Énergie - Efficacité énergétique : vers un service public unifié à l'échelle des Hauts-de-France


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Le 14 octobre a été dressé le bilan de la première régie régionale de l'efficacité énergétique. Créé il y a trois ans sous l'impulsion de l'ancienne région Picardie, cet outil dédié à la rénovation énergétique des logements privés individuels - et depuis peu à celle des logements locatifs communaux - affiche un bon bilan, avec plus de 450 chantiers en cours ou réceptionnés. Reste à l'harmoniser à l'échelle de la nouvelle région Hauts-de-France.

Où en est le service public de l'efficacité énergétique - couramment dénommé SPEE - depuis son lancement il y a trois ans en Picardie (voir notre article dans l'édition du 19 novembre 2013) ? Le bilan de ce dispositif, présenté le 14 octobre à Amiens, est plutôt élogieux. "Ses atouts sont incontestables. La barre des 500 chantiers en cours ou réceptionnés est en passe d'être atteinte", rapporte Philippe Rapeneau, vice-président en charge de la transition énergétique à la région Hauts-de-France. Ce service public pionnier, multi-bénéficiaires et clé en main, qui associe un accompagnement technique complet et une solution de financement ne déséquilibrant pas le budget des ménages, atteint donc une certaine maturité. "Mais pour massifier le nombre d'opérations de rénovation énergétique, il doit encore gagner en efficacité et en envergure", tempère cet élu bien au fait, puisqu'il préside cet opérateur public sans équivalent.

Un service à la carte

Guichet unique pour les propriétaires privés picards, occupants et bailleurs, et garant du financement des opérations de rénovation, le SPEE Picardie assume une position de tiers de confiance et propose une alternative à la solution classique de financement bancaire : "C'est le principe du tiers-financement. La régie avance aux propriétaires la somme nécessaire pour financer leurs travaux de rénovation thermique, avec un remboursement calé sur les économies réalisables sur les factures d'énergie après travaux. Cela fonctionne bien. Mais des obstacles persistent et le dispositif pourrait être allégé. Nous comptons faire remonter l'enjeu au niveau national et interpeller à ce sujet la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse", poursuit Philippe Rapeneau. Pour financer les 2.000 premières opérations pilotes, un budget de 60 millions d'euros était prévu. Il repose notamment sur les huit millions d'euros injectés à l'origine par l'ex-région Picardie et surtout sur des financements nationaux et européens (dont 23,5 millions d'euros via un prêt à la BEI). "Cet objectif de 2.000 chantiers est possible à atteindre d'ici 2018. Car 2.000 diagnostics énergétiques ont déjà été réalisés. Si les choses prennent du temps, c'est qu'il s'agit d'un service à la carte et qui s'adapte aux demandes. Les retours du terrain sont en tout cas très bons. Les artisans et entreprises locales de BTP s'en sont emparés. Et les collectivités, avec qui nous avons signé des conventions de partenariat pour qu'elles expérimentent le SPEE, s'engagent à faire connaître le dispositif à leurs entreprises et habitants."

Une démarche bien diffusée

Environ 80% de la population picarde est ainsi couverte. "Près d'une soixantaine de communautés des communes et communautés d'agglomération ont rallié la démarche", motive l'élu régional. Exemple de collectivité partenaire : la communauté d'agglo du Soissonnais, qui aide financièrement ses habitants propriétaires à adhérer au dispositif dont le coût pour être enclenché est de 1.860 euros. De même pour la métropole et la ville d'Amiens, dont l'aide cumulée atteint 600 euros par habitant. Pour renforcer la proximité avec les propriétaires et copropriétaires privés, mais aussi les communes pour leurs logements locatifs, la régie du SPEE a affiné son maillage en s'appuyant sur une myriade d'opérateurs. Parmi eux - et le SPEE innove en la matière - on trouve les postiers, sur qui il s'appuie et dont la neutralité sur le plan commercial est appréciée lors du porte-à-porte chez les habitants. "Les facteurs sont de fins connaisseurs du territoire. Ils suscitent une confiance qui ouvre des portes", commente l'élu.

Régionaliser mais comment ?

Ombre au tableau : son nécessaire rapprochement avec un outil avec lequel il fait pour l'instant doublon, la SEM de tiers-financement de l'ex-voisine et région Nord Pas-de-Calais, créée en janvier 2016. Ces deux structures proches dans leurs missions diffèrent donc par leur forme - une société d'économie mixte dans un cas, une régie dans l'autre. "Ce qui pose des difficultés juridiques. Or il y a un besoin d'harmonisation. Mais faut-il fusionner ces deux structures, proches dans leurs missions, au sein d'une seule et même entité ? Ou bien les conserver et leur fixer des orientations différentes. Le débat reste ouvert. On y verra plus clair d'ici la fin de l'année", conclut Philippe Rapeneau.


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