Habitat - Cherche quartiers anciens dégradés à réhabiliter


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La ministre du Logement a lancé le premier appel à candidatures dans le cadre de son nouveau programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD). Une vingtaine de villes devraient pouvoir en profiter.

La ministre du Logement, Christine Boutin, a présenté ce mercredi 13 mai le programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) instauré par la loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement, programme qui devrait permettre, dans un premier temps, de lancer une série de réalisations dans une vingtaine de quartiers.
L'objectif du PNRQAD, destinée aux "quartiers anciens dégradés présentant des caractéristiques d'une concentration élevée d'habitat indigne avec une situation économique et sociale des habitants particulièrement difficile" ou "dans lesquels il est constaté une vacance élevée malgré un marché immobilier tendu" : résorber l'habitat indigne, remettre sur le marché des logements vacants, lutter contre la précarité énergétique. Et ceci "tout en maintenant la mixité sociale".
Soulignant comme elle le fait régulièrement qu'il y a, au sein des villes, un habitat aussi indigne que celui des tours qui font l'objet, dans les cités, d'opérations de rénovation urbaine, Christine Boutin a lancé un premier appel à candidatures à destination des collectivités pour définir une liste d'une vingtaine de quartiers éligibles. Celui-ci sera clos le 31 juillet.
La commission du PNRQAD, dont la création devrait être annoncée prochainement par décret, rendra le 15 octobre son avis au gouvernement sur les quartiers éligibles. La liste des quartiers retenus sera ensuite publiée, là encore par décret.
Comme le prévoit la loi, les projets devront certes être centrés sur l'habitat (revalorisation d'îlots par l'acquisition de foncier et sa revente, lutte contre l'habitat indigne, réhabilitation du parc privé existant, diversification de l'offre immobilière et production de logements locatifs...) mais devront aussi s'intéresser à toute la dynamique de ces tissus urbains : réorganisation ou création d'activités économiques ou commerciales et de services publics, aménagement des espaces et des équipements de proximité, accompagnement social des habitants...

 

L'Anah et l'Anru associées

Le dispositif s'adresse avant tout, un peu dans la même logique que les crédits Anru pour la rénovation urbaine en banlieue, aux quartiers pour lesquels "les dispositifs de droit commun ont montré leurs limites". Il n'est en revanche pas question, a estimé la ministre, de "démolir pour reconstruire ensuite comme dans les opérations Anru".
L'Agence nationale de l'habitat (Anah) et l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) seront "pour la première fois" étroitement associées, sous la houlette de la direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature (DGALN),  dans la mise en oeuvre de cette politique publique de rénovation des quartiers anciens, dont la première phase concerne la période 2009-2011. Cette première phase, conçue comme une "expérimentation" donnera lieu à une évaluation (rapport annuel au Parlement) en fonction de laquelle une deuxième phase sera engagée ou pas au-delà de 2011.
La ministre du Logement a décliné les "moyens mobilisables" pour cette première phase : 150 millions d'euros de contribution de l'Anru, 150 millions de l'Anah ainsi que 80 millions d'aides à la pierre, prises sur le budget du Logement. En tenant compte de "la totalité des investissements publics et privés induits", Christine Boutin prévoit que "près de 1,5 milliard d'euros" de travaux seront ainsi financés pour la rénovation de ces quartiers anciens dégradés. Le programme pourra notamment bénéficier des contributions du 1% logement ainsi que de l'investissement locatif "Malraux". Enfin, comme le prévoit l'article 26 de la loi de mobilisation pour le logement, chaque collectivité concernée pourra créer puis gérer un "fonds local de requalification des quartiers anciens dégradés" qui regroupera l'ensemble des financements prévus pour la mise en oeuvre du projet de requalification.

 

C.M. avec AFP


 

Rénovation urbaine et plan de relance : premier bilan

La veille, le 12 mai, s'est tenu le premier "comité national de suivi du plan de relance pour la rénovation urbaine", donnant lieu à un  premier bilan de l'effet plan de relance sur l'action de l'Anru. On saura ainsi que "750 millions d'euros de demandes ont été enregistrés, pour un budget spécifique plan de relance rénovation urbaine de 350 millions d'euros". Sur ces 350 millions d'euros, 72% des crédits ont été affectés sur des quartiers prioritaires et un peu plus de la moitié ont été concentrés sur des opérations franciliennes. Les opérations débloquées ou dopées par ces crédits supplémentaires concernent essentiellement des réhabilitations, des résidentialisations et des constructions de logements sociaux. Quelque 160 opérations d'aménagement sont également répertoriées. "Grâce au financement supplémentaire apporté par le plan de relance, l'Anru pourra à la fois anticiper en 2009 des travaux programmés pour les années suivantes et relancer des projets qui étaient bloqués ou avaient été revus à la baisse pour des motifs financiers plutôt que techniques", assure le gouvernement, rappelant que le programme national de rénovation urbaine (PNRU) engagé en 2003 bénéficie d'un financement total de 12 milliards d'euros sur huit ans.


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