Sports / Economie - Avec l'Observatoire de l'économie du sport, le ministère des Sports muscle son jeu


Envoyer à un contact

Vos coordonnées

Coordonnées de votre/vos contact(s)

*Champs obligatoires.

Avec une dépense nationale d'environ 40 milliards d'euros, et un marché en croissance de 7% en 2015, selon une étude du cabinet NPD Group publiée le 20 juin, le sport est devenu un secteur économique à part entière. C'est dans ce contexte que Patrick Kanner, ministre des Sports, vient de lancer officiellement l'Observatoire de l'économie du sport (OES).
L'OES s'est fixé trois objectifs : réunir les meilleurs outils d'analyse pour évaluer précisément l'impact du sport pour l'économie française ; créer des relations plus étroites entre les acteurs publics et privés promoteurs d'études sur le sujet ; et enfin mettre en commun leurs données et informations économiques.
Outre la poursuite de ces objectifs, l'OES vise également à respecter diverses préconisations en la matière, comme celle des députés Guenhaël Huet et Régis Juanico (lire ci-contre notre article du 15 juillet 2013) ou celle du contrat de la filière sport, lancée en mars dernier (lire ci-contre notre article du 24 mars 2016). Par ailleurs, cette création va combler un manque dans l'organisation du ministère des Sports. "Ce ministère est l'un des plus petits et il n'avait pas de département de la recherche, explique Dimitri Grygowski, conseiller spécial en charge du sport auprès du ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. En termes de structuration d'une analyse indépendante, il est par exemple un peu en retard sur le ministère de la Culture, lequel dispose d'une sous-direction de l'économie culturelle et d'un département dédié à la recherche sur les politiques culturelles publiques."

Les collectivités locales représentées

Pour assurer le fonctionnement de l'OES, priorité est donnée à la mutualisation des moyens. "La création de cet observatoire se fait sans coût, précise Dimitri Grygowski. On mutualise des moyens existants et la direction des Sports en assure le secrétariat permanent." Par ailleurs, ses travaux seront placés sous une double tutelle, celle d'un comité de pilotage et celle d'un comité scientifique.
Le conseil scientifique est composé de neuf experts et universitaires. Il a pour mission la supervision, l'évaluation et la validation des projets d'étude. Il est présidé par l'économiste Wladimir Andreff, professeur émérite en sciences économiques à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne et pionnier de l'étude de l'économie du sport en France. Il fut notamment président d'un éphémère Observatoire national de l'économie du sport, créé en 1988.
Quant au comité de pilotage, il comprend seize membres, parmi lesquels, un représentant de l'Andes (Association nationale des élus en charge du sport). "Il est intéressant que les acteurs locaux soient représentés, commente Dimitri Grygowski. Car si l'Etat est en train de structurer ce domaine, on connaît de manière très imparfaite les politiques sportives locales. Nous avons choisi l'Andes, mais on pourrait avoir une représentation élargie à l'ARF. L'observatoire est ouvert à tous les acteurs qui ont envie de contribuer."

Sport et santé, sujet prioritaire pour 2016

Le lancement de l'OES a été l'occasion d'annoncer que, pour l'année 2016, ses priorités se concentreront, d'une part, sur l'identification des opportunités d'affaires sur quelques marchés prioritaires du sport à l'export, d'autre part, sur l'étude des interactions entre le sport, la santé et les finances publiques.
Sur le premier sujet, Dimitri Grygowski note : "On a lancé une filière sur l'économie du sport et il était important qu'on puisse mieux documenter la chaîne de valeurs de l'événementiel sportif. On ne souhaite pas rester dans la déclamation de quelques données chiffrées, on souhaite avoir davantage de précisions pour savoir où se crée la valeur, quels sont les marchés à enjeu."
Quant au second sujet, il apparaît "prioritaire" dans un contexte où cohabitent, d'un côté, des messages clairs, comme les recommandations de pratiquer du sport de la part de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de l'autre des corrélations encore imprécises entre pratique sportive et santé. "Nous avons aujourd'hui des indications sur les externalités du sport, qu'elles soient négatives ou positives, mais nous n'avons pas encore de document panoramique qui présenterait tous les paramètres : finances publiques, dépenses de santé, prévention, absentéisme professionnel, dépenses évitées en termes de pertes d'autonomie, etc. Tous ces sujets n'ont pas été suffisamment investigués", conclut Dimitri Grygowski.
 


Pour aller plus loin

Lire aussi