Refondation de l'école - La rentrée où toutes les écoles se mettent aux nouveaux rythmes


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Six jours après sa nomination à l'Education nationale, la toute nouvelle ministre Najat Vallaud-Belkacem a donné sa première conférence de presse, un exercice imposé par le calendrier de la rentrée scolaire qui débute demain pour quelque 12,3 millions d'élèves et 24.000 communes ayant une ou plusieurs écoles. Les rythmes scolaires étaient naturellement au coeur des questions des journalistes. La ministre y a répondu avec fermeté à l'encontre des élus réfractaires à l'application des nouveaux temps scolaires, et en ouvrant au "dialogue" pour ceux qui rencontreraient des difficultés dans l'organisation des activités périscolaires.

Mardi 2 septembre, c'est la rentrée scolaire pour 12.296.400 d'élèves, dans les écoles (6,8 millions), collèges (3,3 millions) et lycées (2,16 millions) publics et privés. L'institution est beaucoup moins précise sur le nombre de communes frondeuses à l'application de la réforme des temps scolaires. Elles seraient "une vingtaine", a fini par lâcher Florence Robine, directrice générale de l'enseignement scolaire (Dgesco), lors de la conférence de presse de rentrée, lundi 1er septembre. Quant aux communes qui n'organiseront pas - ou pas tout de suite - d'activités périscolaires... impossible d'en mesurer l'ampleur.
Aux premières, Najat Vallaud-Belkacem promet la fermeté ; aux secondes "le dialogue et l'écoute pour trouver une solution locale". Et chaque fois avec la même ligne directrice tracée par le père de la réforme des rythmes scolaires et de la refondation de l'école, Vincent Peillon : l'intérêt de l'enfant. Dès lors, refuser d'appliquer la réforme des rythmes scolaires, "ce serait pénaliser votre enfant", a jugé la toute nouvelle ministre de l'Education nationale à l'attention des parents. Et cela vaut aussi pour les élus locaux appelés une fois encore à "prendre leurs responsabilités", même si, comme l'a rappelé la ministre, "le périscolaire est facultatif".

La loi, c'est la loi

"Les maires ont l'obligation d'ouvrir les locaux scolaires", a redit la ministre, "ne pas le faire est une infraction" et "les préfets se substitueront aux maires".
Najat Vallaud-Belkacem a reçu sur ce point l'aval du Premier ministre. Le 28 août, dans le cadre de l'université d'été des socialistes à La Rochelle, Manuel Valls avait assuré "la loi doit s'appliquer, elle s'appliquera. Il n'y a qu'une seule loi dans la République", devant la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) réunie à huis clos. "La réforme des rythmes, c'est un chemin nécessaire pour donner la meilleure chance à chacun de réussir. Alors, soyons fiers de cette réforme. Expliquons-la ; expliquez-la!", aurait-il lancé.
Et pour cela, certains sont prêts à faire des sacrifices. C'est le cas de Jean-Yves Penet, maire (sans étiquette) de Bilieu, petite commune de 1.320 habitants bordant le lac de Paladru (Isère) et de son équipe municipale. Ils ont réduit leurs indemnités de 40% et se sont passés d'un adjoint afin d'économiser 25.000 euros qui serviront à financer les activités périscolaires qui sont estimées à 30.000 euros, de telle sorte qu'elles seront gratuites pour les familles.
Dans un tout autre style, la ville de Nice a elle aussi fait un sacrifice. La démarche est autant cocasse que symbolique. Le député-maire (UMP) Christian Estrosi a annoncé la mise en vente d'une villa jusque-là propriété de la ville, estimée à 2,7 millions d'euros par France Domaines, pour financer le surcoût induit par la réforme qui est estimé à 3,9 millions d'euros pour l'année scolaire 2014-2015 et 5,4 millions d'euros pour 2015-2016. La vente de la villa Beluga n'y suffira donc pas et les familles devront elles aussi faire un effort, à hauteur de 15 euros par mois. La rectrice devra également payer de sa personne puisque la villa en question lui était jusqu'à présent loué (5.169 euros).

Les trente autres questions de la rentrée

A noter que si les rythmes scolaires ont monopolisé la moitié des questions des journalistes, ils sont totalement absents du dossier de presse. On y retrouvait en revanche un peu moins de trente fiches : la préfiguration de la nouvelle politique de l'éducation prioritaire, le numérique, le parcours d'éducation artistique et culturelle, la relation avec le monde professionnel, le développement de l'apprentissage et de la politique d'orientation, le décrochage et l'absentéisme scolaire... autant de points très détaillés dans la circulaire de préparation de la rentrée scolaire 2014 que Benoît Hamon avait adressé aux recteurs le 20 mai dernier (voir notre article du 22 mai "Rentrée des classes 2014 : collectivités, préparez vos cartables !").

Valérie Liquet avec AFP

Le calendrier scolaire 2014-2015

. Rentrée des professeurs : lundi 1er septembre.
. Rentrée des élèves : mardi 2 septembre.
. Toussaint : du samedi 18 octobre au lundi 3 novembre.
. Noël : du samedi 20 décembre au lundi 5 janvier.
. Hiver : zone A: du samedi 7 février au lundi 23 février, zone B : du 21 février au 9 mars, zone C : du 14 février au 2 mars
. Printemps : zone A : du samedi 11 avril au lundi 27 avril, zone B : du 25 avril au 11 mai, zone C : du 18 avril au 4 mai.
. La fin de l'année scolaire est fixée au samedi 4 juillet après la classe.
La zone A comprend les académies de Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Nantes, Rennes et Toulouse.
La zone B : Aix-Marseille, Amiens, Besançon, Dijon, Lille, Limoges, Nice, Orléans-Tours, Poitiers, Reims, Rouen et Strasbourg.
La zone C : Paris, Créteil, Versailles, Bordeaux.

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