
Dans la région, Yves Morvan s’est attaché à conserver de bonnes relations avec les garagistes du secteur concurrentiel en leur expliquant que ses clients étaient reçus uniquement à la demande de prescripteurs (Pôle Emploi, services sociaux…) et sous conditions de ressources. Une fois leur retour à l’emploi assuré, ils seront leurs prochains clients… Ainsi fait-il en sorte de préserver une relation d’allié dans un climat de respect mutuel.

Le soutien des collectivités locales

Pour pérenniser une structure comme celle-là, il faut trouver un meneur d’hommes qui ait de l’expérience dans le secteur de l’insertion et du management, il faut pouvoir compter sur une structure associative solide, avec des fonds propres confortables, sur une banque bien intentionnée et sur le soutien des collectivités locales motivées… D’autres structures, à Lunéville par exemple, se sont déjà inspirées de son exemple. A Carhaix, pour gérer son succès, l’atelier évoluera prochainement pour devenir une entreprise d’insertion (avec l’obligation de réaliser 65% de son chiffre d’affaires par le travail) ou peut-être une coopérative ouvrière.

Michel Léon, Titres & chapos pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

(1) Direcct : direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi. 

En partenariat avec l'ADGCF

Contacts

Poher Communauté
Maison des services publics- Place de la Tour-d'Auvergne- BP 150
29833 Carhaix-Plouguer Cedex

Tél. : 02 98 99 48 00
Fax : 02 98 99 48 19
Courriel : poher@poher.com
Nombre d'habitants : 15171
Nombre de communes : 8
Nom de la commune la plus peuplée : Carhaix-Plouguer (8203 hab.)

  • Richard Ferrand
  • Conseiller régional de Bretagne

Garage
ZAE de Kervoasdoué
29270 Carhaix

Tél. : 02 98 99 43 51

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