Plan de rénovation énergétique des bâtiments : l'association négaWatt pointe un manque d'ambition

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© J.M. Pettina / Caisse des Dépôts |

Alors que la consultation sur le plan de rénovation énergétique des bâtiments touche à sa fin, l'association négaWatt, qui regroupe des énergéticiens et chercheurs, invite le gouvernement à ne pas céder aux sirènes du conservatisme en "faisant croire que tout peut changer sans que rien ne change". Le 25 janvier, elle a fait part de ses réflexions pour "ne pas tuer le formidable gisement d'économies d'énergie que représente l'ensemble du parc bâti" et pour le valoriser "à la hauteur de ses possibilités".

Pourquoi s'intéresser aujourd'hui à la rénovation énergétique des bâtiments ? "Car ce sujet, à l'interface du plan Climat et de la stratégie Logement du gouvernement, est un dossier majeur, parfois moins en vue que d'autres mais à l'agenda national des prochains mois : il ne faut donc pas le rater et ne pas reproduire les erreurs du passé", ont expliqué le 25 janvier les porte-parole de négaWatt.
Connue pour son scénario sur la transition énergétique qui explore "la possibilité technique d'une France utilisant 100% d'énergies renouvelables en 2050", cette association regroupant des énergéticiens et chercheurs a été cofondée par Olivier Sidler, un expert de niveau mondial en performance énergétique dont la voix n'est pas étrangère aux décideurs publics et élus locaux. Ce spécialiste des bâtiments à très basse consommation est en effet à l'initiative du dispositif de rénovation énergétique de maisons individuelles Dorémi, mis au service des collectivités, soutenu dès ses débuts par la région Auvergne-Rhône-Alpes et qui se déploie au niveau national après avoir fait ses preuves dans la Drôme, non sans lien avec d'autres démarches de type territoires à énergie positive (Tepos, TEPCV) ou plateformes territoriales de rénovation énergétique (PTRE).

Ne plus gaspiller l'argent public

Pour Olivier Sidler, s'il faut se réjouir de ce plan de rénovation dévoilé en novembre dernier par les ministres Nicolas Hulot et Jacques Mézard, et dont la consultation s'achève, tout n'est pas si rose car "les objectifs qu'il se fixe sont les bons mais il pêche dans les actions proposées".
Pour permettre la massification des rénovations qui fait depuis des années défaut, les mesures qu'il contient doivent être renforcées", assène-t-il en fixant tour à tour les points à améliorer. Ce plan doit être suivi d'un train de mesures opérationnelles pour lesquelles, poursuit-on chez négaWatt, "il est essentiel de ne pas reproduire les erreurs du passé qui ont conduit à un certain gaspillage de l'argent public mis dans des opérations ne permettant pas de garantir que le formidable gisement d'économies d'énergie - que représente l'ensemble du parc bâti - pourra être valorisé à la hauteur de ses possibilités". L'association invite le gouvernement à ne pas se "soumettre aux conservatismes qui s'emploient comme toujours à faire croire que tout peut changer sans que rien ne change".
Pour l'aider dans "sa lourde tâche" et à prendre des décisions qui s'imposent mais ne sont pas simples et "exigent clairvoyance et courage politique", elle préconise de s'appuyer sur les retours d'expériences menées sur le terrain, notamment grâce au soutien de collectivités, et sur des dispositifs existants et opérationnels, qui sont "à portée de décisions politiques à court terme".

Faut-il obliger à rénover ?

"Le rythme et le niveau de rénovation fixés dans le plan gouvernemental sont insuffisants et encore plus problématique s'il s'agit de rénovations partielles. Rénover par étapes n'a aucun sens, cela incite à aller vers ce qui est le plus rentable mais coûte au final plus cher et conduit fréquemment à ne pas terminer les travaux, avec des résultats qui ne sont jamais bons. Autrement dit, c'est une façon de tuer le gisement d'économie", alerte Olivier Sidler.
Pour que la nécessaire dynamique de massification fonctionne, il faut impérativement selon lui créer un marché de la rénovation, ne pas croire qu'une politique purement incitative suffira et tendre vers "une forme ou une autre d'obligation de rénover", évidemment progressive et "en commençant par les bâtiments les plus énergivores". Car sans une demande massive, les professionnels ne verront à l'entendre "pas l'intérêt de se mobiliser et de se former, ils se contenteront d'offres médiocres sur le plan technique et encore plus sur le plan économique en l'absence de tout effort de maîtrise des coûts". Un précieux levier sur lequel s'appuyer : l'article 5 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). Cet article impose en effet que les logements de classe F et G soient rénovés d'ici 2025. Mais le décret d'application manque toujours à l'appel...
En termes de financement de la rénovation énergétique, l'expert conseille d'en finir avec le mille-feuille des aides actuelles - une quinzaine de mécanismes nationaux, plus de 2.000 aides des collectivités locales - "illisible pour les ménages et qui conduit à un saupoudrage peu efficace d'un volume très conséquent de fonds publics". Il préconise à la place une offre unique de financement (OUF) déjà testée par un territoire, la région Grand Est dans le cadre du dispositif Oktave. L'opération reposerait sur un prêt bonifié "obtenu grâce au dépôt d'un dossier unique auprès d'un guichet lui aussi unique, contre pas moins de huit formulaires aujourd'hui, avec des délais de traitement atteignant les quinze mois d'attente".

Une révolution bancaire

Autre proposition : pour que ce prêt soit accessible quel que soit l'âge, le statut et les revenus de l'investisseur, la solution déjà pratiquée outre-Manche consiste à l'attacher à la pierre et non plus à la personne : "Les banques disposent alors d'une garantie inaliénable, les remboursements sont effectués par les occupants successifs, et la durée du prêt peut être suffisamment longue pour que l'équilibre en trésorerie soit positif à tout moment", précise-t-on chez négaWatt, non sans reconnaître l'aspect révolutionnaire d'un tel changement. "En complément des performances sur l'enveloppe, une réduction significative de la consommation d'électricité est non seulement nécessaire mais aussi possible et même très souvent rentable. Dans la construction neuve, la pompe à chaleur performante est d'ores et déjà à même de prendre la place laissée libre par la disparition programmée des convecteurs électriques. Mais l'essentiel du gisement d'économie se trouve dans l'existant. À cet égard la rénovation thermique des logements de classes F et G dont beaucoup sont chauffés par convecteurs électriques est la mesure la plus rapidement applicable de façon massive : à elle seule, elle divisera au moins par quatre les consommations d'électricité associées au chauffage", conclut l'association.

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