Personnes âgées - Les associations s'inquiètent des retards dans la mise en oeuvre du plan maladies neurodégénératives

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Six associations ont écrit au président de la République pour lui faire part de leurs inquiétudes sur le retard pris dans la mise en œuvre du plan Maladies neurodégénératives 2014-2019 (appelé plan Alzheimer dans sa version précédente 2008-2012). Les six signataires sont France Alzheimer, la fondation Médéric Alzheimer, France Parkinson, le Collectif Parkinson, La Ligue française contre la sclérose en plaques et l'Unisep (Union nationale pour lutter contre la sclérose en plaques).

Un déficit de portage politique...

L'élaboration du second plan Alzheimer - devenu entre-temps le plan Maladies neurodégénératives, au périmètre plus large - a été particulièrement laborieuse et a connu plusieurs reports successifs (voir nos articles ci-contre). Lors de sa présentation, le 18 novembre 2014, le plan avait finalement suscité des réactions mitigées des associations (voir nos articles ci-contre des 18 et 19 novembre 2014). Celles-ci s'étonnaient notamment de l'absence d'affichage clair d'une enveloppe budgétaire pour financer les mesures prévues.
Un an après cette présentation, les signataires estiment que ce plan 2014-2019 "ne sera opérationnel de facto qu'à compter de 2016. Et ce pour une moindre partie de son contenu !".
Au-delà de ces retards dans le calendrier, les associations attirent surtout l'attention du chef de l'Etat "sur trois éléments majeurs qui constituent pour elles des conditions nécessaires à la réalisation effective de ce plan". Le premier est le "déficit de portage politique". Les signataires estiment en effet que "ni la ministre chargée des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, ni le Premier ministre, ne semblent avoir fait du plan Maladies neurodégénératives l'une des priorités de ce quinquennat". S'ils ne citent pas l'actuel chef de l'Etat, il est clair qu'ils s'inquiètent du contraste avec le plan Alzheimer 2008-2012, dont Nicolas Sarkozy s'était emparé dès son élection pour en faire l'un des marqueurs sociaux de son quinquennat.

... et un manque de priorités

La seconde source de "désappointement" concerne la méthode de mise en œuvre. Sur ce point, et après avoir rappelé que le plan prévoit pas moins de 96 mesures, les associations se disent "sceptiques quant à la possibilité d'exécuter ce plan dans son intégralité dans les trois années à venir...". Dans ces conditions, elles se disent ouvertes à une approche qui consisterait à "structurer davantage la démarche, notamment en identifiant (en concertation avec l'ensemble des parties prenantes) des priorités d'actions qui pourraient faire l'objet d'un consensus". Conséquence : les signataires sont "prêts à répondre aux sollicitations des cabinets et administrations qui entameraient une démarche d'identification des priorités", en basant cette dernière sur une évaluation précise de l'impact attendu des différentes mesures.
Sans surprise, la troisième inquiétude concerne le financement du plan, qui "pose également question". Si le volet financier du plan a finalement été précisé après être resté longtemps dans le flou, les signataires jugent "évident que l'enveloppe de 470 millions d'euros ne pourra suffire à répondre aux besoins de l'ensemble des personnes concernées par une maladie neurodégénérative". Ils se disent conscients que les impératifs pesant sur les finances publiques ne permettent pas "de demander dans l'immédiat l'attribution de recettes supplémentaires". Néanmoins, les associations "souhaitent que la répartition des crédits soit rationalisée et que, dans cette logique d'identification des priorités, les moyens soient principalement affectés aux mesures jugées primordiales au terme de la concertation souhaitée". 


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