Culture - Crowdfunding et patrimoine : le système plaît, mais rapporte peu

Publié le 28/05/2014

A l'occasion des premières rencontres "Patrimoine, numérique et mécénat", organisées le 23 mai 2014, le Club Innovation & Culture (Clic France) a présenté une étude originale sur le crowdfunding (financement participatif par le biais des nouveaux médias) dans le domaine du patrimoine. Créé en 2008, Clic France est une association soutenue par le ministère de la Culture et qui réunit les musées, lieux de patrimoine et lieux de culture scientifique français sensibilisés aux enjeux des nouvelles technologies numériques et de leurs usages.

88 euros par don et 14.400 euros par projet

L'étude du Clic France s'appuie sur l'analyse de 29 opérations de crowdfunding dans le secteur du patrimoine, réalisées depuis janvier 2013 sur des sites spécialisés comme MyMajorCompany, Ulule et KissKissBank. Ceci permet de dégager plusieurs tendances sur cette forme de mécénat appelée à se développer dans les prochaines années. Il apparaît ainsi que les campagnes analysées ont rapporté davantage que ce qu'en attendaient leurs organisateurs, ce qui traduit un intérêt manifeste pour cette forme de mécénat. Au total - et depuis janvier 2013 - les 29 opérations analysées par Clic France ont rapporté 418.406 euros, alors que leurs organisateurs en attendaient 257.000 euros, soit un taux de collecte de 162% (et non pas 257% comme indiqué dans l'étude). Le montant moyen des dons est de 88 euros et chaque projet a récolté en moyenne plus de 14.400 euros, avec toutefois des écarts importants selon les opérations.

Les monuments les plus financés ne sont pas toujours les plus célèbres

L'étude observe d'ailleurs que "les opérations ayant générées les collectes les plus grandes ne sont pas nécessairement celles impliquant les monuments les plus célèbres". Si la collecte la plus importante concerne la restauration du dôme du Panthéon à Paris, géré par le Centre des monuments nationaux (CMN) - avec une collecte de 68.565 euros apportés par 1.183 donateurs -, la seconde concerne la restauration de l'hôtel des Monnaies, par la Fondation VMF (Vieilles Maisons Françaises) avec 38.198 euros versés par 143 donateurs.
Viennent ensuite la restauration d'un chapiteau pour l'exposition "Angkor, la naissance d'un mythe", au Musée Guimet (28.885 euros et 293 donateurs) et la rénovation des Fouga Magister - les anciens avions de la Patrouille de France - du musée de l'Air et de l'Espace au Bourget (25.816 euros).
En termes de plateformes, MyMajorCompany a collecté 316.581 euros (75,6% du total), Ulule 82.249 euros (19,6%) et KissKissBank 20.076 euros (4,8%).

Des ambitions encore modestes

Cette étude, sur un sujet jusqu'alors peu exploré, montre que le crowdfunding dans le domaine du patrimoine rencontre un succès certain, malgré l'absence de retour financier pour les donateurs (contrairement au financement d'artistes ou de films, par exemple) et s'apparente ainsi vraiment à l'esprit du mécénat.
Mais il reste que les sommes collectées restent encore relativement modestes. Dans le cas de la restauration du dôme du Panthéon, les 68.565 euros récoltés sont à rapprocher d'un coût total de l'opération de 19 millions d'euros. De même, les 418.406 euros de crowdfunding recueillis par les 29 opérations analysées pèsent encore très peu à côté des 319 millions d'euros du mécénat culturel traditionnel (chiffres de l'Admical), qui incluent - il est vrai - le financement des entreprises.


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