Les pôles d'équilibre territoriaux et ruraux continuent à s'imposer


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Jacques Pélissard, président de l'Agence France Locale, et Raymond Vall, président de l'ANPP et sénateur du Gers
© @anpp | Jacques Pélissard, président de l'Agence France Locale, et Raymond Vall, président de l'ANPP et sénateur du Gers

Rassemblés une nouvelle fois en quelques semaines, élus, sénateurs et entrepreneurs étaient nombreux à la conférence nationale de l’Association nationale des pôles d'équilibre territoriaux et ruraux et des pays (ANPP) le 23 octobre 2017. Pour échanger et approfondir les discussions et réflexions sur l’évolution des pôles d'équilibre territoriaux et ruraux (PETR), mais surtout entendre les annonces de Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur.

En invitant, le 23 octobre 2017 dans l'enceinte du Sénat, l'Association nationale des pôles d'équilibre territoriaux et ruraux et des pays (ANPP) pour sa conférence nationale, Gérard Larcher a clairement réitéré son attachement au développement équilibré des territoires. “Face à l'anorexie progressive mais profonde des centres-bourgs et des petites villes, dialogue, respect, complémentarité et coopération entre territoires doivent être de plus en plus encouragés. C'est le sens des pôles d'équilibre territoriaux et ruraux (PETR),” a lancé le président du Sénat en introduction de cette journée.
On compte aujourd'hui pas moins de 365 "territoires de projets" fondés par la loi sur la démocratie participative, qui remettent donc les citoyens au coeur de la dynamique. "Et c'est bien là le but de leur création en 2014 : redonner vie à des territoires oubliés, aider à la transition numérique par exemple des villages où la population est plus âgée, assurer à l'ensemble des territoires un pouvoir d'action équitable, explique à Localtis Raymond Vall, président de l'ANPP et sénateur du Gers. Que le président du Sénat et la ministre aient été là est une reconnaissance et prouve que tout cela va dans le bon sens."

L'appui en demi-teinte du gouvernement

Parmi les bonnes nouvelles, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur a annoncé le prolongement des aides de l'Etat en ce qui concerne les contrats de réciprocité villes-campagnes mais aussi les contrats de ruralité. Ainsi le gouvernement a fait "le choix de la solidarité", a expliqué Jacqueline Gourault. La dotation de solidarité rurale (DSR) va augmenter de 90 millions d'euros et le fonds de péréquation des ressources intercommunales et communales est maintenu à 1 milliard d'euros. Sans oublier le soutien à l'investissement rural. Les communes vont donc bénéficier d'une augmentation de 5,5% de la dotation d'équipement des territoires ruraux (DETR) et de la dotation de soutien à l'investissement public local (DSIL), soit 1,8 milliard d'euros en tout.
"Le succès de deux contrats de réciprocité entre la métropole de Brest et le pays du Centre-Ouest Bretagne, et la métropole de Toulouse et le pays Portes de Gascogne sont la preuve que cela avance, insiste Raymond Vall. Il faut continuer et pour cela nous avons besoin de l'Etat." Un constat appuyé par Xavier Lefrançois, président du pôle d'équilibre territorial et rural du pays de Bray. "Nous en sommes à deux contrats de ruralité en Seine-Maritime et une multitude d'actions sont mises en place, explique le maire de Neufchâtel en Bray et conseiller régional de Normandie. Notamment, nous sommes opérateur des MAEC, mesures agro-environnementales climatiques pour maintenir les pâtures de notre pays."
Mais les bonnes nouvelles ont vite laissé la place à la consternation : l'enveloppe promise aux territoires à énergie positive pour la croissance verte lancés en 2014 par Ségolène Royal se voit diminuée de moitié par le gouvernement (cf notre article ci-dessous du 20 octobre 2017).

Le soutien des entreprises

Malgré tout, c'est avec satisfaction qu'élus et présidents de pôles territoriaux voient l'engouement que provoquent des avancées en matière de réhabilitation des zones laissées de côté depuis trop longtemps. Invitée à s'exprimer sur le sujet, la chaîne Casino insiste sur son engagement et ses actions pour multiplier les supermarchés de proximité, il y en a 6.000 aujourd'hui dans toute la France, et offrir des produits locaux et régionaux avec des initiatives comme la plateforme internet 1.000PRO, qui permet aux exploitants des magasins de proximité de référencer davantage de produits issus de la production locale. Mais c'est Philippe Gloaguen qui a mis du baume au coeur à l'assemblée : "La création des super régions en 2015 nous a ouvert les yeux sur le fait qu'elles n'avaient pas d'entité culturelle propre, explique le fondateur du Guide du routard. Le Grand Est, par exemple, regroupe l'Alsace, qui a changé cinq fois de nationalité en 120 ans, la Lorraine, qui était un duché indépendant du Royaume de France, les Ardennes, tournées vers la Belgique, et la Champagne, plutôt proche de Paris. Bref, aucun rapport culturel, historique, gastronomique. Donc on s'est intéressé aux micro territoires, de la taille des pôles territoriaux, en sortant une collection complètement dévouée à une région historique comme la Gascogne, par exemple, dans le Gers, des territoires qui rappellent le découpage des provinces françaises d'avant 1789." Une initiative applaudie par Xavier Lefrançois qui y voit une manière de dire "battez-vous, mettez en valeur votre terroir".

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