Environnement - Feuille de route sur le climat : les ONG déroulent leurs propositions


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Alors que le gouvernement devrait dévoiler début juillet sa feuille de route sur le climat, les associations membres du Réseau action climat (RAC) France ont présenté ce 20 juin une série de mesures à mettre en œuvre pour "passer du discours à la pratique". Après l'annonce du retrait américain de l'accord de Paris, "il y a eu une volonté exprimée par le président de la République de rehausser l'ambition de la France et d'être un leader sur la scène internationale, alors nous attendons des actes", a affirmé Morgane Créach, directrice du RAC.
Transition énergétique (réduction des énergies fossiles et nucléaire, développement des renouvelables), transports plus propres, logements moins énergivores, agriculture moins émettrice de gaz à effet de serre, fiscalité, soutien aux pays en développement et ambition européenne : les mesures mises en avant couvrent de larges pans de l'économie.

"Règle d'or climatique" pour les infrastructures

Parmi les propositions intéressant directement les collectivités, les ONG préconisent l’organisation d’assises du fret pour permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre de ce secteur. Elles réclament aussi une "règle d’or climatique" pour le choix des infrastructures, afin de cesser de soutenir celles qui encouragent le transport routier et aérien, et un soutien régulier de l’Etat aux collectivités pour leurs actions favorables au changement des pratiques de mobilité. "Ce soutien devra débuter par un appel à projets national pour les transports en commun en site propre et un fonds national pour les mobilités actives comme le vélo (200 millions d’euros par an)", ajoutent-elles.
Elles demandent également la mise en place d’un plan, contenant un calendrier précis et des financements dédiés, pour permettre la rénovation d’ici à 2025 des 8 millions de "passoires énergétiques" en France. Les associations appellent aussi le gouvernement à élaborer un premier projet de loi de finances "climato-compatible", prévoyant entre autres, et sur toute la durée du quinquennat, l’augmentation de la composante carbone et l’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Pour renforcer l’attractivité du recyclage, elles veulent aussi un rehaussement de la taxe générale sur les activités polluantes dans sa composante déchets.

Reconversions à prévoir dans le secteur de l'énergie

Côté énergie, elles attendent du gouvernement une "programmation claire" de la fermeture de réacteurs nucléaires afin de respecter les objectifs de la loi de transition énergétique dont celui de réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique français, ainsi que le développement des énergies renouvelables et des économies d’énergies. Autre revendication :
"l’interdiction définitive de l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en France et en outre-mer".
Pour "impulser et financer les reconversions professionnelles dans le cadre de la transition écologique", les ONG préconisent la mise en place d’une gestion prévisionnelle territoriale des emplois et des compétences (GPTEC) dans les territoires concernés par des fermetures de sites, qu’il s’agisse de centrales nucléaires ou au charbon, ainsi que l’instauration dans le code du travail de "contrats de transition écologique" permettant d’anticiper et d’assurer la transition des salariés touchés par les reconversions, à la fois dans les industries ou parmi les sous-traitants. 
Les associations ont transmis à l'exécutif un document d'une dizaine de pages avec leurs propositions. "Ce sont des mesures que la France devrait porter rapidement sur la scène internationale, européenne et nationale", a expliqué Morgane Créach, en prévenant que les ONG ne se satisferaient pas "des objectifs généraux déjà connus". 

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