Energie - Energies renouvelables électriques : une "dynamique croissante" des régions


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Observ'ER, Observatoire européen des énergies renouvelables, vient de publier l'édition 2013 de son baromètre des filières renouvelables électriques en France. "L'ambition de ce travail est de réunir en un seul outil un ensemble d'indicateurs énergétiques, socio-économiques et industriels qui, regroupés et analysés, présentent une photographie hexagonale détaillée de tous les secteurs", explique l'observatoire dans l'avant-propos de cette quatrième édition. On y retrouve les énergies renouvelables électriques les plus développées comme l'éolien, le photovoltaïque, l'hydraulique, la biomasse solide, le biogaz et l'incinération de déchets, mais également les secteurs en devenir comme la géothermie, les énergies marines et le solaire thermodynamique. Ce baromètre 2013 offre aussi un détail régional de l'état des filières suivies et surtout une synthèse complète des objectifs énergies renouvelables pour 2020 des schémas régionaux climat, air, énergie (SRCAE) et des schémas régionaux éolien (SRE) des 26 régions françaises.
"L'année 2013 n'aura pas été un bon cru pour les énergies renouvelables électriques françaises", souligne Observ'ER en conclusion de son volumineux rapport. L'éolien et le photovoltaïque ont ainsi enregistré un nouveau recul des taux de progression de leurs capacités installées - "en valeur absolue, ils sont les plus bas observés depuis 2009", note-t-il. "La progression de l'hydroélectricité est quasiment stoppée dans l'attente du dénouement du dossier du renouvellement des concessions, poursuit-il. Les filières biomasse évoluent lentement dans un contexte borné par des tarifs d'achat jugés trop peu incitatifs et des appels à projets à périodicité très irrégulière". Quant aux filières émergentes comme les énergies marines, le solaire thermodynamique ou l'électricité géothermique, "elles n'ont pas encore quitté le stade des démonstrateurs", estime Observ'ER. Un panorama peu engageant assorti d'un volet économique encore plus sombre. "L'année 2013 restera associée à la longue liste des entreprises en difficulté ou ayant cessé leur activité, souligne-t-il encore. Prises à la gorge, elles n'ont pas eu le temps de se tourner vers l'international ni de se diversifier, détruisant ainsi de très nombreux emplois". Pour Observ'ER, le ralentissement des investissements est dû à la crise économique mais aussi aux "atermoiements des gouvernements qui ne parviennent pas à fixer des règles stables capables d'offrir un minimum de visibilité aux investisseurs".

Ambitions des régions

Malgré tout, l'observatoire relève quelques notes positives. A l'international d'abord, de nombreuses prévisions de croissance sont annoncées - l'Agence internationale de l'énergie estime que la part des énergies renouvelables pourrait atteindre 25% du mix électrique mondial en 2018 - et à l'échelle nationale, les premières actions destinées à fluidifier et simplifier la vie des projets commencent à faire sentir leurs effets. Observ'er juge ainsi que dans l'éolien, la loi Brottes de début 2013 a "quelque peu desserré le corset qui étouffait le secteur ces dernières années". Surtout, il constate la "dynamique croissante des régions" qui "n'hésitent plus à afficher leurs ambitions" en matière d'énergies renouvelables. "C'est à leur crédit que l'on doit porter les opérations les plus innovantes, comme en Aquitaine et en Poitou-Charentes, qui viennent de lancer des opérations fort intéressantes sur l'autoconsommation photovoltaïque", illustre-t-il. Si les moyens des territoires sont encore limités et si leurs actions reposent souvent sur de l'animation de réseau, les choses pourraient changer rapidement, pronostique-t-il. Ainsi, "pour de nombreuses instances territoriales, collectivités, associations ou entreprises, le vrai sujet de la transition énergétique annoncée est plus celui de la gouvernance et du financement que celui de l'atteinte des objectifs européens. A observer leur volonté, il n'est pas vain de prédire que la transition énergétique se fera à l'échelle des territoires ou ne se fera pas."

Anne Lenormand


Rhône-Alpes, première région productrice d'électricité d'origine renouvelable
Forte du premier parc hydroélectrique de France, Rhône-Alpes se place nettement en tête du panorama régional des filières renouvelables électriques. Avec un total de 28.802 GWh en 2012, elle représente à elle seule pratiquement un tiers de la production électrique française renouvelable. Viennent ensuite Provence-Alpes-Côte d'Azur (10.361 GWh), Midi-Pyrénées (10.008 GWh) et l'Alsace (8.544 GWh). Rhône-Alpes et PACA comptent aussi parmi les territoires pour lesquels les filières renouvelables participent significativement au bilan électrique, alors que toutes les autres ont des seuils de 10%, voire moins (2% pour l’Île-de-France). Si l’on met de côté la filière hydroélectrique, le classement est conditionné par le développement de la filière éolienne. Les trois régions de tête deviennent alors la Champagne-Ardenne, la Picardie et la région Centre.
 

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