Transports - Intercités : la Normandie officialise la commande de 40 nouveaux trains


Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

Première région en France à prendre en charge des lignes de trains d'équilibre du territoire (TET) ou Intercités, la Normandie a passé symboliquement commande jeudi 24 novembre à Sotteville-lès-Rouen de 40 rames neuves payées par l'Etat. "Cette commande a remis la Normandie en haut de la pile" des dossiers à traiter d'urgence par la SNCF, a déclaré le président de région, Hervé Morin (UDI-UC). En plus des TER, la région a choisi la solution radicale de prendre en charge au 1er janvier 2020 cinq lignes TET en échange d'un financement de 720 millions d'euros par l'Etat pour acheter des trains neufs et réaliser les travaux d'adaptation et les équipements de maintenance nécessaires.

Deux lignes concernées

Les 40 nouvelles rames sur deux niveaux et pouvant rouler jusqu'à 200 km/h ont été commandées au groupe Bombardier, pour 585 millions d'euros, une levée d'options dans le cadre du contrat signé avec la SNCF en 2010. La plateforme est donc la même que pour les TER, mais la motorisation et l'aménagement sont différents. Ces trains circuleront sur les lignes Paris-Caen-Cherbourg, sur la branche Deauville-Trouville, et sur Paris-Rouen-Le Havre. Ballon d'oxygène pour l'usine Bombardier de Crespin, près de Valenciennes, les nouvelles rames représentent l'équivalent de 14 mois de production et 450 emplois directs pour ce site du Nord qui compte 2.000 salariés, et "trois fois plus d'emplois" pour les fournisseurs, parmi lesquels plusieurs entreprises normandes.
"Du fait de la volonté de la région qui a proposé une solution totalement innovante, de l'écoute du Premier ministre, Manuel Valls, qui est totalement rentré dans le jeu et a pris la décision, et enfin de l'énergie de la SNCF pour trouver une solution, on a réussi à faire quelque chose d'extraordinaire", s'est félicité Hervé Morin. "Que du bonheur", s'est exclamé de son côté le président de la SNCF, Guillaume Pepy. "Le retard de la Normandie va être comblé", a-t-il ajouté, précisant que les premiers trains arriveront à Sotteville en septembre 2019 pour rodage avant une entrée en service début 2020.

Plus d'1,2 milliard d'euros d'investissements au total

La maintenance de ces trains normands sera assurée dans la région et non plus à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : principalement à Sotteville-lès-Rouen dont l'atelier actuel, datant du XIXe siècle, sera rénové, et aussi à Caen, pour un coût total pour la SNCF de 100 millions d'euros, avec à la clé la création d'une centaine d'emplois. Au total, compte tenu des travaux d'infrastructures engagés par la SNCF, et du coût de modernisation des centres techniques, la Normandie va bénéficier d'investissements atteignant plus d'1,2 milliard d'euros.
En contrepartie, la région va prendre en charge les déficits de ses cinq lignes TET (trains d'équilibre du territoire) : outre les lignes concernées par les nouvelles rames, il y a aussi Paris-Granville, Paris-Evreux-Serquigny et Caen-Le Mans-Tours, toutes actuellement déficitaires. Cette prise de risque financière est qualifiée de "coup de bluff" par l'opposition socialiste. La région Grand Est, qui s'apprête également à prendre en charge ses TET, a su négocier des compensations avec l'Etat et les régions limitrophes, affirment les socialistes, invitant Hervé Morin à faire de même. Selon eux, le "contribuable normand paiera 4,17 fois plus pour ses trains qu'un habitant du Grand Est".
Trop proche de Paris pour disposer d'une ligne TGV, la Normandie a été longtemps longtemps un parent pauvre de la SNCF. Les conditions de transport très dégradées ont entraîné une perte de clientèle. Une ligne nouvelle Paris-Rouen-Le Havre avec une branche Evreux-Caen est envisagée mais pas avant 2030.
 

Lire aussi